150 adultes en situation de handicap vivent et travaillent à Kishorit. www.kishorit.org
Kishorit est basé sur un concept simple: chacun d’entre nous, peu importent ses limitations, a le droit de vivre sa vie. Kishorit met donc à la disposition de ses membres tout le support médical et psychologique dont ils ont besoin, tout en leur permettant d’être le plus indépendants possibles. Kishorit fonctionne comme un kibboutz.
Yaël Shilo, présidente du Conseil d’administration de Kishorit, est une artiste. Elle a accompagné le travail des 21 membres qui exposent leurs oeuvres.
A l’entrée de l’exposition, on peut voir un film où les artistes expliquent comment ils ont travaillé, ce qu’ils ont voulu exprimer, avec une grande sincérité et une rare poésie.
J’ai été très heureuse de retrouver le travail de Dan qui a grandi à Anvers et qui est l’un des premiers habitants de Kishorit.
Je suis sortie de l’exposition, portée par un vent d’optimisme car les tapisseries des habitants de Kishorit montrent que, si on veut bien s’en donner les moyens, chacun peut avoir la liberté de créer.
Les tapisseries seront mises en vente au profit de Kishorit.
Hangar 2, האנגר 2, נמל יפוdans le port de Yaffo du 4 mars au 4 avril
Mon ami Frédéric de Bruxelles a laissé un commentaire sur mon billet Ma grand-mère et les gâteaux de Pourim. Il y souligne le lien entre lecture et cuisine. Sa grand-mère, paralysée, ne faisait pas de gâteaux mais lui lisait des livres avec gourmandise. Par association d’idées, je me suis souvenue de cette coutume qui consistait à faire lécher aux enfants juifs, au premier jour de leur apprentissage de la lecture, des lettres hébraïques préalablement trempées dans du miel.
Shlomo Bar, le chanteur de l’Habrera Hativit, un groupe formé en 1977, le précurseur de la musique du monde en Israël, chante cette merveilleuse coutume. Les paroles sont de Yehoshua Sobol, l’un de plus importants hommes de théâtre d’Israël.
La chanson, אצלנו בכפר טודרא, Chez nous au village de Toudra, qui se trouve dans les montagnes de l’Atlas…:
Latifa Echakhch est née au Maroc et vit en France depuis l’âge de trois ans. Elle dit des choses importantes par l’intermédiaire de situations et d’objets quotidiens, presque triviaux. Elle a déjà travaillé avec des morceaux de sucre, des fragments de tapis, des verres à thé cassés.
Elle a réalisé deux installations pour la Galerie Dvir qui la représente en Israël:
La tour de Babel s’inspire du jeu qui consiste à empiler des pièces de bois jusqu’au moment où la tour, devenue de plus en plus haute mais aussi de plus en plus fragile, s’écroule. La tour de Babel de Latifa Echakhch est un ensemble gracile de bribes de ruines et de petits bâtiments fragiles. Il semble qu’un souffle pourrait les renverser.
Le thé de Saïd: Saïd est l’oncle de Latifa. Il avait l’habitude de récupérer l’eau de pluie pour préparer son thé dans sa maison de Khourigba au Maroc. Latifa, fascinée par cette tradition, a voulu rendre hommage à ce cérémonial. A Tel Aviv, elle a installé une gouttière capable de collecter l’eau de pluie dans une toute petite théière qu’elle a trouvé à Jaffa. Pour placer la gouttière, il a fallu trouer le mur de la galerie. Les moyens employés pour réaliser l’installation, la longueur de la gouttière, par rapport à la petitesse et à la délicatesse de la théière intriguent. Cette « disproportion » contribue à faire de cette installation un manifeste poétique.
J’aime ces correspondances entre le Maroc et Tel Aviv, entre Latifa Echakhch et son oncle, entre Latifa Echakhch et moi qui regarde.
Le temps étant similaire au Maroc et en Israël, l’attente a été la même. Mais, il pleut ces trois derniers jours et la théière de Saïd transposée par Latifa à Tel Aviv doit être pleine…
Latifa Echakhch a exposé récemment à la Tate Modern à London; au Kunsthalle Fridericianum de Kassel, à la Biennale de Lyon etc…
Il y a exactement 10 ans, le 23 février 2000, disparaissait la chanteuse israélienne Ofra Haza, אופרה חזה. Elle est née neuvième d’une famille yéménite de la Schounat Hatiqva, un quartier pauvre de Tel Aviv. Elle va devenir une star de la musique israélienne. De 1980 à 1983, elle sera élue chanteuse de l’année en Israël et en 1990, elle sera la chanteuse qui aura vendu le plus d’albums jusqu’alors. Puis elle va entamer une carrière internationale. Elle chantera en duo avec Iggy Pop et Lou Reed. Ofra Haza est morte du sida, à l’âge de 42 ans. Sa mort fut vécue en Israël comme un drame national.
