La place se trouve à l’endroit où se rencontrent les rues Nahmani, Montefiore, Lord Melchet et Bezalel Yafe, un petit bijou du centre de Tel Aviv non loin de la rue Sheinkin.
Ce matin, une plaque commémorative a été dévoilée par le Maire de Tel Aviv, Ron Huldaï et l’Ambassadeur de Belgique en Israël, Madame Bénédicte Frankinet. Après le fameux Tapis de fleurs sur la place Rabin pour célébrer les 100 ans de tel Aviv, très agréable de voir une coopération belgo-telavivienne! Presque une danse!
Bénedicte Frankinet et Ron Huldaï
Sur la plaque est inscrit en hébreu et en anglais, le texte suivant:
Albert 1er, couronné Roi des Belges en 1909, a été surnommé le Roi-Chevalier pour la bravoure dont il a fait preuve lors de la Première Guerre mondiale. En 1933, il s’est rendu à Tel Aviv où il a été accueilli par le maire Meir Dizengoff, à l’époque aussi Consul honoraire de Belgique. Après la mort prématurée du Roi dans un accident d’alpinisme, la ville de Tel Aviv avait dédié cette place à sa mémoire. Sa veuve, la reine Elisabeth a reçu le titre de Juste parmi les Nations pour son rôle dans le sauvetage de nombreux Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Patronne des Arts, elle est décédée en 1965.
Tout près de la Place Albert, au n°25 de la rue Nahmani, un beau bâtiment de Tel Aviv est en rénovation et va devenir l’Hôtel Roi Albert.
Dans le cadre de ma rubrique Poème en partage, voici un poème de la poétesse israélienne Haya Ester. Elle a publié un recueil de poèmes traduits en français Dans le secret des odeurs aux éditions Caractères en 2002 et des nouvelles Le Bain rituel où elle dépeint son expérience de femmes dans le milieu ultra-orthodoxe de son enfance à Jérusalem chez le même éditeur en 2007.
Professeur de Bible, peintre et poète, Haya Ester a une énergie débordante. Généreuse dans les mots et les couleurs,
elle joue en virtuose avec les techniques de la gravure, eau-forte, aquatinte, gravure au sucre, pointe sèche…
Le jour du vent noir j’ai vu Satan
gueule ouverte rêve rouge
déverser ma crinière
embrasser mes pommes
libérer un sac d’âmes
Sambatyon le fleuve
se prosterne devant le sang le noir la tanière les passions de Samaël élixir de vie
flambeau cavernes de désir
fleur d’apocalypse auréole noire
il galope au chant des oiseaux
je suis au pays des plantes ensorcelées des troncs dorés tropicaux
mes veines bleues transparentes dans les fouilles
je sors tout droit du four
subitement une tulipe noire se pare de pourpre manteau satanique
vive le feu rouge terrifiant il brûle sa gueule rêve rouge mon corps était sans peau
c’est la voie du sang qui vogue illuminé vers sa victoire
louez la couleur rouge le sang le feu ensorcelé les lionnes de feu galopantes le bouillonnement rouge pourpre
de mes yeux coule la joie fournaise de beauté il agite un manteau de vérité.
Les perles de mes veines se répandent parmi les tulipes nuit noire
je me suis envolée dans la Merkaba mugissante
et le feu coule sous ma peau
et lui c’est moi
son envol écrase et sa force est douceur pleine de sève
et il m’enveloppe dans les profondeurs d’une vie.
Poème traduit de l’hébreu au français par Esther Orner, publié dans la revue Poésie et Art numéro 10
Haya Ester expose jusqu’au 26 février à la Galerie David Gerstein à Tel Aviv, 99 rue Ben Yehuda (entrée sur le côté)
Une soirée poétique en hébreu aura lieu le mercredi 17 février à 19 heures.
On avait promis de la neige à Jérusalem. Il n’y en a eu seulement dans le Nord d’Israël. Ce sera peut-être pour cette nuit. Mais ce matin, la radio annonçait des vagues exceptionnelles.
Je suis allée voir ce qu’il en était au Port de Tel Aviv, au נמל avec son deck en bois si près de la Méditerranée. Cela a été une promenade tonifiante.
