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Ma grand-mère et les gâteaux de Pourim

La fête de Pourim est une fête joyeuse. Déguisements, jeux, gâteaux. A la synagogue, lecture festive de la Meguila, le rouleau d’Esther,  où est racontée l’histoire de Pourim et où, à chaque fois qu’est prononcé le nom du méchant Haman, qui voulait exterminer les Juifs de Suse, on tape des pieds et on fait tourner les crécelles dans un énorme chahut.

Aujourd’hui en Israël, je vais acheter les oreilles d’Amman qui n’ont rien à voir avec des oreilles mais sont une altération du mot yiddish מאן־טאשן (montashn) ou du mot allemand mohntaschen, pochettes fourrées aux graines de pavot. En yiddish hollandais, on dit Kiesjeliejs!

Quand j’étais petite, la semaine d’avant Pourim, la maison, la vie tournait autour des gâteaux de Pourim et j’adorais aider ma grand-mère, Mamie Soussan, à préparer les cigares et autres makrouds. Personne n’a filmé ces préparations. Je n’ai pas de photos de gâteaux. J’ai juste une immense nostalgie.

mamie soussan

Pour Pourim, c’est la coutume d’offrir des mishloah manot, des plateaux ou des corbeilles de gâteaux et de friandises. En guise de mishloah manot virtuel, un extrait de la nouvelle Les cigares de ma mère figurant dans Bouquet de Coriandre.

La préparation des pâtisseries pour la fête des Sorts prit une ampleur que je n’avais encore jamais connue. Cette année-là, ma mère, la femme du Président, se consacrait, comme toutes les années, aux plateaux de gâteaux qu’elle envoyait à la famille et à ses meilleures amies mais surtout au plateau qu’elle allait offrir de la part de mon frère à la fiancée. Elle désirait se surpasser, confectionner une merveille qui réjouisse la vue et le goût, un assortiment de douceurs qui soit digne de l’offrande d’un prince. Son fils allait la quitter et la belle-famille devait se rendre compte de l’honneur qu’il leur faisait en choisissant une de leurs filles. Pour préparer les cornes de gazelle, les croquets, les petits fours et les corbeilles aux amandes, les gâteaux secs à l’anis, les galettes blanches, les mantecaos, les makrouds, les macarons et les cigares, elle avait fait appel à l’équipe habituelle et fidèle de ses belles-sœurs. Elle avait envoyé mon père, le Président, se ravitailler en huile, farine, semoule, sucre, amandes et miel. Mais, il manquerait toujours quelque chose et je savais que j’allais me retrouver à déambuler dans les rues de la ville, à la recherche de noix de coco pilée, de caissettes dorées et pas trop grandes, ou chez toutes les mercières de la cité en quête du ruban rouge suffisamment large et en taffetas de très bonne qualité qui allait rehausser l’éclat du plateau. Toutes ces courses m’éloigneraient de la cuisine et je perdrais sans doute les passages les plus croustillants sur les déboires amoureux du beau-frère du cousin au second degré du frère de la belle-sœur de ma tante ou sur la maladie incurable de l’amie d’enfance et sur la réussite du petit-fils de la cousine, sorti major de sa promotion, tu te rends compte. Les belles-sœurs arrivaient, elles nouaient leur tablier et le travail commençait sans préambule. Aujourd’hui serait le jour des cigares. Chacune avait un rôle. Ma tante préférée à la voix rauque préparait la pâte qui devait être fine et presque translucide, elle l’étalait à l’aide d’un tronçon de manche à balai plus adapté à la confection des cigares, d’après l’avis unanime de toutes les belles-soeurs, que les traditionnels rouleaux à pâtisserie, la pâte s’étendait sur la table, gagnait du terrain comme l’eau des marées montantes. Quand la pâte avait investi presque toute la table, ma mère la roulait en long saucisson qu’elle découpait en biseau, pour former des tranches de quelques centimètres. Pendant ce temps, une belle-soeur malaxait la farce, mélange d’amandes moulues, de sucre et de blanc d’œuf pour fourrer les cigares.

Quelques jours avant, j’avais déjà aidé à l’émondage des amandes, ma mère les avait plongées dans l’eau bouillante et je les expulsais de leur gangue en appuyant légèrement dessus. Quelquefois les amandes sortaient élégamment de leur enveloppe comme des petits suppositoires, d’autres fois, la pression que j’avais donnée était trop grande et l’amande filait comme une fusée de l’autre côté de la pièce ou la peau restait attachée et je devais tenter de la décoller avec les ongles. Pour qu’elles pussent sécher, les amandes décortiquées étaient étendues sur des plateaux qui traînaient dans les endroits les plus inattendus de la maison et j’en chipais quelques-unes chaque fois que je me trouvais nez à nez avec elles. Maintenant, je me retrouvais à former des petits boudins avec cette farce aux amandes qui s’attachait à mes doigts, sangsues qui laissaient les mains collantes, grasses et sucrées et des fragments d’amandes sous les ongles.