Je vous propose en six chansons son parcours.
La chanson qui l’a rendu célèbre en Israël: Je suis une freha
La chanson de l’Eurovision, Haï, avec laquelle elle arrive en seconde position en 1983
La chanson grâce à laquelle elle devient une star internationale, Im Nin Alu
La chanson de la consécration en Israël, Jérusalem d’or et de lumière, en 1998 pour les 50 ans de l’Etat d’Israël
La chanson du Prince d’Egypte en 1998. Délivre-nous. Elle a chanté la chanson du film en 17 langues différentes. Ici, la version française.
La place se trouve à l’endroit où se rencontrent les rues Nahmani, Montefiore, Lord Melchet et Bezalel Yafe, un petit bijou du centre de Tel Aviv non loin de la rue Sheinkin.
Ce matin, une plaque commémorative a été dévoilée par le Maire de Tel Aviv, Ron Huldaï et l’Ambassadeur de Belgique en Israël, Madame Bénédicte Frankinet. Après le fameux Tapis de fleurs sur la place Rabin pour célébrer les 100 ans de tel Aviv, très agréable de voir une coopération belgo-telavivienne! Presque une danse!
Bénedicte Frankinet et Ron Huldaï
Sur la plaque est inscrit en hébreu et en anglais, le texte suivant:
Albert 1er, couronné Roi des Belges en 1909, a été surnommé le Roi-Chevalier pour la bravoure dont il a fait preuve lors de la Première Guerre mondiale. En 1933, il s’est rendu à Tel Aviv où il a été accueilli par le maire Meir Dizengoff, à l’époque aussi Consul honoraire de Belgique. Après la mort prématurée du Roi dans un accident d’alpinisme, la ville de Tel Aviv avait dédié cette place à sa mémoire. Sa veuve, la reine Elisabeth a reçu le titre de Juste parmi les Nations pour son rôle dans le sauvetage de nombreux Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Patronne des Arts, elle est décédée en 1965.
Tout près de la Place Albert, au n°25 de la rue Nahmani, un beau bâtiment de Tel Aviv est en rénovation et va devenir l’Hôtel Roi Albert.
Dans le cadre de ma rubrique Poème en partage, voici un poème de la poétesse israélienne Haya Ester. Elle a publié un recueil de poèmes traduits en français Dans le secret des odeurs aux éditions Caractères en 2002 et des nouvelles Le Bain rituel où elle dépeint son expérience de femmes dans le milieu ultra-orthodoxe de son enfance à Jérusalem chez le même éditeur en 2007.
Professeur de Bible, peintre et poète, Haya Ester a une énergie débordante. Généreuse dans les mots et les couleurs,
elle joue en virtuose avec les techniques de la gravure, eau-forte, aquatinte, gravure au sucre, pointe sèche…
Le jour du vent noir j’ai vu Satan
gueule ouverte rêve rouge
déverser ma crinière
embrasser mes pommes
libérer un sac d’âmes
Sambatyon le fleuve
se prosterne devant le sang le noir la tanière les passions de Samaël élixir de vie
flambeau cavernes de désir
fleur d’apocalypse auréole noire
il galope au chant des oiseaux
je suis au pays des plantes ensorcelées des troncs dorés tropicaux
mes veines bleues transparentes dans les fouilles
je sors tout droit du four
subitement une tulipe noire se pare de pourpre manteau satanique
vive le feu rouge terrifiant il brûle sa gueule rêve rouge mon corps était sans peau
c’est la voie du sang qui vogue illuminé vers sa victoire
louez la couleur rouge le sang le feu ensorcelé les lionnes de feu galopantes le bouillonnement rouge pourpre
de mes yeux coule la joie fournaise de beauté il agite un manteau de vérité.
Les perles de mes veines se répandent parmi les tulipes nuit noire
je me suis envolée dans la Merkaba mugissante
et le feu coule sous ma peau
et lui c’est moi
son envol écrase et sa force est douceur pleine de sève
et il m’enveloppe dans les profondeurs d’une vie.