Voilà les photos et la vidéo.(Le bruit de fond, c’est le bruit du vent)
Et cet après-midi, alors que j’écrivais ce billet qui devait s’appeler le Port de Tel Aviv prend l’eau, un double arc-en-ciel incroyable a orné le ciel de Tel Aviv.
La rubrique Le Billet de l’Invité devrait s’appeler cette fois-ci Les Photos de l’Invité. C’est une série de photos prise sur le Boulevard Rotschild, שדרות רוטשילד par Jean-Patrick Grumberg, un blogueur de Tel Aviv. C’est vivant, et c’est vraiment le Boulevard Rothschild comme si vous y étiez! Cette artère est essentielle à la vie de Tel Aviv, architecture Bauhaus, restos, beaux arbres, l’Institut français, la galerie Sommer, le Rotschild 12, des kiosques et notamment celui de l’Expresso Bar, la statue de Meir Dizengoff à cheval et cerise sur le gâteau, c’est là au numéro 16 que David Ben Gourion a déclaré l’Indépendance de l’Etat d’Israël.
Hier soir, j’étais à l’inauguration du Design Museum à Holon. L’architecte du musée est le très célèbre designer Ron Arad.
Le Musée ouvrira officiellement ses portes le 4 mars avec une expo nommée The State of Thing. Je ne sais pas si on peut tomber amoureuse d’un bâtiment mais c’est ce qui m’est arrivé.
Les cinq bandes de Corten, cet acier qui se patine avec le temps grâce à une corrosion naturelle, ont été créées à Bergame en Italie puis ajustées à Holon et c’est tombé juste! C’est de l’acier mais c’est d’une légèreté incroyable. Des volutes qui ondulent, se rejoignent pour mieux se séparer, donnent de l’ombre et permettent de voir le ciel, tout en soutenant deux salles d’exposition.
Cette vidéo vous permettra de ressentir l’ambiance de l’inauguration. Beaucoup de monde. Des ministres, des journalistes, des galeristes, des artistes, des ambassadeurs. Le maire de Holon, Motti Sasson qui veut faire de Holon une ville de culture. Il y a déjà à Holon le Musée des Enfants, le Musée de la Bande dessinée et une médiathèque très dynamique.
Le buffet aussi était très design et ludique, tendance cuisine moléculaire, par le chef israélien Nir Zook.
On pourrait peut-être jumeler Holon en Israël à Liège en Belgique puisqu’à ce jour-là le seul projet architectural entièrement conçu par Ron Arad se trouve dans la cité ardente, c’est la Médiacité.
Pour mieux faire connaissance avec Ron Arad, le designer et non l’architecte, regardez cette vidéo:
Tou Bishevat, le nouvel an des arbres débute ce soir. C’est une fête où on plante des arbres, les plantations se font aujourd’hui avant le Shabbat. Car on ne plante pas pendant le shabbat. Par contre si vous êtes en train de planter un arbre et que le Messie vous tape sur l’épaule, vous devez finir de planter avant de l’accueillir. Pour vous dire, l’importance des arbres dans le judaïsme.
Si vous n’êtes pas en Israël mais que vous voulez ajouter votre arbre au 240 millions d’arbres plantés par le KKL, vous pouvez cliquer et planter. Israël est le seul pays au monde qui compte plus d’arbres au début du XXIème qu’au début du XXème.
Les plantations d’arbres, les amandiers en fleurs, les sept espèces d’Israël, symbolisent cette fête très liée à la nature. Comme je n’ai pas d’amandiers à fleurs à photographier sous l’objectif et que cette semaine, je partage avec vous ce magnifique poème de Nathan Zach, Car l’homme est comme l’arbre des champs, mis en musique par Shalom Hanokh et interprété par Nourit Galron.
Ceux d’entre vous qui veulent renouer avec la tradition des kabbalistes de Safed peuvent faire un Seder de Tou Bishvat, en buvant 4 coupes de vin et en mangeant des fruits, au moins 15 comme le 15 du Tou de Tou Bishevat. Cliquez pour en savoir plus.
Yad Vashem, pour célébrer les 65 ans de la libération, présente une exposition: « L’architecture meurtrière: les plans d’Auschwitz-Birkenau » où sont montrés des plans du camp d’extermination encore jamais vus par le public.