C’étaient les plus expérimentées qui étalaient les petits tas de pâtes, moi, j’avais seulement le droit d’installer un fin doigt de farce sur chaque île de pâte tandis qu’elles formaient le cigare en roulant la pâte autour de la farce, elles serraient légèrement avec la pulpe de leurs doigts et elles repliaient soigneusement les bords pour empêcher la farce de s’échapper. Des gâteaux qui s’enroulaient sur eux-mêmes…


Tou Bishevat, le Nouvel an des arbres

Tou Bishevat, le nouvel an des arbres débute ce soir. C’est une fête où on plante des arbres, les plantations se font aujourd’hui avant le Shabbat. Car on ne plante pas pendant le shabbat. Par contre si vous êtes en train de planter un arbre et que le Messie vous tape sur l’épaule, vous devez finir de planter avant de l’accueillir. Pour vous dire, l’importance des arbres dans le judaïsme.
Si vous n’êtes pas en Israël mais que vous voulez ajouter votre arbre au 240 millions d’arbres plantés par le KKL, vous pouvez cliquer et planter. Israël est le seul pays au monde qui compte plus d’arbres au début du XXIème qu’au début du XXème.

Les plantations d’arbres, les amandiers en fleurs, les sept espèces d’Israël, symbolisent cette fête très liée à la nature. Comme je n’ai pas d’amandiers à fleurs à photographier sous l’objectif et que cette semaine, je partage avec vous ce magnifique poème de Nathan Zach, Car l’homme est comme l’arbre des champs, mis en musique par Shalom Hanokh et interprété par Nourit Galron.

Ceux d’entre vous qui veulent renouer avec la tradition des kabbalistes de Safed peuvent faire un Seder de Tou Bishvat, en buvant 4 coupes de vin et en mangeant des fruits, au moins 15 comme le 15 du Tou de Tou Bishevat. Cliquez pour en savoir plus.

Hag sameah

Chantons au Marché de Tel Aviv!

A Tel Aviv, je fais mes courses au Shouk HaCarmel et j’adore ça. J’aime les produits et j’apprécie aussi beaucoup l’ambiance et les maraîchers. Les vendeurs de verdure au bas de la rue HaCarmel, la rue principale du marché, vendent leurs laitues,  leurs radis, leur poireaux, leur persil, leur menthe et leur coriandre en musique et en chantant. Eli, Tomer, Asaf et Alon ont la pêche!

Regardez la vidéo, elle est intitulée en hébreu שירת השוק et en anglais Singing Market. Elle vous mettra de bonne humeur en ce jour festif: c’est l’anniversaire de Dan Peguine, il a 27 ans et du premier Mac qui a 26 ans. Dan Peguine est le conseiller de Kef Israel et c’est sur un Mac que j’écris mes billets!

Ceux d’entre vous qui lisent l’hébreu et qui habitent Tel Aviv peuvent faire leur marché par téléphone ou par fax grâce à CARMELLA

Des fruits pour Tou Bishevat

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Tu Bishevat est une fête, le nouvel an des arbres, mais c’est en fait une date,  ט »ו בשבט, le 15 du mois de Shevat. Aujourd’hui, nous sommes le ו בשבט, le 5 du mois de Shevat. Dans dix jours, vendredi 29 janvier au soir, on fêtera donc ce nouvel an des arbres en mangeant beaucoup de fruits. Certains disent 15 comme la datte. Oh pardon, je voulais écrire comme la date. Et en effet, la datte fait partie des 7 espèces d’Israël avec le blé, l’orge, la vigne, la figue, la grenade, l’olive.

Un extrait du Concours, l’une des 13 nouvelles de mon Bouquet de Coriandre. Elle est très fruitée!