Poème traduit de l’hébreu au français par Esther Orner, publié dans la revue Poésie&Art numéro 10
Haya Ester expose jusqu’au 26 février à la Galerie David Gerstein à Tel Aviv, 99 rue Ben Yehuda (entrée sur le côté)
Une soirée poétique en hébreu aura lieu le mercredi 17 février à 19 heures.
Hier soir, j’étais à l’inauguration du Design Museum à Holon. L’architecte du musée est le très célèbre designer Ron Arad.
Le Musée ouvrira officiellement ses portes le 4 mars avec une expo nommée The State of Thing. Je ne sais pas si on peut tomber amoureuse d’un bâtiment mais c’est ce qui m’est arrivé.
Les cinq bandes de Corten, cet acier qui se patine avec le temps grâce à une corrosion naturelle, ont été créées à Bergame en Italie puis ajustées à Holon et c’est tombé juste! C’est de l’acier mais c’est d’une légèreté incroyable. Des volutes qui ondulent, se rejoignent pour mieux se séparer, donnent de l’ombre et permettent de voir le ciel, tout en soutenant deux salles d’exposition.
Cette vidéo vous permettra de ressentir l’ambiance de l’inauguration. Beaucoup de monde. Des ministres, des journalistes, des galeristes, des artistes, des ambassadeurs. Le maire de Holon, Motti Sasson qui veut faire de Holon une ville de culture. Il y a déjà à Holon le Musée des Enfants, le Musée de la Bande dessinée et une médiathèque très dynamique.
Le buffet aussi était très design et ludique, tendance cuisine moléculaire, par le chef israélien Nir Zook.
On pourrait peut-être jumeler Holon en Israël à Liège en Belgique puisqu’à ce jour-là le seul projet architectural entièrement conçu par Ron Arad se trouve dans la cité ardente, c’est la Médiacité.
Pour mieux faire connaissance avec Ron Arad, le designer et non l’architecte, regardez cette vidéo:
Tu Bishevat est une fête, le nouvel an des arbres, mais c’est en fait une date, ט »ו בשבט, le 15 du mois de Shevat. Aujourd’hui, nous sommes le ו בשבט, le 5 du mois de Shevat. Dans dix jours, vendredi 29 janvier au soir, on fêtera donc ce nouvel an des arbres en mangeant beaucoup de fruits. Certains disent 15 comme la datte. Oh pardon, je voulais écrire comme la date. Et en effet, la datte fait partie des 7 espèces d’Israël avec le blé, l’orge, la vigne, la figue, la grenade, l’olive.
Un extrait du Concours, l’une des 13 nouvelles de mon Bouquet de Coriandre. Elle est très fruitée!
…Le Rabbin voulait aussi les former à la récitation des bénédictions. Il leur avait fait ânonner en chœur celles liées à l’alimentation, les plus courantes. Il insistait sur la différence entre la bénédiction du fruit de la terre et celle du fruit de l’arbre. Les enfants connaissaient le texte des deux bénédictions, ils savaient théoriquement qu’une pomme venait de l’arbre pommier et qu’il fallait, avant de la croquer, dire la bénédiction sur le fruit de l’arbre, et qu’il en était de même pour les grenades, les figues, les olives, les avocats, les pêches… Ils savaient également qu’avant de manger les fruits, les graines, les racines, les fleurs ou les feuilles de plantes comestibles comme les poivrons, les pastèques, les concombres et les aubergines, les graines de tournesol, les petits pois, les carottes, les salsifis, les fleurs de courgettes, les câpres, la laitue, on devait prononcer la bénédiction sur le fruit de la terre. Mais, en pratique, ils avaient tendance à confondre les deux prières. Pour savoir quelle était la bénédiction appropriée, il était impératif de reconnaître si un fruit était de l’arbre ou de la terre et donc d’avoir des connaissances minimales en botanique, matière qui semblait être totalement étrangère aux élèves du Rabbin.
Pour corriger cette faiblesse, le Rabbin organisa un concours.
Chaque élève devait dresser la liste la plus longue possible de fruits de l’arbre et de fruits de la terre avec, en vis-à-vis du nom du fruit, le nom de la bénédiction lui correspondant.
La fille du Président avait décidé que sa liste serait la plus longue. Elle se mit à la chasse aux fruits et aux légumes, elle déambula entre les étals du marché, elle feuilleta des livres de cuisine et de jardinage, elle consulta des livres de botanique, elle demanda à tous les adultes qu’elle rencontrait de lui citer les fruits les plus exotiques qu’ils connaissaient.