Le thème cette année est: « Se souvenir de l’Holocauste: le legs de la survie »
Esther Orner a publié en 1999 aux éditions Metropolis, un roman, Autobiographie de Personne où elle donne la parole à sa mère rescapée d’Auschwitz.
En voici un court extrait:
Bien sûr, certains qui sont revenus de « là-bas » ont écrit. Pas tout. Car tout qui peut le dire? La pointe de l’iceberg, comme on dit. A peine. On écrit pour témoigner, ont-ils dit. Sans doute. Ils étaient très jeunes d’ailleurs. Et ce qui compte c’est qu’ils soient revenus. Qu’un jour ça s’est arrêté. Sinon personne ne serait revenu. On témoigne. C’est important. Mais qu’on arrête de dire qu’il faut en parler. Que parle celui qui veut. Qui peut. C’est vrai qu’on témoigne en disant. Puis à côté de ça viennent ceux qui veulent nier. Qui osent nier. Bientôt nous ne serons plus là. Et ils écrivent plus de livres que les rescapés et leurs descendants. D’ailleurs on fait des recherches sur nos descendants. Voir ce que ça leur a fait. Comme si c’était pas évident. Et maintenant on met tout sur ordinateur. Tout doit être catalogué. Archivé. Arithmétisé. Si, si, on fait des recherches sur tout. Ca aussi, je l’ai lu dans un magazine. Recherches ou pas, on a assez souffert. Ce mot est bien faible. Je n’en connais pas d’autres pour dire notre souffrance. Il parait d’ailleurs que notre souffrance est devenue celle de tout le monde. Je veux bien. De toute manière qui nous demande notre avis. Alors quelle importance. Enfin.
En Israël, le jour de la Shoah, Yom HaShoah a été institué en 1951 et débutera le 12 avril 2010 au soir.
A Tel Aviv, je fais mes courses au Shouk HaCarmel et j’adore ça. J’aime les produits et j’apprécie aussi beaucoup l’ambiance et les maraîchers. Les vendeurs de verdure au bas de la rue HaCarmel, la rue principale du marché, vendent leurs laitues, leurs radis, leur poireaux, leur persil, leur menthe et leur coriandre en musique et en chantant. Eli, Tomer, Asaf et Alon ont la pêche!
Regardez la vidéo, elle est intitulée en hébreu שירת השוק et en anglais Singing Market. Elle vous mettra de bonne humeur en ce jour festif: c’est l’anniversaire de Dan Peguine, il a 27 ans et du premier Mac qui a 26 ans. Dan Peguine est le conseiller de Kef Israel et c’est sur un Mac que j’écris mes billets!
Ceux d’entre vous qui lisent l’hébreu et qui habitent Tel Aviv peuvent faire leur marché par téléphone ou par fax grâce à CARMELLA
Ce matin, je suis allée au Marché paysan, שוק האיכרים le marché du Port de Tel Aviv et j’y ai fait une découverte importante. J’ai trouvé des calissons made in Israël. Je suis née à Aix-en-Provence, la ville des calissons, cette merveilleuse confiserie en forme de losange, sucre glace au-dessus, feuille d’hostie en-dessous et entre les deux, une pâte à base de melon confit et d’amandes broyées. Le calisson, c’est ma madeleine! C’est donc avec émotion que j’ai goûté ce calisson, calissoun en provencal, קליסון en hébreu fait par Hila. Il est délicieux. Une interprétation méditerranéenne du calisson. Il y a une note citronnée très présente qui n’existe pas dans le calisson d’origine. Il y manque aussi la fine feuille d’hostie. Rien d’étonnant pour un calisson juif!
Calissons et sucettes d'Hila
A part les calissons, Hila Hochman fait du nougat, de la pâte d’amande, de la pâte de fruits, des écorces d’oranges confites et des sucettes. C’est une artisan-confiseur autodidacte très douée.
Le stand est très esthétique, une palette de couleurs ensoleillées, miel, blond vénitien, roux comme la chevelure de Hila.
Un paquet de 10 calissons coûte 35 shekels
Vous trouvez Hila au marché du Port de Tel Aviv tous les vendredis de 8 heures à 15 heures.
