Archive for the ‘littérature’ Category
Boycott culturel d’Israël à Aix, Fin et suite?
Mercredi, juillet 21st, 2010
Boycott culturel d’Israël à Aix-en-Provence
Lundi, juillet 12th, 2010
Mon amie Esther Orner, écrivaine israélienne de langue française, était sensée participer à un colloque à l’Université de Provence, Aix-Marseille I, organisé à l’initiative du département de Lettres modernes, intitulé: Ecrire aujourd’hui en Méditerranée et prévu en avril 2011.
Dimanche dernier, Esther, enfant caché, a participé à un témoignage filmé pour Yad Vashem. Elle a accepté avec beaucoup de réticence bien que la Shoah et ses conséquences sur sa biographie soient au coeur de son écriture ou peut-être à cause de ça. A la fin de son témoignage, (drôle de coïncidence), elle a ouvert son courrier et lu une lettre provenant de l’un des organisateurs du colloque d’Aix. En voici un extrait:
Je t’ai parlé à plusieurs reprises du colloque « Ecrire aujourd’hui en Méditerranée ». Au tout début, il avait été entendu que seraient invités des écrivains de tout le pourtour méditerranéen, dont entre autres quelqu’un d’Israël; j’avais alors proposé ton nom, parlé de ton travail, et apparemment aucune objection n’avait été formulée. Mais tout récemment, lors de notre dernière réunion du comité scientifique, il a été dit que certains écrivains arabes, invités, ne viendraient pas si un(e) écrivain(e) israélien(ne) était présent.
Esther, malgré le choc, a répondu avec son humour habituel:
Si je comprends bien, Israël ne fait pas (ou plus) partie du pourtour de la Méditerranée. (…) Je ne m’inquiète pas pour moi-même mais pour la délégitimation d’Israël qui est en marche et que les Européens puissent participer à cela montre qu’ils n’ont rien appris de l’Histoire.
Le professeur, qui a annoncé la nouvelle à Esther Orner, a décidé de démissionner du comité scientifique de ce colloque. Elle a été la seule à le faire.
Combien d’auteurs, de scientifiques israéliens boycottés dans le secret des comités d’organisation?
Moi, je suis inquiète.
Rachel Samoul, une passeuse de mémoire
Mardi, avril 13th, 2010
Ce texte, Rachel Samoul, une passeuse de mémoire, à propos de mon recueil de nouvelles Bouquet de Coriandre a été écrit par Esther Orner et est paru dans CONTINUUM n°5, la revue des Ecrivains israéliens de langue française.
J’avoue, c’est un peu narcissique mais n’est-ce pas le propre d’un blog?
La revue Continuum et mon livre seront en vente lors du 1er salon du livre israélien de langue française qui se tiendra au Centre Menahem Begin à Jérusalem le mercredi 14 avril 2010 de 14 heures à 22 heures 30. Pour plus d’infos, contactez 02 671 4653 ou contact@lepeupledulivre.com
Rachel Samoul, une passeuse de mémoire
Pour son premier livre publié, Rachel Samoul nous offre un bouquet de treize nouvelles, ce qui est déjà en soi un tour de force dans la situation de l’édition actuelle qui se méfie de ce genre. La nouvelle n’a pas bonne réputation, pourtant dans notre monde pressé il me semble que le lecteur, lui, apprécie cette forme courte et ramassée. Ces nouvelles se suivent, se répondent pour former un roman découpé. Elles tournent toutes autour de la tradition juive, de ses lois et de ses coutumes. Même si l’auteur reste dans le flou, on comprend qu’il s’agit du monde séfarade. Si cette tradition est née en Algérie dans l’Oranais elle continue ailleurs sans doute parce que la source a un fond commun – le judaïsme qui transcende le temps et l’espace. Pas de nostalgie du lieu perdu, le passé est présent.
