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ADI, une carte pour sauver des vies

Aujourd’hui, le 11 mars 2010, c’est la Journée mondiale du rein. J’avais écrit pour Contact J, le mensuel d’expression du judaïsme de Belgique, en décembre 2008, un article toujours d’actualité. Une carte pour sauver des vies. Il s’agit de la Carte ADI. En 2009, 45 162 Israéliens se sont procurés la carte.

Carte Adi

Une carte pour sauver des vies

Cette année, l’association ADI qui est, en Israël, à l’origine du travail de mobilisation pour le don d’organes, célèbre ses trente ans d’activité. ADI (www.agudatadi.org.il), a été fondée en mémoire de Ahoud (Adi) Ben Dror, par ses parents. Quand Adi a finalement reçu un rein en 1978 après deux ans d’attente, son corps était trop faible et il est mort des suites de la transplantation.

Cette organisation très active travaille aujourd’hui avec le ministère de la santé israélien qui a créé fin 1993 un centre de coordination des dons d’organes en Israël, Israel Transplant.

ADI encourage chaque Israélien à se munir d’une carte de donneur, une carte verte désormais célèbre avec une fleur dont un des pétales est rouge et où, à côté des informations sur le donneur potentiel, figure la devise de l’organisation qui se rattache ainsi à la tradition juive : Celui qui sauve une vie sauve un monde (Michna, Sanhédrin 4:5)

Prés de 500 000 Israéliens ont cette carte dans leur portefeuille. Un chiffre qui augmente de plus en plus vite mais qui est encore très bas puisqu’il se situe seulement autour de 8% de la population israélienne. De plus, le nombre des familles israéliennes qui refusent qu’on prélève des organes sur de proches décédés est de 60%.

Ces nombres peu satisfaisants sont en train de changer grâce à l’adoption par le Parlement israélien le 25 mars 2008 d’une loi qui fait de la mort cérébrale, la mort légale. Une personne est considérée morte non pas si son cœur ne bat plus mais si son cerveau ne présente plus aucune activité. C’est la mort du tronc cérébral qui sert de critère définitif. Le diagnostic de mort cérébrale requiert une procédure rigoureuse et bien standardisée afin de s’assurer de l’irréversibilité de cet état.

Ce changement de définition de la mort est en Israël primordial pour permettre le don d’organes. Le débat autour de cette question a été houleux et surtout dans les milieux religieux. Dans le judaïsme, le respect du corps d’une personne décédée, – le respect de l’intégrité du corps étant d’une importance fondamentale dans le judaïsme comme le montre les volontaires de ZAKA qui après chaque attentat récupère chaque partie infime du corps-, et le fait qu’on ne doit jamais privilégier une vie face à une autre sont essentiels. Comment concilier ces principes avec la nécessité du pikuah nefesh, de la primauté de la vie qui passe avant même le respect du Shabbat? Le grand rabbin sépharade d’Israël Shlomo Amar et le leader spirituel du parti Shass, le grand rabbin Ovadia Yossef ont apporté leur soutien à la nouvelle loi. Par contre, des ultra-orthodoxes lituaniens se sont élevés sur ce qu’ils considèrent comme étant un encouragement au meurtre.

A ce jour, 45 000 donneurs potentiels inscrits sur la liste de l’ADI sont des Juifs pratiquants. Sur leur carte de donneur est précisé que leur don devra être confirmé par un rabbin choisi par la famille qui sera consulté avant tout prélèvement d’organe.

Cette année, selon Israel Transplant le nombre de dons d’organes a augmenté de 62 % par rapport à l’année 2007.  Cette tendance devrait s’amplifier.

Les Druzes sont aussi réticents au don d’organes pour des raisons religieuses. Pourtant la famille d’Hamedi, 15 ans et demi, victime d’un accident de voiture, a accepté de donner ses organes qui ont ainsi sauvé quatre malades, juifs et musulmans. Une rencontre a eu lieu le 10 décembre 2008 entre la famille d’Hamedi et les personnes qui ont reçu ses organes ainsi que des représentants religieux, juifs, musulmans et druzes, tous désireux d’inciter la population à se munir de la carte qui sauve des vies. Un don de vie et d’espoir.

Pour se procurer une carte ADI:  http://www.health.gov.il/transplant/card_eng.htm

Yoram Kaniuk, écrivain juif d’Israël

Yoram Kaniuk a reçu le prix littéraire 2010 de la Fondation France-Israël pour son livre Le dernier Juif qui vient de sortir en français dans une traduction de Laurence Sendrowicz aux éditions Fayard. Le prix lui a été remis mardi 9 mars 2010 à Paris par le ministre de la Culture, Frédéric Mitterand, en présence de la ministre de la Culture et des Sports israélienne, Limor Livnat, de Nicole Guedj, présidente de la Fondation France-Israël, de Serge Moati, président du Prix. Ce Prix est remis soit à un auteur israélien traduit en français, soit à un auteur français traduit en hébreu. Il a été attribué l’année dernière à Alain Mabanckou pour son roman Verre Cassé traduit en hébreu par Haguit bat Ada et publié aux Ed. Matar.

J’avais interviewé Yoram Kaniuk pour le mensuel L’Arche en janvier 2010.

Kaniuk_L'Arche Cult.

« Le Dernier Juif » de Yoram Kaniuk est un livre exigeant et foisonnant. La mystique juive, la Shoah, les relations avec l’Allemagne, les guerres d’Israël, le deuil, l’Amérique, la mémoire.  Il est construit sous la forme d’une suite de documents, d’enregistrements, de lettres comme si le tri n’avait pas été fait, comme un témoignage brut où s’entrelacent le trivial et le sacré, l’inutile et l’essentiel. Un livre dont on n’est pas sûr de bien comprendre le sens et qui fait douter. Un livre, qu’une fois terminé, on a envie de recommencer. Comme un rouleau, comme un livre juif.