Son mail: hilahochman@walla.com
Bien entendu, ce billet est dédié à tous mes amis et à ma famille d’Aix et à Stéphanie, aixoise par son amour du calisson!
Tu Bishevat est une fête, le nouvel an des arbres, mais c’est en fait une date, ט »ו בשבט, le 15 du mois de Shevat. Aujourd’hui, nous sommes le ו בשבט, le 5 du mois de Shevat. Dans dix jours, vendredi 29 janvier au soir, on fêtera donc ce nouvel an des arbres en mangeant beaucoup de fruits. Certains disent 15 comme la datte. Oh pardon, je voulais écrire comme la date. Et en effet, la datte fait partie des 7 espèces d’Israël avec le blé, l’orge, la vigne, la figue, la grenade, l’olive.
Un extrait du Concours, l’une des 13 nouvelles de mon Bouquet de Coriandre. Elle est très fruitée!
…Le Rabbin voulait aussi les former à la récitation des bénédictions. Il leur avait fait ânonner en chœur celles liées à l’alimentation, les plus courantes. Il insistait sur la différence entre la bénédiction du fruit de la terre et celle du fruit de l’arbre. Les enfants connaissaient le texte des deux bénédictions, ils savaient théoriquement qu’une pomme venait de l’arbre pommier et qu’il fallait, avant de la croquer, dire la bénédiction sur le fruit de l’arbre, et qu’il en était de même pour les grenades, les figues, les olives, les avocats, les pêches… Ils savaient également qu’avant de manger les fruits, les graines, les racines, les fleurs ou les feuilles de plantes comestibles comme les poivrons, les pastèques, les concombres et les aubergines, les graines de tournesol, les petits pois, les carottes, les salsifis, les fleurs de courgettes, les câpres, la laitue, on devait prononcer la bénédiction sur le fruit de la terre. Mais, en pratique, ils avaient tendance à confondre les deux prières. Pour savoir quelle était la bénédiction appropriée, il était impératif de reconnaître si un fruit était de l’arbre ou de la terre et donc d’avoir des connaissances minimales en botanique, matière qui semblait être totalement étrangère aux élèves du Rabbin.
Pour corriger cette faiblesse, le Rabbin organisa un concours.
Chaque élève devait dresser la liste la plus longue possible de fruits de l’arbre et de fruits de la terre avec, en vis-à-vis du nom du fruit, le nom de la bénédiction lui correspondant.
La fille du Président avait décidé que sa liste serait la plus longue. Elle se mit à la chasse aux fruits et aux légumes, elle déambula entre les étals du marché, elle feuilleta des livres de cuisine et de jardinage, elle consulta des livres de botanique, elle demanda à tous les adultes qu’elle rencontrait de lui citer les fruits les plus exotiques qu’ils connaissaient.
Le Rabbin fut surpris du sérieux avec lequel les enfants participèrent au concours. Grâce à eux, il fit connaissance avec le durion et la mangouste, la jambose, le ramboutan et la fenouillette, l’igname et la colocase. Eux qui n’avaient aucune baie dans leur région rédigèrent des listes détaillées où des dizaines de ces fruits vermeils, framboises, myrtilles, mûres, airelles, groseilles à grappes et à maquereau, cassis, arbouses semblaient leur être aussi familiers que les pommes et les bananes qui faisaient l’ordinaire de leurs goûters.
Lors de l’examen des listes, il y eut des surprises, le Rabbin leur fit quelques révélations, ce n’était pas si simple, il s’avéra qu’un légume pouvait être fruit, que le champignon appartenait à un tout autre groupe et que le raisin vert était considéré comme un fruit de la terre mais quand ses grains atteignaient leur taille maximale, il devenait fruit de l’arbre. Les légumes comme la citrouille, le navet, les épinards qui sont meilleurs cuits que crus ne rentraient pas, quand ils étaient mangés crus, dans la catégorie des fruits de l’arbre ou de la terre mais dans celle qui comprenait les jus de fruits, la guimauve, la viande, les barres chocolatées et le poisson. Par contre, lorsqu’ils étaient mangés cuits, ces mêmes légumes devenaient fruits de la terre!