Un personnage entouré de sa famille traverse les treize nouvelles c’est le président. Qui est-il ? Une invention de l’auteur ? Un personnage de fiction dans la tête de l’écrivaine ? On pourrait le croire car nous avons affaire à un narrateur caché à la troisième personne. Puis avec Les cigares de ma mère, la septième nouvelle, la seule ou le Je intervient, nous apprenons que l’écrivaine est la fille du président. Interrogée dans un entretien à la foire du livre de Bruxelles par Nathalie Skowronek Rachel Samoul affirme que les points de départ sont vrais puis elle s’envole. Effectivement elle invente des situations parfois cocasses ou alors tragiques qui ne font pas forcément référence à
sa biographie. Peu importe tout le monde sait que “Madame Bovary c’est moi.”
Est-ce un hasard si c’est uniquement au sujet de la préparation des cigares au miel et autres pâtisseries pour “la fête des sorts” (Pourim) auquel toutes les femmes de la famille participent que le Je de la narratrice apparait ? Est-ce un acte manqué ou alors voulu ? La cuisine à l’intérieur des maisons n’est-elle pas le haut lieu de la transmission ? “Les mêmes gestes se répétaient d’année en année ponctués par les mêmes mots. Dans la cuisine, en pétrissant les pâtes, en triturant les farces, leurs souvenirs surgissaient, je ne savais plus si c’étaient des nouveaux gâteaux qui se fabriquaient ou des souvenirs anciens qui reprenaient vie.” ( page 68)
Ces femmes sont des passeuses de mémoire. Rachel Samoul met en scène un monde qui pour certains n’est plus qu’un souvenir culinaire. Elle nous fait voir avec tendresse les grandeurs et les misères d’un milieu dont elle fait encore partie.
A partir de l’intervention du Je, on aurait pu croire qu’il s’agissait d’une autofiction. Mais non la dernière nouvelle qui donne son titre au recueil est entièrement imaginée, a-t-elle encore affirmé dans ce même entretien.
La mère perd la mémoire même de la cuisine, le président qui la critiquait prend sa place tant bien que mal. Elle qui se glorifiait d’être “la dépositaire de la mémoire familiale,” ne reconnaît plus rien, ni personne.
Toutes les lois juives concernant le Shabbat, et les fêtes sont détaillées pour évoquer la perdition de la mémoire de la mère. Un peu comme une métaphore de la perte possible de toute cette tradition millénaire. Heureusement le président s’acharne à perpétuer les rites jusqu’à remplacer la mère dans sa vie quotidienne. C’est ainsi qu’il va jusqu’à préparer le couscous du vendredi soir et ses à-côtés pour faire croire que c’est l’oeuvre de la mère. Personne n’est dupe. Quant à lui, il n’est pas tout à fait satisfait du résultat. Il ne retrouve pas exactement le goût du couscous de sa femme. “…peut-être avait-il oublié l’un des ingrédients, le bouquet de coriandre dans le bouillon ?” Peut-être ! Toutefois la tradition même avec ses manques est assurée. Ne pourrait-on soutenir que le monde se divise entre ceux qui adore et ceux qui rejette cette herbe si nécessaire à la cuisine orientale ? Serait-ce de même pour la tradition juive ? Ne nous aventurons pas trop et laissons le texte nous conter ces histoires d’un ailleurs proche.
©Esther Orner
Yoram Kaniuk, écrivain juif d’Israël
Mardi, mars 9th, 2010
Yoram Kaniuk a reçu le prix littéraire 2010 de la Fondation France-Israël pour son livre Le dernier Juif qui vient de sortir en français dans une traduction de Laurence Sendrowicz aux éditions Fayard. Le prix lui a été remis mardi 9 mars 2010 à Paris par le ministre de la Culture, Frédéric Mitterand, en présence de la ministre de la Culture et des Sports israélienne, Limor Livnat, de Nicole Guedj, présidente de la Fondation France-Israël, de Serge Moati, président du Prix. Ce Prix est remis soit à un auteur israélien traduit en français, soit à un auteur français traduit en hébreu. Il a été attribué l’année dernière à Alain Mabanckou pour son roman Verre Cassé traduit en hébreu par Haguit bat Ada et publié aux Ed. Matar.