Yoram Kaniuk, l’écrivain juif d’Israël

Yoram Kaniuk me reçoit dans son petit appartement au rez-de-chaussée d’un bâtiment Bauhaus de Tel-Aviv.

Votre livre, « Le Dernier Juif » vient d’être réédité en hébreu après 28 ans, vous l’avez écrit entre 1964 et 1981, et il sort en français chez Fayard, début 2010.

C’est un livre qui m’a suivi une grande partie de ma vie. En 1951, je suis parti à New York, dans le Lower East Side, c’était comme vivre dans un shtetel en Pologne, les librairies, les restaurants, les journaux comme le Forward, tout était en yiddish. Je devais partir, quitter Israël car je faisais encore des cauchemars de la guerre de 1948. C’est là-bas que je me suis intéressé à la Kabbale. J’avais une obsession pour la mystique juive. J’allais dans les bibliothèques, c’était avant l’internet. J’y ai découvert les messies, Aboulafia, Molkho qui, au XIIème siècle, demande au Pape de se convertir et surtout Joseph della Reina qui allait jouer un si grand rôle dans mon livre.

Je n’écrivais pas à l’époque, j’étais peintre. A l’âge de 28 ans, j’ai quitté la peinture et je suis revenu en Israël. J’ai tout fait dans ma vie, j’ai été barman, j’ai eu une usine de falafels congelés, j’ai été directeur de théâtre, j’ai été journaliste pendant 10 ans. Le Dernier Juif, c’était comme un cancer qui grandissait en moi. On est allé vivre à Morasha, une ma’abara de rescapés de la Shoah.  J’ai fait connaissance de mon voisin Gelbert et de sa femme. Il avait perdu ses deux enfants et sa première femme et sa femme avait perdu son mari et ses deux enfants. Il disait qu’il était le Juif qui avait vécu le plus longtemps à Auschwitz. Il réalisait de magnifiques objets en bois. Il a eu une grande influence sur moi. Pendant des années, il a vu des Juifs se transformaient en fumée. Il avait peur d’être le Dernier juif. C’est lui qui m’a inspiré la trame du livre.

La Shoah est très présente dans votre œuvre.

On a pris la famille de mon père et on les a fusillé devant une fosse, j’aurai pu être parmi eux. Mon père a réussi à persuader quelques membres de sa famille de le rejoindre. Mon grand-père est arrivé en 1938, il faisait des halot, des pains nattés du Shabbat, les meilleures que je n’ai jamais mangées.

Le destin des Juifs m’intéresse. Les nations nous admiraient et nous haïssaient de nous admirer. Elles n’ont pas voulu sauver les Juifs. Après la Grande révolte arabe, il y a eu le Livre Blanc, et les Britanniques ont fermé les portes de la Palestine. Aucun autre pays ne voulait des Juifs. Les Etats-Unis ont accueilli 500 réfugiés juifs pendant la durée de la guerre, c’est le nombre de Juifs qui a survécu à Berlin.

En Israël, on a fait de la révolte du Ghetto de Varsovie un emblème. Pour moi, les vrais héros, ce sont tous les Juifs qui ont survécu à la Shoah. Vivre cet enfer et survivre. Je suis tombé amoureux de ces Juifs. Je suis un sabra mais je racontais à mes amis que j’étais né en Allemagne.

L’un des sujets de votre livre est le lien, la dualité entre Israélien et Juif.

En 1949, j’accueillais les nouveaux immigrants. Pour eux, j’étais l’idéal de l’israélien. A l’époque, les Israéliens ne se sentaient pas juifs. Moshe Shamir, un grand écrivain a écrit un livre devenu culte : Elik est né de la mer. Moshé Dayan dans son autobiographie remonte au roi David, entre David et lui, il n’y a rien. Le sabra n’a aucune racine juive, il est sans passé.

Moi, je suis le sabra suprême. Ma mère est arrivée à Tel Aviv en 1910. Mes parents parlaient l’hébreu. Je suis né en 1930 et Bialik était mon parrain. Mon père a été le premier directeur du Musée de Tel Aviv. J’ai quitté le lycée à 16 ans pour combattre dans le Palmah. J’ai fait la guerre de 1948 où j’ai été blessé. On voulait tous être des héros. Pourtant, bien que né sabra, j’ai toujours voulu être juif.

Quand le livre est sorti la première fois, en 1982, on en a parlé mais peu. Aujourd’hui, les lecteurs sont enthousiastes, parce que les Israéliens veulent être juifs, comprendre pourquoi ils vivent ici.

Moi, je suis une minorité juive dans ma maison. Mes filles ont fait l’armée mais elles ne sont pas juives. Miranda, ma femme est américaine, mais elle est plus israélienne que la plupart des Israéliens. Elle parle un hébreu magnifique.

Un Juif pour moi, c’est quelqu’un qui veut partager le destin de ce peuple.

Vous avez dans « Le Dernier Juif » un rapport au temps très particulier.

En hébreu biblique, le présent n’existe pas. Dans « Le Dernier Juif », il n’y a pas de présent, seulement un passé et un futur. C’est une chronique juive où le temps est chamboulé. Evenezer, le personnage principal, est le premier bébé à naître dans un village d’Eretz-Israel, le premier sabra et il fait le voyage vers Auschwitz. Il va contre le sens du temps. C’est un retournement de situation, il va d’ici vers là-bas et pas le contraire et il devient le dernier juif dans un camp de concentration. Evenezer efface sa propre mémoire pour laisser de la place à la mémoire de tous les Juifs. Il emmagasine ainsi tout le savoir juif. Les Juifs, ce sont des gens dont la vie est mémoire. Sans les Juifs, le monde n’a pas d’histoire.

La mort est dans votre livre. Vous écrivez : Accoucher, c’est aussi creuser une tombe.