(…)Elle éplucha le dictionnaire à la recherche de légumes et de fruits inconnus, elle y découvrit la sapotille originaire des Antilles et qui se mange blette, les gombos de Louisiane, le panais, le pourpier, la marasque, l’icaque, l’alberge et la canneberge, l’atoca, l’anone, et l’alize, légèrement acidulée.
Sa grand-mère lui proposa d’insérer dans sa liste la confiture de roses dont elle était si friande mais elle hésita, elle ne savait pas qu’elle serait la bénédiction adéquate. Elle se décida finalement pour le fruit de la terre et elle eut raison, le Rabbin la félicita pour cet exemple original.
Malheureusement, malgré ses efforts, elle n’atteignit que la cinquième place et elle n’eut droit à aucun prix (…)«
Avatar le film de James Cameron connait comme partout un succès immense en Israël jusqu’à présent 445 000 spectateurs l’ont vu.
Je me suis amusée et je ne suis pas la seule, (taper avatar judaism sur Google et vous verrez) à chercher un éventuel lien entre Avatar et Israël, Avatar et l’hébreu, Avatar et le judaïsme. Pas très sérieux tout ça!
Avatar et l’hébreu?
Les habitants de la planète Pandora sont des Na’vi, נביא prophète en hébreu?
Leur shaman s’appelle, Tsahik, inspiré par le Tsadik, צדיק le juste en hébreu?
Le Dieu de la planète Pandora s’appelle EYWA, serait-ce un anagramme de YAWE?
Avatar et la Philosophie juive?
Les Nabi, au lieu de dire Je t’aime disent I see you, Je te vois, une adaptation cinématographique de la philosophie d’Emmanuel Lévinas pour qui L’éthique est une optique du divin?
Avatar et Tou Bishevat?
Tou Bishevat est le nouvel an des arbres et on trouve beaucoup d’arbres dans Avatar, l’Arbre-Maison, l’Arbre des Ames, l’Arbre des Voix.
Avatar et la Kabbale?
Les arbres d’Avatar feraient-ils allusion à l’arbre de vie et aux piliers de la Kabbale?
J’allais oublier la phrase culte d’Avatar en Israël. Elle est prononcée par Neytiri alors qu’elle propose à Jack Sully des filles à marier:
Ninette est notre meilleure chanteuse נינט הזמרת הכי טובה שלנו
Parce qu’en Israël, Ninette est effectivement une chanteuse et considérée par beaucoup d’Israéliens comme la Meilleure! Pour écouter et voir Ninet Tayeb, cliquer ici
Aller voir le film Avatar en 3D pour Tou Bishevat, vous lui ajouterez une dimension juive et festive!
Lire aussi en anglais un article très intéressant Taking Avatar Seriously by Jay Michaelson et beaucoup plus sérieux que ce billet!
Et la réponse à la question-titre: en hébreu Avatar se dit tout simplement אווטר Avatar
Comme nous sommes le mois de Shevat et que Tou Bishevat, le nouvel an des arbres, s’approche, j’avais l’intention de consacrer mes billets à la nature et à cette fête. Mais les voies de l’Internet sont surprenantes et m’ont mené par hasard à ce film sur la vie quotidienne à Tel Aviv alors que je cherchais pour un tout autre projet de l’information sur Joseph Kosma, ce Juif hongrois essentiel à la culture française, le compositeur qui a travaillé avec Jacques Prévert et qui a écrit la musique de chansons comme les Feuilles Mortes, et de films comme Les Enfants du Paradis.
Le film a été tourné en 1961 et montre tous les aspects de la vie quotidienne à Tel Aviv. Bien sûr, il n’y a aucune tour, la Tour Shalom ne sera terminée qu’en1965, les arbres sur Sderot Rotshild ne sont pas aussi grands qu’aujourd’hui mais l’ambiance est très similaire, le marché, la culture, le dynamisme et la plage. Cette culture de la plage avec déjà les matkot, ce jeu de raquettes insupportable, et du surf. Les vagues devaient être encore plus incroyables qu’aujourd’hui puisque les brise-lames n’étaient pas encore construits.
On voit les bâtiments de style Le Corbusier sur la rue Ibn Gvirol pas encore défigurés par les trissim, les volets en plastisque. On voit le tout début du chantier de DIzengoff Center. On voit l’envie de vivre, de construire et de s’amuser!