J’avais interviewé Yoram Kaniuk pour le mensuel L’Arche en janvier 2010.
« Le Dernier Juif » de Yoram Kaniuk est un livre exigeant et foisonnant. La mystique juive, la Shoah, les relations avec l’Allemagne, les guerres d’Israël, le deuil, l’Amérique, la mémoire. Il est construit sous la forme d’une suite de documents, d’enregistrements, de lettres comme si le tri n’avait pas été fait, comme un témoignage brut où s’entrelacent le trivial et le sacré, l’inutile et l’essentiel. Un livre dont on n’est pas sûr de bien comprendre le sens et qui fait douter. Un livre, qu’une fois terminé, on a envie de recommencer. Comme un rouleau, comme un livre juif.
Yoram Kaniuk, l’écrivain juif d’Israël
Yoram Kaniuk me reçoit dans son petit appartement au rez-de-chaussée d’un bâtiment Bauhaus de Tel-Aviv.
Votre livre, « Le Dernier Juif » vient d’être réédité en hébreu après 28 ans, vous l’avez écrit entre 1964 et 1981, et il sort en français chez Fayard, début 2010.
C’est un livre qui m’a suivi une grande partie de ma vie. En 1951, je suis parti à New York, dans le Lower East Side, c’était comme vivre dans un shtetel en Pologne, les librairies, les restaurants, les journaux comme le Forward, tout était en yiddish. Je devais partir, quitter Israël car je faisais encore des cauchemars de la guerre de 1948. C’est là-bas que je me suis intéressé à la Kabbale. J’avais une obsession pour la mystique juive. J’allais dans les bibliothèques, c’était avant l’internet. J’y ai découvert les messies, Aboulafia, Molkho qui, au XIIème siècle, demande au Pape de se convertir et surtout Joseph della Reina qui allait jouer un si grand rôle dans mon livre.
Je n’écrivais pas à l’époque, j’étais peintre. A l’âge de 28 ans, j’ai quitté la peinture et je suis revenu en Israël. J’ai tout fait dans ma vie, j’ai été barman, j’ai eu une usine de falafels congelés, j’ai été directeur de théâtre, j’ai été journaliste pendant 10 ans. Le Dernier Juif, c’était comme un cancer qui grandissait en moi. On est allé vivre à Morasha, une ma’abara de rescapés de la Shoah. J’ai fait connaissance de mon voisin Gelbert et de sa femme. Il avait perdu ses deux enfants et sa première femme et sa femme avait perdu son mari et ses deux enfants. Il disait qu’il était le Juif qui avait vécu le plus longtemps à Auschwitz. Il réalisait de magnifiques objets en bois. Il a eu une grande influence sur moi. Pendant des années, il a vu des Juifs se transformaient en fumée. Il avait peur d’être le Dernier juif. C’est lui qui m’a inspiré la trame du livre.
La Shoah est très présente dans votre œuvre.
On a pris la famille de mon père et on les a fusillé devant une fosse, j’aurai pu être parmi eux. Mon père a réussi à persuader quelques membres de sa famille de le rejoindre. Mon grand-père est arrivé en 1938, il faisait des halot, des pains nattés du Shabbat, les meilleures que je n’ai jamais mangées.
Le destin des Juifs m’intéresse. Les nations nous admiraient et nous haïssaient de nous admirer. Elles n’ont pas voulu sauver les Juifs. Après la Grande révolte arabe, il y a eu le Livre Blanc, et les Britanniques ont fermé les portes de la Palestine. Aucun autre pays ne voulait des Juifs. Les Etats-Unis ont accueilli 500 réfugiés juifs pendant la durée de la guerre, c’est le nombre de Juifs qui a survécu à Berlin.