Le Rabbin fut surpris du sérieux avec lequel les enfants participèrent au concours. Grâce à eux, il fit connaissance avec le durion et la mangouste, la jambose, le ramboutan et la fenouillette, l’igname et la colocase. Eux qui n’avaient aucune baie dans leur région rédigèrent des listes détaillées où des dizaines de ces fruits vermeils, framboises, myrtilles, mûres, airelles, groseilles à grappes et à maquereau, cassis, arbouses semblaient leur être aussi familiers que les pommes et les bananes qui faisaient l’ordinaire de leurs goûters.
Lors de l’examen des listes, il y eut des surprises, le Rabbin leur fit quelques révélations, ce n’était pas si simple, il s’avéra qu’un légume pouvait être fruit, que le champignon appartenait à un tout autre groupe et que le raisin vert était considéré comme un fruit de la terre mais quand ses grains atteignaient leur taille maximale, il devenait fruit de l’arbre. Les légumes comme la citrouille, le navet, les épinards qui sont meilleurs cuits que crus ne rentraient pas, quand ils étaient mangés crus, dans la catégorie des fruits de l’arbre ou de la terre mais dans celle qui comprenait les jus de fruits, la guimauve, la viande, les barres chocolatées et le poisson. Par contre, lorsqu’ils étaient mangés cuits, ces mêmes légumes devenaient fruits de la terre!
(…)Elle éplucha le dictionnaire à la recherche de légumes et de fruits inconnus, elle y découvrit la sapotille originaire des Antilles et qui se mange blette, les gombos de Louisiane, le panais, le pourpier, la marasque, l’icaque, l’alberge et la canneberge, l’atoca, l’anone, et l’alize, légèrement acidulée.
Sa grand-mère lui proposa d’insérer dans sa liste la confiture de roses dont elle était si friande mais elle hésita, elle ne savait pas qu’elle serait la bénédiction adéquate. Elle se décida finalement pour le fruit de la terre et elle eut raison, le Rabbin la félicita pour cet exemple original.
Malheureusement, malgré ses efforts, elle n’atteignit que la cinquième place et elle n’eut droit à aucun prix (…)«
Avatar le film de James Cameron connait comme partout un succès immense en Israël jusqu’à présent 445 000 spectateurs l’ont vu.
Je me suis amusée et je ne suis pas la seule, (taper avatar judaism sur Google et vous verrez) à chercher un éventuel lien entre Avatar et Israël, Avatar et l’hébreu, Avatar et le judaïsme. Pas très sérieux tout ça!
Avatar et l’hébreu?
Les habitants de la planète Pandora sont des Na’vi, נביא prophète en hébreu?
Leur shaman s’appelle, Tsahik, inspiré par le Tsadik, צדיק le juste en hébreu?
Le Dieu de la planète Pandora s’appelle EYWA, serait-ce un anagramme de YAWE?
Avatar et la Philosophie juive?
Les Nabi, au lieu de dire Je t’aime disent I see you, Je te vois, une adaptation cinématographique de la philosophie d’Emmanuel Lévinas pour qui L’éthique est une optique du divin?
Avatar et Tou Bishevat?
Tou Bishevat est le nouvel an des arbres et on trouve beaucoup d’arbres dans Avatar, l’Arbre-Maison, l’Arbre des Ames, l’Arbre des Voix.
Avatar et la Kabbale?
Les arbres d’Avatar feraient-ils allusion à l’arbre de vie et aux piliers de la Kabbale?
J’allais oublier la phrase culte d’Avatar en Israël. Elle est prononcée par Neytiri alors qu’elle propose à Jack Sully des filles à marier:
Ninette est notre meilleure chanteuse נינט הזמרת הכי טובה שלנו
Parce qu’en Israël, Ninette est effectivement une chanteuse et considérée par beaucoup d’Israéliens comme la Meilleure! Pour écouter et voir Ninet Tayeb, cliquer ici
Aller voir le film Avatar en 3D pour Tou Bishevat, vous lui ajouterez une dimension juive et festive!
Lire aussi en anglais un article très intéressant Taking Avatar Seriously by Jay Michaelson et beaucoup plus sérieux que ce billet!