Je suis un pessimiste. On nait pour mourir, ce qui se passe entre les deux… Malheureusement, en Israël, il y a une culture de la mort. C’est un pays où les parents enterrent leurs enfants. J’ai donné mon corps à la science. Je sais de quoi je parle, je suis déjà mort (YK s’est retrouvé dans le coma, il y a 5 ans)

Plusieurs de vos livres ont été portés au cinéma et au théâtre. « Adam ressuscité » a été adapté par Paul Shrader au cinéma avec Jeff Goldblum.

Hollywood, c’est le fantasme des Juifs d’Europe de l’Est. Savez-vous que le légendaire producteur Sam Spiegel était venu s’installer en Palestine avant de devenir le producteur de African Queen et Laurence d’Arabie ? « Adam ressuscité » est un bon film, c’est un film fort. Je regrette seulement que le metteur en scène n’ait pas assez mis en évidence l’humour du livre. Les Juifs ont survécu grâce à leur sens de l’humour. D’ailleurs, aujourd’hui, les Arabes ont l’humour juif.

Vous avez écrit deux livres, « Le Dernier Berlinois » et « le Dernier Juif » mais vous avez intitulé l’un de vos articles,  « Le Premier de Tel Aviv ».

Je vais avoir 80 ans et je suis le plus vieux des écrivains de langue hébraïque qui soit né à Tel Aviv et qui y habite encore. Haïm Guri est plus âgé que moi mais il nous a trahi et il habite Jérusalem.

Je suis né à l’angle de la rue Balfour et de l’avenue Rothschild. Je suis un inconditionnel de Tel Aviv. La ville me rappelle le New York des années 50. C’est encore une ville où on peut marcher. Enfin, moi je ne marche plus. Une ville près de la mer, une ville laïque. Les orthodoxes de Tel Aviv savent se comporter pas comme ceux de Jérusalem.

Vous avez écrit plus de 20 livres, traduits dans plus de 25 langues, dont l’arabe et le chinois ; votre parrain a été Bialik, et pourtant vous n’avez pas, en Israël, la reconnaissance que vous méritez et vous n’avez jamais obtenu le Prix d’Israël.

Je ne suis pas un écrivain convenable. Les critiques n’ont pas su comment réagir devant mes livres, mon écriture. Maintenant, une nouvelle génération apprécie mes livres. Il me considère comme un écrivain-voyou, un écrivain-rocker. Pourtant, je ne supporte pas le rock. J’ai grandi avec de la musique classique. La neuvième de Beethoven. Pour mon père, les symphonies, c’était de la musique pour enfants. Quand j’ai écrit ce livre, j’entendais la neuvième. La symphonie m’a inspiré la composition du livre. Sauf que moi, j’écris sur les Juifs et lui était plutôt antisémite. Mais l’Ode à la Joie, c’est magnifique.

Propos recueillis par Rachel Samoul

Golda Meïr et autres femmes sionistes

Le Premier congrès sioniste a eu lieu à Bâle en 1897. 17 femmes étaient présentes mais elles ne purent voter.  Au Deuxième congrès sioniste, tenu lui-aussi à Bâle, les femmes obtinrent le droit de vote. Les femmes sionistes furent donc parmi les premières à pouvoir voter. Pour rappel, les femmes suisses ont acquis le droit de vote aux élections fédérales seulement en 1971.

Dès la création de l’Etat d’Israël, en 1948, les femmes israéliennes, conformément à la Déclaration d’Indépendance,  acquirent le droit de vote. Elles furent cependant seulement deux femmes parmi les 37 signataires de la déclaration d’Indépendance:
Golda Meïr qui deviendra la troisième femme au monde à accéder à un poste de Premier ministre,
et Rachel Cohen-Kagan, une militante de la WIZO.

En 2006, Dalia Itsik fut élue Présidente de la Knesset, fonction qu’elle occupa jusqu’aux élections de 2009. Depuis 2006, la Présidente de la Cour suprême d’Israël est une femme Dorit Beinish. Tsipi Livni est le Chef de l’opposition. Mais la route vers la parité est encore longue: seulement 21 femmes sur 120 parlementaires siègent à la 18ème Knesset.

Et pour la Journée de la Femme, une conversation savoureuse (en anglais) entre Barbara Streisand et Golda Meïr en 1978 à l’occasion des 30 ans d’Israël:

Exposition de tapisseries à Jaffa

Car l’amour – ( sans enflure

superflue ) – est couture

Marina Tsvétaïéva

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150 adultes en situation de handicap vivent et travaillent à Kishorit. www.kishorit.org

Kishorit est basé sur un concept simple: chacun d’entre nous, peu importent ses limitations, a le droit de vivre sa vie. Kishorit met donc à la disposition de ses membres tout le support médical et psychologique dont ils ont besoin, tout en leur permettant d’être le plus indépendants possibles. Kishorit fonctionne comme un kibboutz.

Yaël Shilo, présidente du Conseil d’administration de Kishorit, est une artiste. Elle a accompagné le travail des 21 membres qui exposent leurs oeuvres.

A l’entrée de l’exposition, on peut voir un film où les artistes expliquent comment ils ont travaillé, ce qu’ils ont voulu exprimer, avec une grande sincérité et une rare poésie.

J’ai été très heureuse de retrouver le travail de Dan qui a grandi à Anvers et qui est l’un des premiers habitants de Kishorit.

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Je suis sortie de l’exposition, portée par un vent d’optimisme car les tapisseries des habitants de Kishorit montrent que, si on veut bien s’en donner les moyens, chacun peut avoir la liberté de créer.

Les tapisseries seront mises en vente au profit de Kishorit.

Hangar 2,  האנגר 2, נמל יפו dans le port de Yaffo du 4 mars au 4 avril

Le mercredi et le jeudi de 12h à 19h.

Le vendredi de 10h à 14h et le samedi de 19h00.