En Israël, on a fait de la révolte du Ghetto de Varsovie un emblème. Pour moi, les vrais héros, ce sont tous les Juifs qui ont survécu à la Shoah. Vivre cet enfer et survivre. Je suis tombé amoureux de ces Juifs. Je suis un sabra mais je racontais à mes amis que j’étais né en Allemagne.
L’un des sujets de votre livre est le lien, la dualité entre Israélien et Juif.
En 1949, j’accueillais les nouveaux immigrants. Pour eux, j’étais l’idéal de l’israélien. A l’époque, les Israéliens ne se sentaient pas juifs. Moshe Shamir, un grand écrivain a écrit un livre devenu culte : Elik est né de la mer. Moshé Dayan dans son autobiographie remonte au roi David, entre David et lui, il n’y a rien. Le sabra n’a aucune racine juive, il est sans passé.
Moi, je suis le sabra suprême. Ma mère est arrivée à Tel Aviv en 1910. Mes parents parlaient l’hébreu. Je suis né en 1930 et Bialik était mon parrain. Mon père a été le premier directeur du Musée de Tel Aviv. J’ai quitté le lycée à 16 ans pour combattre dans le Palmah. J’ai fait la guerre de 1948 où j’ai été blessé. On voulait tous être des héros. Pourtant, bien que né sabra, j’ai toujours voulu être juif.
Quand le livre est sorti la première fois, en 1982, on en a parlé mais peu. Aujourd’hui, les lecteurs sont enthousiastes, parce que les Israéliens veulent être juifs, comprendre pourquoi ils vivent ici.
Moi, je suis une minorité juive dans ma maison. Mes filles ont fait l’armée mais elles ne sont pas juives. Miranda, ma femme est américaine, mais elle est plus israélienne que la plupart des Israéliens. Elle parle un hébreu magnifique.
Un Juif pour moi, c’est quelqu’un qui veut partager le destin de ce peuple.
Vous avez dans « Le Dernier Juif » un rapport au temps très particulier.
En hébreu biblique, le présent n’existe pas. Dans « Le Dernier Juif », il n’y a pas de présent, seulement un passé et un futur. C’est une chronique juive où le temps est chamboulé. Evenezer, le personnage principal, est le premier bébé à naître dans un village d’Eretz-Israel, le premier sabra et il fait le voyage vers Auschwitz. Il va contre le sens du temps. C’est un retournement de situation, il va d’ici vers là-bas et pas le contraire et il devient le dernier juif dans un camp de concentration. Evenezer efface sa propre mémoire pour laisser de la place à la mémoire de tous les Juifs. Il emmagasine ainsi tout le savoir juif. Les Juifs, ce sont des gens dont la vie est mémoire. Sans les Juifs, le monde n’a pas d’histoire.
La mort est dans votre livre. Vous écrivez : Accoucher, c’est aussi creuser une tombe.
Je suis un pessimiste. On nait pour mourir, ce qui se passe entre les deux… Malheureusement, en Israël, il y a une culture de la mort. C’est un pays où les parents enterrent leurs enfants. J’ai donné mon corps à la science. Je sais de quoi je parle, je suis déjà mort (YK s’est retrouvé dans le coma, il y a 5 ans)
Plusieurs de vos livres ont été portés au cinéma et au théâtre. « Adam ressuscité » a été adapté par Paul Shrader au cinéma avec Jeff Goldblum.
Hollywood, c’est le fantasme des Juifs d’Europe de l’Est. Savez-vous que le légendaire producteur Sam Spiegel était venu s’installer en Palestine avant de devenir le producteur de African Queen et Laurence d’Arabie ? « Adam ressuscité » est un bon film, c’est un film fort. Je regrette seulement que le metteur en scène n’ait pas assez mis en évidence l’humour du livre. Les Juifs ont survécu grâce à leur sens de l’humour. D’ailleurs, aujourd’hui, les Arabes ont l’humour juif.