Le Rabbin voulait aussi les former à la récitation des bénédictions. Il leur avait fait ânonner en chœur celles liées à l’alimentation, les plus courantes. Il insistait sur la différence entre la bénédiction du fruit de la terre et celle du  fruit de l’arbre. Les enfants connaissaient le texte des deux bénédictions, ils savaient théoriquement qu’une pomme venait de l’arbre pommier et qu’il fallait, avant de la croquer, dire la bénédiction sur le fruit de l’arbre, et qu’il en était de même pour les grenades, les figues, les olives, les avocats, les pêches… Ils savaient également qu’avant de manger les fruits, les graines, les racines, les fleurs ou les feuilles de plantes comestibles comme les poivrons, les pastèques, les concombres et les aubergines, les graines de tournesol, les petits pois, les carottes, les salsifis, les fleurs de courgettes, les câpres, la laitue, on devait prononcer la bénédiction sur le fruit de la terre. Mais, en pratique, ils avaient tendance à confondre les deux prières. Pour savoir quelle était la bénédiction appropriée, il était impératif de reconnaître si un fruit était de l’arbre ou de la terre et donc d’avoir des connaissances minimales en botanique, matière qui semblait être totalement étrangère aux élèves du Rabbin.

Pour corriger cette faiblesse, le Rabbin organisa un concours.

Chaque élève devait dresser la liste la plus longue possible de fruits de l’arbre et de fruits de la terre avec, en vis-à-vis du nom du fruit, le nom de la bénédiction lui correspondant.

La fille du Président avait décidé que sa liste serait la plus longue. Elle se mit à la chasse aux fruits et aux légumes, elle déambula entre les étals du marché, elle feuilleta des livres de cuisine et de jardinage, elle consulta des livres de botanique, elle demanda à tous les adultes qu’elle rencontrait de lui citer les fruits les plus exotiques qu’ils connaissaient.

Le Rabbin fut surpris du sérieux avec lequel les enfants participèrent au concours. Grâce à eux, il fit connaissance avec le durion et la mangouste, la jambose, le ramboutan et la fenouillette, l’igname et la colocase. Eux qui n’avaient aucune baie dans leur région rédigèrent des listes détaillées où des dizaines de ces fruits vermeils, framboises, myrtilles, mûres, airelles, groseilles à grappes et à maquereau, cassis, arbouses semblaient leur être aussi familiers que les pommes et les bananes qui faisaient l’ordinaire de leurs goûters.

Lors de l’examen des listes, il y eut des surprises, le Rabbin leur fit quelques révélations, ce n’était pas si simple, il s’avéra qu’un légume pouvait être fruit, que le champignon appartenait à un tout autre groupe et que le raisin vert était considéré comme un fruit de la terre mais quand ses grains atteignaient leur taille maximale, il devenait fruit de l’arbre. Les légumes comme la citrouille, le navet, les épinards qui sont meilleurs cuits que crus ne rentraient pas, quand ils étaient mangés crus, dans la catégorie des fruits de l’arbre ou de la terre mais dans celle qui comprenait les jus de fruits, la guimauve, la viande, les barres chocolatées et le poisson. Par contre, lorsqu’ils étaient mangés cuits, ces mêmes légumes devenaient fruits de la terre!

(…)Elle éplucha le dictionnaire à la recherche de légumes et de fruits inconnus, elle y découvrit la sapotille originaire des Antilles et qui se mange blette, les gombos de Louisiane, le panais, le pourpier, la marasque, l’icaque, l’alberge et la canneberge, l’atoca, l’anone, et l’alize, légèrement acidulée.

Sa grand-mère lui proposa d’insérer dans sa liste la confiture de roses dont elle était si friande mais elle hésita, elle ne savait pas qu’elle serait la bénédiction adéquate. Elle se décida finalement pour le fruit de la terre et elle eut raison, le Rabbin la félicita pour cet exemple original.

Malheureusement, malgré ses efforts, elle n’atteignit que la cinquième place et elle n’eut droit à aucun prix (…)« 

©Rachel Samoul

Une adresse pour acheter vos fruits secs à Tel Aviv

Mes 10 coups de coeur israéliens de la décennie

Je me suis amusée à dresser une liste (j’aime beaucoup les listes, je passe mon temps à en écrire) sur mes 10 coups de coeur israéliens de la première décennie du XXIème siècle. Cette liste est complètement subjective et ne repose sur aucun sondage. J’ai eu du mal à faire des choix et donc il se pourrait que je vous livre une liste de mes 10 livres israéliens préférés de la décennie, des 10 musiciens israéliens que j’aime, des 10 films que je vous conseille etc.. Enfin, si j’ai le temps parce que demain je pars à Ein Gedi, sûrement l’un de mes 10 endroits préférés en Israël!