Lettres et miel

Mon ami Frédéric de Bruxelles a laissé un commentaire sur mon billet Ma grand-mère et les gâteaux de Pourim. Il y souligne le lien entre lecture et cuisine. Sa grand-mère, paralysée, ne faisait pas de gâteaux mais lui lisait des livres avec gourmandise. Par association d’idées,  je me suis souvenue de cette coutume qui consistait à faire lécher aux enfants juifs, au premier jour de leur apprentissage de la lecture, des lettres hébraïques préalablement trempées dans du miel.

Shlomo Bar, le chanteur de l’Habrera Hativit, un groupe formé en 1977, le précurseur de la musique du monde en Israël, chante cette merveilleuse coutume. Les paroles sont de Yehoshua Sobol, l’un de plus importants hommes de théâtre d’Israël.

La chanson, אצלנו בכפר טודרא, Chez nous au village de Toudra,  qui se trouve dans les montagnes de l’Atlas…:

Le Thé de Saïd, Latifa Echakhch à la Galerie Dvir

Latifa Echakhch

Latifa Echakhch est née au Maroc et vit en France depuis l’âge de trois ans. Elle dit des choses importantes par l’intermédiaire de situations et d’objets quotidiens, presque triviaux. Elle a déjà travaillé avec des morceaux de sucre, des fragments de tapis, des verres à thé cassés.

Elle a réalisé deux installations pour la Galerie Dvir qui la représente en Israël:

  • La tour de Babel s’inspire du jeu qui consiste à empiler des pièces de bois jusqu’au moment où la tour, devenue de plus en plus haute mais aussi de plus en plus fragile, s’écroule. La tour de Babel de Latifa Echakhch est un ensemble gracile de bribes de ruines et de petits bâtiments fragiles. Il semble qu’un souffle pourrait les renverser.
  • Le thé de Saïd: Saïd est l’oncle de Latifa. Il avait l’habitude de récupérer l’eau de pluie pour préparer son thé dans sa maison de Khourigba au Maroc. Latifa, fascinée par cette tradition, a voulu rendre hommage à ce cérémonial. A Tel Aviv, elle a installé une gouttière capable de collecter l’eau de pluie dans une toute petite théière qu’elle a trouvé à Jaffa. Pour placer la gouttière, il a fallu trouer le mur de la galerie. Les moyens employés pour réaliser l’installation, la longueur de la gouttière, par rapport à la petitesse et à la délicatesse de la théière intriguent. Cette « disproportion » contribue à faire de cette installation un manifeste poétique.

J’aime ces correspondances entre le Maroc et Tel Aviv, entre Latifa Echakhch et son oncle, entre Latifa Echakhch et moi qui regarde.

théière Saïd

Le temps étant similaire au Maroc et en Israël, l’attente a été la même. Mais,  il pleut ces trois derniers jours et la théière de Saïd transposée par Latifa à Tel Aviv doit être pleine…

Latifa Echakhch a exposé récemment à la Tate Modern à London; au Kunsthalle Fridericianum de Kassel, à la Biennale de  Lyon etc…

A la galerie Dvir, 11 rehov Nahum, Tel Aviv

Jusu’au 27 mars 2010

Heures d’ouverture: du mardi au samedi de 11 à 18 heures, vendredi et samedi, de 10 à 13 heures

Big Brother, HaAh HaGadol, la télé-réalité à l’israélienne

La finale de la deuxième édition de HaAH HaGadol, le Big Brother israélien, aura lieu le 4 mars 2010 sur la Chaine 2. Qui va gagner? Aline, Eliraz, Foutna, Goël ou Sahar?

Pour en savoir plus sur la télé-réalité en Israël, je vous propose cet article paru dans le Contact J du mois de décembre 2009.

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Depuis le 15 novembre 2009, Israël a changé. Impossible de comprendre une conversation entre Israéliens si vous ne regardez pas HaAh HaGadol. Il s’agit de la version israélienne, sur la chaîne 2, de l’émission de télé-réalité Big Brother diffusée aux Pays Bays en 1999, reprise dans d’innombrables pays, adaptée en France, en 2001, sous le titre Loft Story et qui porte le nom du personnage de la nouvelle de George Orwell 1984.

Dans tous les pays, l’émission a été populaire mais en Israël, elle bat tous les records.

L’hiver dernier, la première édition a fait exploser l’audimat. 37% en moyenne et le soir de la finale, plus de 2 millions de personnes sur une population de 7 337 000 âmes ont voté pour départager les finalistes.

Le casting semble être la clé de ce succès incomparable. Les candidats choisis sont censés refléter la société israélienne et pour que l’audimat soit à son apogée, on essaie d’aiguiser les conflits. La saison dernière, l’émission a réactivité le conflit askhénaze-séfarade et le pays a pris parti pour ou contre Yossi Boublil, cet Israélien d’origine marocaine, drôle, cru et intelligent mais aussi vulgaire et provocateur. Même le très sérieux journal Le Monde avait dédié à l’émission un article intitulé Yossi Boublil, Premier ministre d’Israël.

Des voix s’élèvent sur ce que certains appellent un sous-produit culturel et l’année dernière, le soir de la finale, une Manifestation pour une autre culture avait été organisée devant le Musée de Tel Aviv. Cette année, avant la nouvelle édition, un article dans le journal HaHir était intitulé, Si vous regardez HaAh HaGadol, vous êtes des nuls.

Le phénomène de la téléréalité a commencé relativement plus tard que dans les autres pays en Israël mais ce « handicap » semble avoir été complètement remonté puisque le nombre de programmes de ce genre ne fait qu’augmenter : Hissardout, version israélienne de Koh-Lanta, Cohav Nolad pour la Nouvelle star, Lirkod im Cocavim, Dance with the stars, et la liste ne fait que s’allonger. Des concepts israéliens s’exportent à l’étranger principalement aux Etats-Unis. HaYoresh, Le successeur, où il s’agit de trouver le prochain Uri Geller, développé par la maison de production KupermanTV, à l’origine aussi du format israélien de Big Brother, a été vendu à plus de vingt pays.