Le film dure plus de 14 minutes et n’a pas de son mais je conseille aux amoureux de Tel Aviv de prendre la peine de le voir et d’identifier les lieux. Il aurait pu s’appeler 100 raisons d’aimer Tel Aviv en 1961.
Décidément, je suis d’une humeur nostalgique et je ne résiste pas à partager avec vous une vidéo où Yves Montand dit et chante Les Feuilles Mortes, paroles de Jacques Prévert et musique de Joseph Kosma qui m’a conduit vers le film sur Tel Aviv…
Cette vidéo est en hébreu mais même si vous ne parlez pas cette merveilleuse langue, vous comprendrez.
Regardez les jours défilés en haut et à droite de l’image. C’est terrible. Le temps passe de manifestations en protestations, d’espoirs en espoirs déçus.
1300 jours, c’est trop, c’est beaucoup trop.
Pour lire d’autres billets sur Kef Israel concernant Guilad Shalit, cliquer ici
Demain, c’est Rosh Hodesh, un nouveau mois qui commence dans le calendrier hébraïque, le mois de Shevat, le mois de T’u BiChevat, le 15 du mois de Chevat, le nouvel an des arbres. Dans le calendrier occidental, cette année, ce sera un shabbat du 29 à la tombée de la nuit au 30 janvier 2010. Je n’ose même plus écrire que j’espère tout de mon coeur que ce mois-ci, nous verrons la libération de Gilad. Mais que faire d’autre?
Le dernier Juif de l’écrivain israélien Yoram Kaniuk a été écrit entre 1964 et 1981, l’année de sa première publication. L’année dernière, il a été réédité en hébreu. Le dernier Juif vient de sortir en français dans une traduction de Laurence Sendrowicz aux éditions Fayard.
Grâce à mon amie Marion, j’ai eu l’honneur de rencontrer Yoram Kaniuk et de l’interviewer pour l’Arche. Un homme fascinant.
Le dernier Juif est un livre foisonnant et exigeant, comme le sont les chefs d’oeuvre:
Une grande œuvre, c’est toucher aux fibres les plus douloureuses, une tentative de créer, de défier, de changer le monde et on venait lui dire: bravo, c’était très beau. Comme je le comprenais.
La dualité entre Juif et Israélien, la guerre, la mémoire, le deuil, la mort des fils:
Aujourd’hui, je sais que ce qui s’écrit doit être écrit malgré la grammaire et non grâce à elle. Menahem est mort à tous les temps et à tous les modes, la douleur ne se mesure pas avec des virgules…
la Shoah, le judaïsme, le sionisme, la Kabbale, l’Amérique, les rapports entre Juifs et Allemands (c’est Gunher Grass qui a inspiré le personnage de l’écrivallemand), la Mort:
La mort ne défait pas le Juif. La vie, peut-être, le défera.
Une chronique juive où le Temps est malmené, chamboulé.
Une épopée de 620 pages qui vous laisse pantelant.
Si vous avez très très faim et que vous voulez être rassasié très vite, une seule solution: le houmous.
L’une de mes adresses préférées à Tel Aviv, c’est le Hummus des Syriens, חומוס הסורים, qui se trouve dans le Vignoble des… Yéménites, le Kerem HaTeimanim, près du Shouk HaCarmel, plus exactement au 27 rue Malan.
Quelques tables dans la rue. Une ambiance musicale assurée par le violoniste de Tel Aviv qui joue de la musique orientale.
Vous commandez un houmous complet, à prononcer en hébreu komplète. Dans votre assiette, du houmous, c’est-à-dire une pâte de pois chiche écrasés, du foul, une pâte de fèves écrasées, un oeuf dur coupé en tranches fines, de l’huile d’olive, du persil, du jus de citron et beaucoup d’ail. Vous mangez, ou plutôt vous essuyez (en hébreu, on dit לנגב) le tout à l’aide d’une pita. C’est délicieux! Je l’admets pas vraiment léger.
Le tout pour la modique somme de 18 shekels, c’est à dire 3, 40 euros. C’est ouvert de 7 heures à 14 heures.
Houmous Foul
A noter, le village du hummus en Israël, c’est Abu Gosh où le record Guiness du houmous le plus grand du monde vient d’être enregistré le 8 janvier 2010. Un plat de 4 090 kilos, 4 tonnes et 90 kilos!!!