1. Le livre: Une histoire d’amour et de ténèbres

2. Le film: Valse avec Bashir, Golden Globe, 2008

3. Le photographe: Barry Frydlender

4. La danse: Yasmeen Godder

5. L’illustratrice: Rutu Modan

http://www.entrecomics.com/wp-content/uploads/2007/12/exit.jpg

6. Le groupe: Idan Raichel

7. L’écrivaine francophone  Esther Orner

8. Le Bauhaus

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9. Le designer: Ron Arad

10. L’actrice: Ronit Elkabetz

Et vous, quels sont vos coups de coeur? Laissez-moi vos suggestions dans les commentaires. Merci et excellente année 2010!

Huit éclairs et du chocolat pour Hanoucca

Dans le ciel de Tel Aviv, la première nuit de Hanoucca, il y a eu un festival d’éclairs. C’était impressionnant et magnifique. Merci à CP pour les photos.

Qui dit éclairs pense à chocolat donc voici une Hannoukia ornant la vitrine d’un chocolatier rue Ibn Gvirol

Hannoukia en chocolat
Hannoukia en chocolat
Joyeuses fêtes de Hanoucca
Joyeuses fêtes de Hanoucca

Soufganiot, beignes et beignets pour Hannoucah!

Demain le vendredi 11 décembre, on allume la première des huit bougies de Hanouca.
Les pâtissiers d’Israël sont très occupés à préparer l’aliment-phare de cette fête dans le pays, la soufgania, סופגנייה
On mange des beignets, ces aliments trempés dans l’huile, pour commémorer le miracle de la fiole d’huile de Hanoucca.

En Israël, la soufgania traditionnelle est:
un beignet fourré à la confiture rouge saupoudré de sucre glace.
La soufganiya est huileuse, – je ne saurai dire combien de soufganiot, sont frites dans le même bain d’huile; la confiture n’a rien à voir avec celles de nos grands-mères, – je ne saurai dire à base de quel fruit, tant cette confiture a un goût industriel; la soufgania est salissante, l’huile graisse les doigts, la confiture dégouline et le sucre glace vient se fixer sur les vêtements et la soufgania est calorique, les estimations varient entre 350 à 500 calories pour un beignet!
Pourtant elle reste très populaire chez les Israéliens bien que cette soufgania traditionnelle ait été revisitée ces dernières années et ressemble de plus en plus à un donut américain avec une variété infinie de garniture.
Avant la cuisson

Avant la cuisson

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Après..

Après..

Le mot Soufgania dériverait du mot grec spongos qui signifie éponge, et qui a donné sponge en anglais, ou spugnia en Italien.

Un comble lorsque l’on sait que la fête de Hannouca commémore la victoire des Maccabim sur les Grecs justement!

Quoique on pourrait aussi traduire le mot soufgania par pet-de-nonne!

Mais savez-vous que le mot beignet vient du mot beigne, une beigne, une bosse à la tête, qui par extension, signifie aujourd’hui le coup ou la gifle qui peut provoquer cette bosse qui à la forme d’un beignet. D’ailleurs, au Québec, un beigne est un beignet.

Non, non, ne croyez surtout pas qu’avant d’écrire ce billet, j’ai consommé trop de ce beignet, de cette soufgania au melon et à la vodka!

Soufganiot à la vodka!

A la vodka

Bonnes fêtes de Hannouca!

Et vous, ne faites pas de chichis, dites-moi quels soufganiot, beignes ou beignets, vous préférez.

Lire aussi un texte écrit pour Hannouccah en décembre 2006, toujours d’actualité:

Miracle de Hannoucca, chameaux volants et soufganiot diététiques

Merci! תודה

Merci
à tous ceux qui ont répondu au questionnaire de Kef Israël. Vos réponses et vos remarques vont m’aider à améliorer le blog.

Et
à tous ceux qui m’ont encouragé à continuer cette Année de Kef, par courriels, par commentaires, sur Facebook, sur Twitter et par téléphone.

Raymonde,
Serge, Jean-Jacques, Pierre, Elie, Michel, et tous ceux qui ont acheté Bouquet de Coriandre pour soutenir le blog.

Ce `
logo m’a été offert par ShenArt Gallery

artgallery

Ici,

la version timbre grâce à Yona de YO SO +@50!

ATimbreKEFLe bâtiment et le palmier se trouvent au 9 rue Gordon à Tel Aviv.

Merci! תודה

Une année de Kef…

Il y a un an, plus exactement le 3 décembre 2008, je publiais mon premier billet sur ce blog. Il s’intitulait Kef...

Un an plus tard, je sens qu’il me faut faire le point, prendre un peu de recul sur cette aventure. Je suis passée par toutes sortes d’émotion, de la joie à la fierté, du découragement à l’euphorie.