La villa où les candidats vont être enfermés pendant trois mois, filmés en continu par 49 caméras, se trouve à Neve Ilan et se veut être un microcosme de la société israélienne. Pourtant, cette année, il semblerait que ce qui a motivé le choix des concurrents est plutôt une recherche effrénée de la différence, afin de pimenter cette dynamique de groupe d’un genre particulier.

Un aperçu du casting: un couple: Maayan, jalouse à l’extrême, enceinte de quatre mois et son mari Motti, Dalit, une mère célibataire, Foutna, une musulmane pratiquante et féministe, propriétaire d’un restaurant de humous dans la rue Sheinkin à Tel Aviv, Sarah, une mamie polonaise, Stav, une timide transsexuelle, Goël, un homosexuel oriental ayant grandi dans un milieu orthodoxe, Erez, un mannequin malentendant, Benji, un plombier atteint du syndrome de la Tourette. Ce sont eux les Israéliens de l’intérieur de la villa, ils vont vivre ensemble tandis que chacun de leurs actes vont être commentés, répertoriés, décortiqués, moqués, condamnés ou encensés par les Israéliens de l’extérieur.

Quel est le secret du succès du Big Brother israélien? Moins axé sur le sexe et moins violent que dans d’autres pays, une émission qui sait répondre au goût narcissique de l’époque, une réactualisation de la vie communautaire du Kibboutz, un miroir de la société israélienne, un laboratoire de l’identité nationale? A moins que la télé-réalité en Israël ne soit justement une façon d’échapper à la réalité.

©Rachel Samoul

Lire aussi à propos de la finale de l’année dernière Yossi Boublil ne sera pas le premier ministre d’Israël

Déguisements de Pourim à Tel Aviv, hier et aujourd’hui

Ce matin, c’était enfin le grand jour. Pourim à l’école. Le Pourim officiel commence samedi soir après Shabbat avec la lecture de la Meguilah mais pour les enfants d’Israël, la fête, c’est lorsqu’ils arrivent à l’école déguisés. Anaël, cette année, a voulu être une carte à jouer, la Dame de Coeur. Charles et elle sont en mode déguisement depuis au moins un mois. Conception, recherche des matériaux, visite au marché aux Puces de Yaffo pour trouver la robe adéquate. Réalisation de la carte grâce à un épiscope (!), un projecteur pour objets opaques. Un beau projet père/fille!

Pile...

Pile...

...et face!

...et face!

Pourtant, ce matin, Anaël était tendue. C’est son premier Purim dans une école israélienne et elle se demandait si elle en n’avait pas fait trop ou pas assez. Arrivée à l’école, elle était ravie, enfants, professeur et directeur de l’école déguisés. Stand de pop-corn, musique tonitruante. C’est la fête!

A l'entrée de l"école

A l'entrée de l"école

Mais ce que j’aime en Israël, c’est qu’on sent la fête dans tous les détails de la vie quotidienne.

En achetant son pain,

Pain et Pourim

Pain et Pourim

ou en buvant son café,

Café et Pourim

Café et Pourim

Et toujours un peu de nostalgie Tel Aviv: Ben de la Tsalmania Pri-Or m’a permis d’utiliser les photos de son grand-père Rudi Weissenstein sur mon blog. C’est un magasin qui vaut la visite au 30 rue Allenby. Et si vous y allez suite à ce billet ou que vous commandiez des photos par Internet sur leur site www.pri-or.com, n’oubliez pas de préciser que vous venez de la part de Kef Israël et vous recevrez une réduction de 10% sur vos achats.

Zalmaniaenfant

Pourim à Tel Aviv

Pourim à Tel Aviv

Shabbat Shalom et Pourim Sameah

Ofra Haza en chansons

Il y a exactement 10 ans, le 23 février 2000, disparaissait la chanteuse israélienne Ofra Haza, אופרה חזה.  Elle est née neuvième d’une famille yéménite de la Schounat Hatiqva, un quartier pauvre de Tel Aviv. Elle va devenir une star de la musique israélienne. De 1980 à 1983, elle sera élue chanteuse de l’année en Israël et en 1990, elle sera la chanteuse qui aura vendu le plus d’albums jusqu’alors. Puis elle va entamer une carrière internationale. Elle chantera en duo avec Iggy Pop et Lou Reed. Ofra Haza est morte du sida, à l’âge de 42 ans. Sa mort fut vécue en Israël comme un drame national.

Je vous propose en six chansons son parcours.

  • La chanson qui l’a rendu célèbre en Israël: Je suis une freha

  • La chanson de l’Eurovision, Haï, avec laquelle elle arrive en seconde position en 1983

  • La chanson grâce à laquelle elle devient une star internationale, Im Nin Alu

  • La chanson de la consécration en Israël, Jérusalem d’or et de lumière, en 1998 pour les 50 ans de l’Etat d’Israël

  • La chanson du Prince d’Egypte en 1998. Délivre-nous. Elle a chanté la chanson du film en 17 langues différentes. Ici, la version française.

  • La chanson que je préfère

Pour Gilad Shalit, tapez 1400

Gilad Shalit est 1337 jours en captivité. Il est depuis le 25 juin 2006 dans les mains du Hamas.

Malheureusement, tout porte à croire qu’il va passer son quatrième Pourim loin de sa famille. L‘armée des amis de Gilad organise en Israël une campagne de sensibilisation à l’approche des 1400 jours.

Il suffit d’ envoyer un message par SMS, un texto à Guilad Shalit pour Pourim. Si vous avez un téléphone israélien, écrivez votre message et tapez 1400. Les message seront transférés par e-mail  à la Croix Rouge de 50 pays.