C’est une étoile montante de la musique hassidique en Israël. Il est né en Ohio. Il a découvert le judaïsme, s’est converti, a fait ses études dans une yeshiva à New York. Depuis un an, il vit en Israël où il espère trouver un shidouch et se marier. Il parle l’anglais, l’hébreu et le yiddish. Il chante dans les bar-mitsvoth et les mariages. Il s’est déjà produit avec Dudu Fisher et Yichaï Lapidot, les stars de la musique hassidique. Il a un impresario, le grand frère de la gagnante de l’émission de télé-réalité israélienne Big Brother (האח הגדול) de l’année dernière, Shifra Cornfeld. Il déclare: Je chante comme si je priais. La semaine dernière, la chaîne 2 de la télévision israélienne lui a consacré un reportage en prime time lors des informations.
Je vous présente Yehouda Menashé, le chanteur hassidique noir d’Israël
Depuis quelques jours, il fait beau, très beau à Tel Aviv. La température est agréable, le ciel magnifique. C’en est presque scandaleux.
Et les couchers de soleil sont somptueux.
Pour finir la journée, un petit tour à la plage. Regarder le soleil se coucher. Se faire bercer par le bruit des vagues. C’est tout.
Photo Charles Peguine
Photo Charles Peguine
Photo Charles Peguine
Après les photos, le film:
Je souhaite un excellent anniversaire à ma soeur Nicole qui se demande si elle pourra prendre la voiture demain, tellement il y a de neige près de chez elle.
Flavius Josèphe est l’historien juif grâce à qui nous connaissons l’histoire de Massada. La Guerre des Juifs contre les Romains a été écrit sur du papyrus en grec, il y a près de 2000 ans. Le livre a été traduit en hébreu en 1923 en Pologne par Yaakov Naftali Simhoni. Une nouvelle traduction en hébreu vient de sortir en Israël, aux éditions Carmel, dans une langue littéraire moderne.
Flavius Joseph, alias Yosef ben Matatiyahou יוסף בן מתתיהו הכהן raconte, de son point de vue pragmatique, (il était en faveur d’un compromis avec les Romains), la Guerre des Juifs contre les Romains à l’époque du Second Temple jusqu’à la chute de Massada.
Petit détail, la traductrice de ce monument de l’historiographie juive, Lisa Olman a commencé son projet il y a 10 ans, elle avait alors 77 ans. Un rapide calcul. Vous avez raison, elle a aujourd’hui 87 ans.
La chose la plus saine à faire, à mon âge, c’est de se lever le matin et de savoir que tu as une tâche à accomplir et que tu dois travailler. Je m’installe à mon bureau et je travaille. C’est tout. Je ne fais rien de spécial, a-t-elle déclaré à la journaliste de Haaretz (une passionnante interview de la traductrice dans le supplément du journal Haaretz, מוסף הארץ de cette semaine).
Lisa Olman est née à Vienne en 1922. Elle est arrivée en Palestine en 1939 in extremis. Elle a d’abord été infirmière et en 1962, alors qu’elle avait 40 ans, elle a décidé de changer l’orientation de sa vie et de réaliser un rêve: étudier à l’Université Hébraïque de Jérusalem où elle se consacre au latin et au grec.
Lazard Perez, 78 ans, avec qui j’ai fait la semaine dernière une magnifique et exigeante randonnée dans les environs de Massada, dit la même chose à propos de sa capacité à marcher dans le désert: Rien de spécial.
Cette semaine, Mimi, 87 ans et demi, a déclaré qu’elle aimerait bien se faire des trous dans les oreilles, elle en a toujours eu envie mais ne l’a jamais fait.
J’admire toutes ces personnes qui ne se laissent pas enfermer leur âge et qui ont encore et toujours des projets.
Cliquez sur ce lien tourweaver_mezada.html ou sur la photo et vous vaincrez non seulement le temps mais aussi l’espace! Vous vous retrouverez à Massada.
Puisque nous sommes dans les projets, pourquoi ne pas prévoir un week-end hors du commun, du 3 au 5 juin 2010, avec Nabucco à Masada par l’Orchestre symphonique d’Israël et le choeur de l’Opéra israélien, et un concert avec Jessye Norman.