Vous avez écrit deux livres, « Le Dernier Berlinois » et « le Dernier Juif » mais vous avez intitulé l’un de vos articles, « Le Premier de Tel Aviv ».
Je vais avoir 80 ans et je suis le plus vieux des écrivains de langue hébraïque qui soit né à Tel Aviv et qui y habite encore. Haïm Guri est plus âgé que moi mais il nous a trahi et il habite Jérusalem.
Je suis né à l’angle de la rue Balfour et de l’avenue Rothschild. Je suis un inconditionnel de Tel Aviv. La ville me rappelle le New York des années 50. C’est encore une ville où on peut marcher. Enfin, moi je ne marche plus. Une ville près de la mer, une ville laïque. Les orthodoxes de Tel Aviv savent se comporter pas comme ceux de Jérusalem.
Vous avez écrit plus de 20 livres, traduits dans plus de 25 langues, dont l’arabe et le chinois ; votre parrain a été Bialik, et pourtant vous n’avez pas, en Israël, la reconnaissance que vous méritez et vous n’avez jamais obtenu le Prix d’Israël.
Je ne suis pas un écrivain convenable. Les critiques n’ont pas su comment réagir devant mes livres, mon écriture. Maintenant, une nouvelle génération apprécie mes livres. Il me considère comme un écrivain-voyou, un écrivain-rocker. Pourtant, je ne supporte pas le rock. J’ai grandi avec de la musique classique. La neuvième de Beethoven. Pour mon père, les symphonies, c’était de la musique pour enfants. Quand j’ai écrit ce livre, j’entendais la neuvième. La symphonie m’a inspiré la composition du livre. Sauf que moi, j’écris sur les Juifs et lui était plutôt antisémite. Mais l’Ode à la Joie, c’est magnifique.
Propos recueillis par Rachel Samoul
Le dernier Juif, Yoram Kaniuk
Jeudi, janvier 14th, 2010
Le dernier Juif de l’écrivain israélien Yoram Kaniuk a été écrit entre 1964 et 1981, l’année de sa première publication. L’année dernière, il a été réédité en hébreu. Le dernier Juif vient de sortir en français dans une traduction de Laurence Sendrowicz aux éditions Fayard.
Grâce à mon amie Marion, j’ai eu l’honneur de rencontrer Yoram Kaniuk et de l’interviewer pour l’Arche. Un homme fascinant.

Le dernier Juif est un livre foisonnant et exigeant, comme le sont les chefs d’oeuvre:
Une grande œuvre, c’est toucher aux fibres les plus douloureuses, une tentative de créer, de défier, de changer le monde et on venait lui dire: bravo, c’était très beau. Comme je le comprenais.
La dualité entre Juif et Israélien, la guerre, la mémoire, le deuil, la mort des fils:
Aujourd’hui, je sais que ce qui s’écrit doit être écrit malgré la grammaire et non grâce à elle. Menahem est mort à tous les temps et à tous les modes, la douleur ne se mesure pas avec des virgules…
la Shoah, le judaïsme, le sionisme, la Kabbale, l’Amérique, les rapports entre Juifs et Allemands (c’est Gunher Grass qui a inspiré le personnage de l’écrivallemand), la Mort:
La mort ne défait pas le Juif. La vie, peut-être, le défera.
Une chronique juive où le Temps est malmené, chamboulé.
Une épopée de 620 pages qui vous laisse pantelant.

J’avais beaucoup aimé aussi Le dernier Berlinois et je suis plongée dans la lecture de Ma vie en Amérique. Je vous en parle dés que j’ai fini de le lire.
Yoram Kaniuk sera à Paris au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, le 26 janvier 2010
Le film de son livre Adam ressuscité, réalisé par Paul Shrader, produit par Ehud Bleiberg, avec Jeff Goldblum, William Dafoe, Derek Jacobi, Jenya Dodina, devrait sortir prochainement en France.
Kef Israel