Paree que Gilad Shalit en 1337 jours n’a eu le droit ni à des lettres, ni à des coups de fils, ni à des colis, ni à des visites de médecins, ni même à la visite de la Croix Rouge.

Pour plus de vidéos et d’articles sur Gilad Shalit, cliquez ici

Hava Naguila on Ice

Roman, 26, et Alexandra, 22, patinent ensemble. Ils sont frère et soeur. Roman et Alexandra Zaretsky représentent Israël aux Jeux Olympiques de Vancouver. Ils ont terminé septième au Championnat d’Europe à Tallin en Estonie qui a eu lieu en janvier dernier. Ils avaient patiné sur Hava Naguila. Une pièce qu’ils vont reprendre à Vancouver.

Les Zaretsky sont arrivés en Israël de Minsk en Biélorussie lorsqu’ils avaient respectivement 7 et 3 ans. La famille s’est installée dans le nord du pays et leur mère a trouvé du travail en tant que coach à la patinoire olympique du Centre Canada à Metula.

Ils se produiront le 19 février à Vancouver.

Pour en savoir plus sur la Fédération Israélienne de Patinage (en anglais)

Il y a un troisième membre dans la délégation israélienne aux Jeux Olympiques d’hiver. Il s’agit de Mykhaylo Renzhyn, un skieur originaire de Lettonie qui skiera le Shalom, pardon le Slalom et le Slalom Géant. Aux Jeux de Turin, il avait terminé 32ème.

Et dans un tout autre esprit, Hava Naguila chanté par Dalida!

Pas de coup de coeur pour la Saint Valentin!

Je n’aime pas la Saint Valentin. Les déclarations d’amour à jour fixe ne font pas palpiter mon coeur! Je croyais qu’en habitant en Israël, j’échapperai à cette frénésie de coeurs, de rouge, de kitsch, de restaurants romantiques, à toute cette mise en scène commerciale. Pas de chance, la Saint Valentin est très populaire en Israël ou devrais-je plutôt écrire au pays de Tel Aviv. Dans les journaux, des listes de restaurants romantiques, des suggestions de cadeaux. Dans les vitrines, du rouge  et des coeurs. Franchement, moi je n’ai pas de coup de coeur pour la Saint Valentin. D’ailleurs, dans le calendrier hébraïque, la journée associée à l’amour est Tou B’Av, le 15 du mois d’Av, c’est-à-dire à peu près la mi-août, quand il fait torride.

Aujourd’hui, nous sommes le לֹ בשבט le dernier jour du mois de Shevat qui a été choisi en Israël pour être le Jour de la Famille, יום המשפחה , en fait la Fête des Mères rebaptisée à la sauce égalitaire (surtout que c’était difficile de trouver un jour qui aurait convenu à la Fête des Pères). Cette date correspond à l’anniversaire du décès d’Henrietta Szold. Cette femme remarquable n’eut pas d’enfants mais elle créa l’Organisation sioniste des femmes américaines Hadassah et elle fut très active dans l’Alyat HaNoar qui permit le sauvetage de 22000 enfants juifs. L’organisation sioniste porte le nom d’Hadassah car elle fut fondée aux alentours de Pourim, Hadassah est le nom biblique de la reine Esther, l’héroïne de Pourim.

Bien que nous soyons le Lamed de Shevat, nous sommes aussi Rosh Hodesh Adar, le début d’un nouveau mois. Le temps de la nouvelle lune, de la néoménie sur lequel se base le calendrier hébraïque. Je m’y perds un peu moi-même. Heureusement que je peux téléphoner à Esther pour des explications! A la tombée de la nuit, nous serons le א אדר le premier jour du mois de Adar, le mois de Pourim. A cette occasion, j’inaugure une nouvelle rubrique la KO, la Kef Opinion.  C’est Anaël qui a trouvé le nom. A la fin des billets de cette nouvelle rubrique, je poserai une question et je serai ravie de lire vos avis dans les commentaires ou sur la page Kefisrael de Facebook.

La volonté de fêter la Saint Valentin ou la Fête des mères ou le Jour de la famille est ancrée dans le désir de faire comme tout le monde, tout le monde étant le monde occidental européen et surtout américain. Israël oscille sans cesse entre sa volonté d’être comme tout le monde  et le désir d’être lui-même, entre une recherche de normalité et une volonté d’assumer sa différence juive.

Israël, comme ou autrement?
Qu’en pensez-vous?

Le 14 février 2006, la «reine de la chanson israélienne», la chanteuse Shoshana Damari, au délicieux accent yéménite disparaissait. Elle chante ici une chanson intitulée Deux roses:

La Belgique à Tel Aviv

En septembre, je vous parlais de la Place du Roi Albert 1er, Roi des Belges à Tel Aviv. Pour l’occasion, mon billet avait même été traduit en anversois, Een pleuts voer de Bellege in Tel Aviv, De Albert I pleuts.

La place se trouve à l’endroit où se rencontrent les rues Nahmani, Montefiore, Lord Melchet et Bezalel Yafe, un petit bijou du centre de Tel Aviv non loin de la rue Sheinkin.

Ce matin, une plaque commémorative a été dévoilée par le Maire de Tel Aviv, Ron Huldaï et l’Ambassadeur de Belgique en Israël, Madame Bénédicte Frankinet. Après le fameux Tapis de fleurs sur la place Rabin pour célébrer les 100 ans de tel Aviv, très agréable de voir une coopération belgo-telavivienne! Presque une danse!

Bénedicte Frankinet et Ron Huldaï

Bénedicte Frankinet et Ron Huldaï

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Sur la plaque est inscrit en hébreu et en anglais, le texte suivant:

Albert 1er, couronné Roi des Belges en 1909, a été surnommé le Roi-Chevalier pour la bravoure dont il a fait preuve lors de la Première Guerre mondiale. En 1933, il s’est rendu à Tel Aviv où il a été accueilli par le maire Meir Dizengoff, à l’époque aussi Consul honoraire de Belgique. Après la mort prématurée du Roi dans un accident d’alpinisme, la ville de Tel Aviv avait dédié cette place à sa mémoire. Sa veuve, la reine Elisabeth a reçu le titre de Juste parmi les Nations pour son rôle dans le sauvetage de nombreux Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Patronne des Arts, elle est décédée en 1965.