Dans la rubrique Le billet de l’invité, je suis heureuse d’accueillir Nathalie Hamou-Harel, journaliste en free lance pour la presse magazine française dont L’Arche, Valeurs Actuelles, Première, L’Expansion et Challenges… Elle participe à mon projet: Mes 10….israéliens de la décennie 2000-2009. Après les 10 coups de coeurs , les 10 musiciens, les 10 livres et les 10 films de la décennie, voici, grâce à Nathalie, le théâtre.
Au pays de Hanoch Levin : mes dix coups de cœur théâtraux de la décennie, par Nathalie Hamou-Harel
Pour compléter la très belle collection de listes établies par Rachel, voici mes dix préférences théâtrales de ces six dernières années. En parisienne avide de sorties, je me suis lancé un pari quelques mois après mon installation à Tel-Aviv: découvrir la scène théâtrale israélienne avant même de maîtriser l’hébreu !!! Avis aux amateurs, aller au théâtre est un excellent outil d’intégration… D’autant qu’il est parfois possible d’assister à des représentations sous-titrées en anglais, notamment au Cameri de Tel-Aviv.
Doda Frida, de Naomie Yoéli. Primée « meilleure pièce de l’année » au festival du théâtre alternatif de Saint-Jean-D’acre en 2006, cette œuvre interactive est véritable bijou de créativité. Je l’ai découverte au théâtre Tmouna. A ne pas manquer si elle revient à l’affiche. Bonne nouvelle : en Israël, les pièces se jouent parfois plusieurs années !
2 – Mikvé, de Hadar Galron. Cette dramaturge issue de la communauté ultra-orthodoxe, a signé une œuvre critique, qui illustre entre autres le fossé entre religieux et laïques en Israël.
3- « Icha, Baal, Beit » (Femme, Mari, Maison), de Shmuel Hasfari. Produite par le Cameri, une pièce tel-avivienne par excellence, où le style Bauhaus fait partie prenante de la distribution….
4- « Makom aher, be ir zara » (« Autre lieu, autre ville »), une comédie musicale adaptée d’un roman en vers de Maya Arad. Et interprétée, entre autres, par la chanteuse arabe-israélienne Mira Awad. Un pur moment de bonheur.
5- La Banalité de l’amour, d’après un roman de Savyon Liebrecht. La pièce narre l’improbable relation entre la philosophe Hannah Arendt et son mentor, l’intellectuel Martin Heidegger. Un « biopic » théâtral touchant et bien documenté.
6 – Plonter. Cette œuvre de Yael Ronen, dont le titre signifie en hébreu « embrouillamini », a pour toile de fond le conflit israélo-palestinien. Elle a le mérite d’émouvoir sans tomber dans les gros clichés.
7- « Shlomo ha Melech ve Shalmai Ha Sandlar » (Le roi Salomon et le coordonnier Shalmaï) . Certes le comédien en vogue, Avi Kushnir, ne vaut pas l’acteur mythique Yossi Banaï. Il n’empêche que ce grand classique (traduit et mis en chansons par l’immense poète Nathan Alterman !), repris au théâtre Gesher, vaut largement le détour. J’ai découvert la pièce un soir de Hannuka. Avec un allumage de bougies sur scène orchestré par le roi Salomon… Un must !
8 – « Ha-lahaka » (La troupe) Encore une comédie musicale. Adapté d’un film à succès, écrit en 1979 par Avi Nesher, ce spectacle restitue l’âge d’or des troupes musicales enrôlées pour divertir l’armée israélienne… Du très bon divertissement !
9- « Tzvaim ba Hol » (Des couleurs sur le sable). Cette pièce destinée au jeune public (à partir de sept ans) figure au répertoire du théâtre Orna Porat. Elle nous transporte dans le Tel-Aviv du début du siècle avec pour guide : le peintre-illustrateur Nahum Gutman.
10 – « La lumière peut s’entendre en zigzag », l’incroyable performance de Na Lagaat (« Veuillez toucher » en VF), la seule troupe théâtrale au monde à rassembler des acteurs sourds, muets et aveugles. Leur dernier spectacle se donne à voir dans le centre de l’association, sise à Jaffa.
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