  • La joie de voir le blog prendre forme et contenu: 182 articles (ce qui fait un billet tous les deux jours), 611 commentaires.
  • La fierté de voir le nombre de mes lecteurs augmenter et ma présence sur Google s’affirmer. Si vous cherchez le mot colorabi sur Google, vous trouverez en première position mon article, Colorabi, Kohlrabi, le chou des marchés d’Israël , là je fais un peu d’auto-dérision.
  • Le découragement de voir mon travail pillé sans que le blog soit cité.
  • Le doute, pourquoi tellement de travail?
Kef Israel par ShenArt

Kef Israel par ShenArt

Mais surtout, le KEF, le PLAISIR d’avoir les sens et la curiosité en alerte pour trouver des sujets à partager avec vous, le plaisir d’être à l’écoute des vibrations de Tel Aviv et d’Israël, la découverte du plaisir de photographier, le plaisir des rencontres que j’ai faite grâce au blog, le plaisir de dialoguer grâce aux commentaires et la page Facebook de Kef Israël, le plaisir d’apprivoiser l’instantané, le plaisir d’écrire.

Quelques fois, j’ai envie de renoncer, de baisser les bras. En hébreu, baisser les bras se dit להרים ידיים , leharim yadaïm, ce qui se traduit en français par lever les bras (Merci Elie!). En hébreu, même si on renonce, on se tourne toujours vers le ciel! Je vais donc essayer de faire ni l’un ni l’autre et de continuer à écrire juste pour le kef!!!

Et si vous souhaitez tout de même m’encourager, achetez mon livre Bouquet de Coriandre en cliquant ici.

Flash Danse à Jérusalem avant Hanouccah

Nefesh b’Nefesh est une association sans but lucratif créée en 2001 pour aider les Juifs d’Amérique désireux de faire leur alyah. Elle vient de réaliser un flash mob, une mobilisation éclair à Jérusalem, le vendredi 20 novembre 2009 vers 11h00. Des personnes se rassemblent à une heure et un lieu fixés à l’avance pour réaliser ensemble un projet convenu à l’avance. Ici, il s’agit de danser ensemble dans la rue piétonne Ben-Yehuda à Jérusalem.
Donc à trois semaines de Hanoucca, mettons-nous dans une ambiance festive.
Hannoukah, cette année, c’est du 11 décembre juste avant la tombée de la nuit, allumage de la première bougie au 19 décembre.
Les paroles parlent de Hannouccah, de toupies, de latkes, de bougies…

Merci au blog The Big Felafel où j’ai découvert l’information (en anglais)

C’est la fête à Tel Aviv !!!

Cela se passe samedi soir et c’est l’événement que vous ne devez pas manquer si vous êtes à Tel Aviv.

Nous avons eu le lancement des festivités du  centenaire, le Marathon, la Nuit blanche, le Tapis de fleurs et la liste est loin d’être exhaustive.

Et maintenant, on fête la fin du centenaire de la ville et le début d’un nouveau! Bien que la date officielle de la fondation de la ville soit le 11 avril 1909. Enfin, toutes les occasions sont bonnes pour se réjouir  à Tel Aviv!

feature photo

Cela commence à 19h30, le 17 octobre 2009

Cela se passe à l’estuaire du Yarkon, מתחם שפך הירקון, au bout du Port de Tel Aviv.

On va allumer le phare historique.

On va avoir droit à un spectacle Son et Lumières sur les bords du Yarkon.

On va dévoiler le clip du centenaire avec les visages des habitants de la ville.

On va écouter un super concert et à la fin, on va danser!

C’est la fête à Tel Aviv!

Plus de détails en anglais sur le site TLV


Simhat Torah à Tel Aviv

A Simhat Torah,  שמחת תורה , la joie de la Torah, on finit un cycle de lecture de la Torah (cinq livres de la Bible hébraïque) en lisant les derniers versets du Deutéronome, דברים pour immédiatement commencer un nouveau cycle en lisant les premiers versets de la Genèse,  בראשית.

La coutume est de danser en cercle autour de la Torah, ce sont les hakafot , הקפות

Pour les Juifs de la Diaspora, la fête commence ce soir alors qu’elle s’est terminée ce soir en Israël.

Par solidarité avec la Diaspora, on fait en Israël des   הקפות שניות  souvent hors des synagogues.

La Torah sort dans la rue. Ce soir, à Tel Aviv,  on fêtait la Torah sur la place Rabin. Musique et danse. Rondes et farandoles en portant à bout de bras des Rouleaux de la Torah.