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Tout près de la Place Albert, au n°25 de la rue Nahmani, un beau bâtiment de Tel Aviv est en rénovation et va devenir l’Hôtel Roi Albert.

Photo Kef Israel

Photo Kef Israel

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Haya Ester, des poèmes et des tableaux

Dans le cadre de ma rubrique Poème en partage, voici un poème de la poétesse israélienne Haya Ester. Elle a publié un recueil de poèmes traduits en français Dans le secret des odeurs aux éditions Caractères en 2002 et des nouvelles Le Bain rituel où elle dépeint son expérience de femmes dans le milieu ultra-orthodoxe de son enfance à Jérusalem chez le même éditeur en 2007.
Professeur de Bible, peintre et poète, Haya Ester a une énergie débordante. Généreuse dans les mots et les couleurs,
elle joue en virtuose avec les techniques de la gravure, eau-forte, aquatinte, gravure au sucre, pointe sèche…
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Le jour du vent noir j’ai vu Satan
gueule ouverte rêve rouge
déverser ma crinière
embrasser mes pommes
libérer un sac d’âmes
Sambatyon le fleuve
se prosterne devant le sang le noir la tanière les passions de Samaël élixir de vie
flambeau cavernes de désir
fleur d’apocalypse auréole noire
il galope au chant des oiseaux
je suis au pays des plantes ensorcelées des troncs dorés tropicaux
mes veines bleues transparentes dans les fouilles
je sors tout droit du four
subitement une tulipe noire se pare de pourpre manteau satanique
vive le feu rouge terrifiant il brûle sa gueule rêve rouge mon corps était sans peau
c’est la voie du sang qui vogue illuminé vers sa victoire
louez la couleur rouge le sang le feu ensorcelé les lionnes de feu galopantes le  bouillonnement rouge pourpre
de mes yeux coule la joie fournaise de beauté il agite un manteau de vérité.
Les perles de mes veines se répandent parmi les tulipes  nuit noire
je me suis envolée dans la Merkaba mugissante
et le feu coule sous ma peau
et lui c’est moi
son envol écrase et sa force est douceur pleine de sève
et il m’enveloppe dans les profondeurs d’une vie.
Poème traduit de l’hébreu au français par Esther Orner, publié dans la revue Poésie&Art numéro 10
הזמנה לתערוכת תחריטים של חיה אסתר בגלריה גרשטיין לערב שירה  בגלריה
Haya Ester expose jusqu’au 26 février à la Galerie David Gerstein à Tel Aviv, 99 rue Ben Yehuda (entrée sur le côté)
Une soirée poétique en hébreu aura lieu le mercredi 17 février à 19 heures.

Vagues et arcs-en-ciel d’Israël

On avait promis de la neige à Jérusalem. Il n’y en a eu seulement dans le Nord d’Israël. Ce sera peut-être pour cette nuit. Mais ce matin, la radio annonçait des vagues exceptionnelles.

Je suis allée voir ce qu’il en était au Port de Tel Aviv, au נמל avec son deck en bois si près de la Méditerranée. Cela a été une promenade tonifiante.

Voilà les photos et la vidéo.(Le bruit de fond, c’est le bruit du vent)

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Et cet après-midi, alors que j’écrivais ce billet qui devait s’appeler le Port de Tel Aviv prend l’eau, un double arc-en-ciel incroyable a orné le ciel de Tel Aviv.

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Inauguration du Design Museum de Holon de Ron Arad

Hier soir, j’étais à l’inauguration du Design Museum à Holon. L’architecte du musée est le très célèbre designer Ron Arad.
Le Musée ouvrira officiellement ses portes le 4 mars avec une expo nommée The State of Thing. Je ne sais pas si on peut tomber amoureuse d’un bâtiment mais c’est ce qui m’est arrivé.

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Les cinq bandes de Corten, cet acier qui se patine avec le temps grâce à une corrosion naturelle, ont été créées à Bergame en Italie puis ajustées à Holon et c’est tombé juste! C’est de l’acier mais c’est d’une légèreté incroyable.  Des volutes qui ondulent, se rejoignent pour mieux se séparer, donnent de l’ombre et permettent de voir le ciel, tout en soutenant deux salles d’exposition.

Cette vidéo vous permettra de ressentir l’ambiance de l’inauguration. Beaucoup de monde. Des ministres, des journalistes, des galeristes, des artistes, des ambassadeurs. Le maire de Holon, Motti Sasson qui veut faire de Holon une ville de culture. Il y a déjà à Holon le Musée des Enfants, le Musée de la Bande dessinée et une médiathèque très dynamique.

Le  buffet aussi était très design et ludique, tendance cuisine moléculaire, par le chef israélien Nir Zook.

On pourrait peut-être jumeler Holon en Israël à Liège en Belgique puisqu’à ce jour-là le seul projet architectural entièrement conçu par Ron Arad se trouve dans la cité ardente, c’est la Médiacité.

Pour mieux faire connaissance avec Ron Arad, le designer et non l’architecte, regardez cette vidéo:

Vous pouvez devenir fan du Design Museum Holon sur Facebook

Tou Bishevat, le Nouvel an des arbres

Tou Bishevat, le nouvel an des arbres débute ce soir. C’est une fête où on plante des arbres, les plantations se font aujourd’hui avant le Shabbat. Car on ne plante pas pendant le shabbat. Par contre si vous êtes en train de planter un arbre et que le Messie vous tape sur l’épaule, vous devez finir de planter avant de l’accueillir. Pour vous dire, l’importance des arbres dans le judaïsme.
Si vous n’êtes pas en Israël mais que vous voulez ajouter votre arbre au 240 millions d’arbres plantés par le KKL, vous pouvez cliquer et planter. Israël est le seul pays au monde qui compte plus d’arbres au début du XXIème qu’au début du XXème.

Les plantations d’arbres, les amandiers en fleurs, les sept espèces d’Israël, symbolisent cette fête très liée à la nature. Comme je n’ai pas d’amandiers à fleurs à photographier sous l’objectif et que cette semaine, je partage avec vous ce magnifique poème de Nathan Zach, Car l’homme est comme l’arbre des champs, mis en musique par Shalom Hanokh et interprété par Nourit Galron.

Ceux d’entre vous qui veulent renouer avec la tradition des kabbalistes de Safed peuvent faire un Seder de Tou Bishvat, en buvant 4 coupes de vin et en mangeant des fruits, au moins 15 comme le 15 du Tou de Tou Bishevat. Cliquez pour en savoir plus.

Hag sameah

Chantons au Marché de Tel Aviv!

A Tel Aviv, je fais mes courses au Shouk HaCarmel et j’adore ça. J’aime les produits et j’apprécie aussi beaucoup l’ambiance et les maraîchers. Les vendeurs de verdure au bas de la rue HaCarmel, la rue principale du marché, vendent leurs laitues,  leurs radis, leur poireaux, leur persil, leur menthe et leur coriandre en musique et en chantant. Eli, Tomer, Asaf et Alon ont la pêche!

Regardez la vidéo, elle est intitulée en hébreu שירת השוק et en anglais Singing Market. Elle vous mettra de bonne humeur en ce jour festif: c’est l’anniversaire de Dan Peguine, il a 27 ans et du premier Mac qui a 26 ans. Dan Peguine est le conseiller de Kef Israel et c’est sur un Mac que j’écris mes billets!

Ceux d’entre vous qui lisent l’hébreu et qui habitent Tel Aviv peuvent faire leur marché par téléphone ou par fax grâce à CARMELLA

Calissons d’Israël

Ce matin, je suis allée au Marché paysan, שוק האיכרים le marché du Port de Tel Aviv et j’y ai fait une découverte importante. J’ai trouvé des calissons made in Israël. Je suis née à Aix-en-Provence, la ville des calissons, cette merveilleuse confiserie en forme de losange, sucre glace au-dessus, feuille d’hostie en-dessous et entre les deux, une pâte à base de melon confit et d’amandes broyées.  Le calisson, c’est ma madeleine! C’est donc avec émotion que j’ai goûté ce calisson, calissoun en provencal, קליסון en hébreu fait par Hila. Il est délicieux. Une interprétation méditerranéenne du calisson. Il y a une note citronnée très présente qui n’existe pas dans le calisson d’origine. Il y manque aussi la fine feuille d’hostie.  Rien d’étonnant pour un calisson juif!

Calissons et sucettes d'Hila

Calissons et sucettes d'Hila

A part les calissons, Hila Hochman fait du nougat, de la pâte d’amande, de la pâte de fruits, des écorces d’oranges confites et des sucettes. C’est une artisan-confiseur autodidacte très douée.

Le stand est très esthétique, une palette de couleurs ensoleillées, miel, blond vénitien, roux comme la chevelure de Hila.

Un paquet de 10 calissons coûte 35 shekels

Vous trouvez Hila au marché du Port de Tel Aviv tous les vendredis de 8 heures à 15 heures.

Son mail: hilahochman@walla.com

Bien entendu, ce billet est dédié à tous mes amis et à ma famille d’Aix et à Stéphanie, aixoise par son amour du calisson!

Comment dit-on Avatar en hébreu?

Avatar le film de James Cameron connait comme partout un succès immense en Israël jusqu’à présent 445 000 spectateurs l’ont vu.

Je me suis amusée et je ne suis pas la seule, (taper avatar judaism sur Google et vous verrez) à chercher un éventuel lien entre Avatar et Israël, Avatar et l’hébreu, Avatar et le judaïsme. Pas très sérieux tout ça!

Avatar et l’hébreu?
Les habitants de la planète Pandora sont des Na’vi,  נביא prophète en hébreu?

Leur shaman s’appelle, Tsahik, inspiré par le Tsadik, צדיק le juste en hébreu?

Le Dieu de la planète Pandora s’appelle EYWA, serait-ce un anagramme de YAWE?

Avatar et la Philosophie juive?

Les Nabi, au lieu de dire Je t’aime disent I see you, Je te vois, une adaptation cinématographique de la philosophie d’Emmanuel Lévinas pour qui L’éthique est une optique du divin?

Avatar et Tou Bishevat?

Tou Bishevat est le nouvel an des arbres et on trouve beaucoup d’arbres dans Avatar, l’Arbre-Maison, l’Arbre des Ames, l’Arbre des Voix.

Avatar et la Kabbale?

Les arbres d’Avatar feraient-ils allusion à l’arbre de vie et aux piliers de la Kabbale?

J’allais oublier la phrase culte d’Avatar en Israël. Elle est prononcée par Neytiri alors qu’elle propose à Jack Sully des filles à marier:

Ninette est notre meilleure chanteuse נינט הזמרת הכי טובה שלנו

Parce qu’en Israël, Ninette est effectivement une chanteuse et considérée par beaucoup d’Israéliens comme la Meilleure! Pour écouter et voir Ninet Tayeb, cliquer ici

Aller voir le film Avatar en 3D pour Tou Bishevat,  vous lui ajouterez une dimension juive et festive!

Lire aussi en anglais un article très intéressant Taking Avatar Seriously by Jay Michaelson et beaucoup plus sérieux que ce billet!

Et la réponse à la question-titre: en hébreu Avatar se dit  tout simplement אווטר  Avatar