Soukkot, un temps pour la joie

Soukkot est avant tout, la fête de la joie. D’ailleurs, on se congratule en disant Moadim L’simha,
מועדים לשימחה
Pendant Souccot, on réalise la balancement du loulav נענוע הלולב, le balancement des quatre espèces, Loulav, palme, Etrog, cédrat, Hadass, myrte et Aravah, saule et c’est un commandement.

Pour se mettre dans une ambiance festive, rien de mieux que cette video! Merci à Carole qui m’a signalé la vidéo.

Ca balance terrible à Souccot!

Si vous êtes à Tel Aviv, consultez les plans artistiques de Sukkot proposés par OHSOARTY (en anglais).

Moadim L’simha מועדים לשימחה

Neuf chiffres pour la nouvelle année

C’est sans doute parce que nous sommes le 09/09/09, (merci Anne-Judith de l’avoir signalé sur Facebook, sinon je ne l’aurais peut-être même pas remarqué) et que la nouvelle année hébraïque, l’an neuf qui s’approche s’appelle

תשע

ce qui veut dire en hébreu

9

et qui équivaut à l’année hébraïque

5770

qui débutera le

1er Tichri

c’est à dire le

18 septembre 2009

à la tombée de la nuit pour se terminer le

7 septembre 2010

et que les Israéliens consommeront à peu près

1600 tonnes

Miel au Shouk HaCarmel

Miel au Shouk HaCarmel

de miel et

1 000 000 kilos

de carpes,

que j’ai envie de vous souhaiter de remettre à

NEUF

vos idées et votre vie!

Shana tova!

Pleine lune et amour, Tou b’Av

 

Robes de mariée dans le vent dans Nahalat Benyamin

Robes de mariée dans le vent dans Nahalat Benyamin

Ce soir, c’est Tou b’av, le 15 av, טו באב, la fête de l’amour et la pleine lune. A l’époque du Second Temple, les jeunes filles s’habillaient de blanc pour danser dans les vignes aux alentours de Jérusalem et se faire admirer. En Israël, c’est une date choisie par nombre de couples pour se marier et par de nombreux amoureux pour sortir en tête à tête. Impossible par exemple d’avoir une table chez Mel et Michelle, ce romantique restaurant sur la rue Ben Yehouda à Tel Aviv.

Pour info, l’âge moyen pour se marier en Israël est 

de    27.8 ans pour un homme et de  24.8  pour une femme. Mazal tov!

Love, Amour,

אהבה

 

Macarons en forme de coeur sur Ibn Gvirol

Macarons en forme de coeur sur Ibn Gvirol

 

 

Graffiti à Neve Tsedek

Graffiti à Neve Tsedek

 

Pour ma part, écrasée de chaleur, je crois que je ne vais pas bouger et rester sur mon transat, en compagnie de mon amoureux, à regarder la lune:

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C’est la fête!

Hier soir, c’était la Nuit blanche à Tel Aviv, 100 fois plus blanche à l’occasion du centenaire de la ville.

Ce soir, c’est la fête de Shavouot, la fête du don de la Torah, la fête des moissons, la fête des primeurs où il est de coutume de faire un repas au fromage.

Entre la préparation de mon gâteau de fromage (la délicieuse recette du restaurant Orna et Ella), la fatigue de la nuit blanche d’hier, je trouve le temps in extremis, grâce au concours de Charles à la vidéo d’écrire….mon 100ième billet.

Hag sameah, bonne fête

En images, Tel Aviv lors de la Nuit blanche, White night, Laila Lavan, du match Barcelone-Manchester United diffusé de partout et notamment sur grand écran à Banana Beach, à la fête rue Bialik, avenue Rotshild à la nouvelle statue du premier maire de Tel Aviv, Meir Dizengoff à cheval

Tel Aviv, pourquoi je t’aime?#1

Bravo et Mazal tov! Ma Sarah fête son 100ième billet sur son blog ohsoarty.com

Le billet s’intitule:

100th post and a new project for TLV100- « Matrix Tel Aviv »

Elle y explique que,  pour l’occasion, elle crée une série spéciale pour fêter le centenaire de Tel Aviv.

Les dix prochaines semaines, elle postera un billet par semaine, une interview d’habitants de Tel Aviv.

Elle leur demandera quelles sont les 10 choses/raisons pour lesquelles ils aiment Tel Aviv.

10 personnes x 10 raisons = TLV 100!

Bien entendu, certaines raisons se retrouveront d’une personne à l’autre. Et donc, à la fin des 10 semaines, elle créera une matrice de toutes les réponses et dévoilera le hit-parade des 10 meilleures raisons.

Kef Israël s’associe à son projet et traduira chaque semaine ses interviews.

C’est Anaël presque 11 ans, olah hadasha de Belgique, qui inaugure la série et qui explique ce qu’elle aime à Tel Aviv:

  1. La plage
  2. Le beau temps
  3. Le coucher du soleil
  4. Faire de la grimpe au Park Hayarkon.
  5. Manger de la pastèque au café de la plage Banana beach
  6. Faire mes devoirs sur la terrasse
  7. Rouler à vélo pour aller à l’école
  8. Manger mon plat préféré au Houmous du Kerem Hatemanim
  9. Boire des jus de fruit avec ma soeur
  10. Me promener dans la rue Sheinkin avec ma mère

Anaël à la plage avec son cerf-volant

Comment mangez-vous votre cottage israélien?

Jeudi soir 28 mai, c’est Shavouot en Israël, la fête des semaines (7 semaines depuis Pessah) qui commémore le don de la Torah au peuple d’Israël.

Il est de coutume pour cette fête de faire un repas à base de produits laitiers et le produit laitier israélien par excellence, c’est le cottage!

A l’origine, le fromage cottage est américain. Pourtant, le cottage est devenu une denrée typiquement israélienne, l’un des produits laitiers le plus vendu en Israël.

 

Cottage à Tel Aviv

Cottage à Tel Aviv

Pour ma part, je le trouve délicieux et je ne lui ai jamais trouvé d’équivalent ni en France, ni en Belgique, ni en Angleterre, ni même aux Etat-Unis.
La formule israélienne du cottage cheese a été développée dans les années 1950 pour les laiteries Tnuva par Israel Stauber (Sa formule est restée secrète comme celle de Coca-Cola et se trouve sous bonne garde dans l’un des coffres des laboratoires de Tnuva) et est restée pratiquement inchangée depuis. Bien qu’aujourd’hui, il existe un cottage à 5%, à 3%, dernièrement à 1% et aussi un Cottage Bio et que les laiteries concurrentes Tara et Stauss en produisent aussi.

J’ai demandé à quelques amis s’ils aimaient le cottage et de quelle façon il le mangeait:

  1. Dan Peguine pense qu’il est si bon parce que les grumeaux sont plus fins, que le tout est moins liquide et qu’il y a la juste pointe d’acidité adéquate. Son préféré le 3% de Tnuva. Il mange un pot à la petite cueillère en 3 minutes et il est incapable d’en manger un entamé ou de ne manger que la moitiè du pot.
  2. Nathalie Gruffy le mange à la cuillère ou sur un cracker. Ce qu’elle préfère, c’est la première mousse. Un délice.
  3. Anabelle le pose délictement sur un oeuf brouillé.
  4. Jacques Bitton en congèle 4 pots à chacun de ses voyages en Israël pour les ramener en France.
  5. Esther Orner le consomme sur une tartine avec au-dessus un peu de confiture de fraises.
  6. Charles se souvient qu’il le mangeait sur une tranche de pain préalablement tartinée de pâte de chocolat Hashahar (un autre produit iconique israélien, j’y reviendrai!)
  7. Mes épiciers du Kerem Hateimanim, du quartier yéménite près du Shouk HaCarmel, Avi et Oren, en ont été gavés quand ils étaient petits et sont incapables d’en manger, seulement de le vendre!

Et vous, vous le préférez comment?

Hag sameah!

Israël à l’Eurovision, Mira Awad et Noa

J’avais à priori décidé de ne pas écrire un billet sur l’Eurovision. Tout le monde allait en parler de toute façon.
J’ai résisté jusqu’à ce vendredi matin mais voilà c’est fait, je me rends.
Dan pense que cet amour des Israéliens pour l’Eurovision vient de leur quête de normalité, de leur besoin de réconfort: Si on gagne une médaille aux Jeux olympiques, si on reçoit 12 points à l’Eurovision, c’est qu’on a le droit d’exister.
Et puis, franchement à force d’entendre la chanson à la radio, au moins cinq fois ce matin pendant que je préparais mon repas du shabbat, je trouve de plus en plus que c’est une belle chanson.
Noa disait ce matin qu’elle était revenue voir pour une journée ses enfants et hier matin quand elle a amené sa petite fille de 5 ans au jardin d’enfants, tous les enfants avaient préparé une surprise et lui ont chanté dans les trois langues la chanson There must be another way, elle a pu alors leur parler de ce que cela représentait pour elle de chanter en arabe avec Mira Awad et leur passer son message de paix.
C’est vrai le message est magnifique mais en cherchant la vidéo sur YouTube j’ai été horrifié par les commentaires de certains internautes. Pour certains, il n’existe pas d’autre voie, seulement prôner la haine. Pourtant, there must be another way!

Pour se faire plaisir, un peu de nostalgie pour finir
En 1998, Dana International

En 1979, Allelouyah

En 1978 Haba Nibi

Feux de joie et coupe de cheveux pour Lag Ba’Omer

Pour Lag Baomer en Israël, les enfants font des feux de joie. Ils ramassent des semaines à l’avance tout ce qui est susceptible de brûler, cachent leur butins dans des endroits secrets, ils allument d’immenses feux de joie et retrouvent cet émerveillement ancestral devant le feu tout en mangeant des marshmallows (de la guimauve) grillés.
Ce soir, nous étions dans le parc près du Souk HaCarmel en face de l’hôtel Dan Intercontinental.

L’une des nouvelles de mon livre Bouquet de Coriandre s’intitule le Trente-troisième jour et fait référence à Lag Ba’Omer
En voici quelques extraits:
…Elle était prête à abandonner quand elle se rendit compte qu’ils se trouvaient dans le temps du Omer. Les quarante-neuf jours entre la sortie d’Egypte et le don la Torah dans le désert, le temps entre la libération physique du peuple et sa libération spirituelle, sa libération véritable, sont comptés. Sept semaines de préparation et de purification morales. Une algèbre spirituelle. A l’origine, la période du Omer devait être la plus joyeuse de l’année mais, par le passé, des épidémies terribles avaient endeuillé ces journées et depuis, il était interdit, à cette époque de l’année, de se marier, de faire la fête, d’aller au spectacle, de se couper les cheveux, de se raser.
…pendant le Omer, il y avait le trente-troisième jour du Omer, trêve dans le deuil où les réjouissances étaient permises, où il était possible de se marier, de faire la fête, d’aller au spectacle, de se couper les cheveux, de se raser.
Ce jour-là, d’après la tradition, la Manne, semblable à des graines de coriandre, se mit à tomber dans le désert. N’était-ce pas à ce moment-là, l’année de ses trois ans que le cousin coiffeur lui avait coupé les cheveux pour la première fois? La femme du Président se souvenait très bien de cette coupe de cheveux. Toute la famille et le cousin coiffeur avaient été invités. Elle avait préparé des gâteaux et des confitures. Le fils du Président avait été installé sur des coussins empilés les uns sur les autres dans le fauteuil habituellement réservé au Président. Elle avait sorti une serviette qui avait fait partie du trousseau de sa mère avec ses initiales brodées à la main. Le cousin avait mouillé les cheveux de l’enfant avec un vaporisateur semblable à celui qu’elle utilisait pour dépoussiérer et faire briller les feuilles de son caoutchouc. Il avait élagué les longs cheveux blonds trop raides et trop fins et avait transformé son bébé en petit garçon, sous le regard ému mais fier du Président tandis qu’une vieille tante que l’on avait surnommé la tante de poche à cause de sa petite taille chantait la chanson traditionnelle de la coupe de cheveux. Elle avait gardé quelques mèches blondes entre deux pages d’un vieux cahier. Les cheveux de son fils qu’elle avait mis de côté lors de la seconde coupe de cheveux traditionnelle avant la bar-mitsva, étaient plus épais et plus foncés.
(…)
Sa résistance était vaincue, le trente-troisième jour du Omer lui parut une date propice, c’était un jour faste qui était aussi le jour de commémoration de la mort du grand Rabbin, Sage et Saint qui avait rédigé le Livre de la Splendeur, une occasion pour des festivités et des pèlerinages sur la tombe de tous les Saints et où traditionnellement on coupait les cheveux pour la première fois aux garçons de trois ans.
Avant leur arrivée en métropole, toute sa famille, ses parents, ses oncles et ses tantes, ses nombreux cousins faisaient un pèlerinage dans la montagne sur la tombe du Saint de leur région. Elle se souvenait de la route et de ses tournants en épingle qui lui donnaient la nausée. Les odeurs de mouton grillé mêlées aux effluves des cerisiers en fleurs. Son père déposait du sucre sur la tombe du Saint, elle devait le lécher. Les guêpes qui voltigeaient autour d’elle et qui semblaient être prêtes à se poser sur sa langue la terrorisaient mais, comme chaque année, son père lui assurait que ces guêpes-là ne piquaient pas. Et, en effet, elle n’avait jamais été piquée.