Et la réponse à la question-titre: en hébreu Avatar se dit tout simplement אווטר Avatar
Comme nous sommes le mois de Shevat et que Tou Bishevat, le nouvel an des arbres, s’approche, j’avais l’intention de consacrer mes billets à la nature et à cette fête. Mais les voies de l’Internet sont surprenantes et m’ont mené par hasard à ce film sur la vie quotidienne à Tel Aviv alors que je cherchais pour un tout autre projet de l’information sur Joseph Kosma, ce Juif hongrois essentiel à la culture française, le compositeur qui a travaillé avec Jacques Prévert et qui a écrit la musique de chansons comme les Feuilles Mortes, et de films comme Les Enfants du Paradis.
Le film a été tourné en 1961 et montre tous les aspects de la vie quotidienne à Tel Aviv. Bien sûr, il n’y a aucune tour, la Tour Shalom ne sera terminée qu’en1965, les arbres sur Sderot Rotshild ne sont pas aussi grands qu’aujourd’hui mais l’ambiance est très similaire, le marché, la culture, le dynamisme et la plage. Cette culture de la plage avec déjà les matkot, ce jeu de raquettes insupportable, et du surf. Les vagues devaient être encore plus incroyables qu’aujourd’hui puisque les brise-lames n’étaient pas encore construits.
On voit les bâtiments de style Le Corbusier sur la rue Ibn Gvirol pas encore défigurés par les trissim, les volets en plastisque. On voit le tout début du chantier de DIzengoff Center. On voit l’envie de vivre, de construire et de s’amuser!
Le film dure plus de 14 minutes et n’a pas de son mais je conseille aux amoureux de Tel Aviv de prendre la peine de le voir et d’identifier les lieux. Il aurait pu s’appeler 100 raisons d’aimer Tel Aviv en 1961.
Décidément, je suis d’une humeur nostalgique et je ne résiste pas à partager avec vous une vidéo où Yves Montand dit et chante Les Feuilles Mortes, paroles de Jacques Prévert et musique de Joseph Kosma qui m’a conduit vers le film sur Tel Aviv…
Le dernier Juif de l’écrivain israélien Yoram Kaniuk a été écrit entre 1964 et 1981, l’année de sa première publication. L’année dernière, il a été réédité en hébreu. Le dernier Juif vient de sortir en français dans une traduction de Laurence Sendrowicz aux éditions Fayard.
Grâce à mon amie Marion, j’ai eu l’honneur de rencontrer Yoram Kaniuk et de l’interviewer pour l’Arche. Un homme fascinant.
Le dernier Juif est un livre foisonnant et exigeant, comme le sont les chefs d’oeuvre:
Une grande œuvre, c’est toucher aux fibres les plus douloureuses, une tentative de créer, de défier, de changer le monde et on venait lui dire: bravo, c’était très beau. Comme je le comprenais.
La dualité entre Juif et Israélien, la guerre, la mémoire, le deuil, la mort des fils:
Aujourd’hui, je sais que ce qui s’écrit doit être écrit malgré la grammaire et non grâce à elle. Menahem est mort à tous les temps et à tous les modes, la douleur ne se mesure pas avec des virgules…
la Shoah, le judaïsme, le sionisme, la Kabbale, l’Amérique, les rapports entre Juifs et Allemands (c’est Gunher Grass qui a inspiré le personnage de l’écrivallemand), la Mort:
La mort ne défait pas le Juif. La vie, peut-être, le défera.
Une chronique juive où le Temps est malmené, chamboulé.
Une épopée de 620 pages qui vous laisse pantelant.
C’est une étoile montante de la musique hassidique en Israël. Il est né en Ohio. Il a découvert le judaïsme, s’est converti, a fait ses études dans une yeshiva à New York. Depuis un an, il vit en Israël où il espère trouver un shidouch et se marier. Il parle l’anglais, l’hébreu et le yiddish. Il chante dans les bar-mitsvoth et les mariages. Il s’est déjà produit avec Dudu Fisher et Yichaï Lapidot, les stars de la musique hassidique. Il a un impresario, le grand frère de la gagnante de l’émission de télé-réalité israélienne Big Brother (האח הגדול) de l’année dernière, Shifra Cornfeld. Il déclare: Je chante comme si je priais. La semaine dernière, la chaîne 2 de la télévision israélienne lui a consacré un reportage en prime time lors des informations.
Je vous présente Yehouda Menashé, le chanteur hassidique noir d’Israël
Flavius Josèphe est l’historien juif grâce à qui nous connaissons l’histoire de Massada. La Guerre des Juifs contre les Romains a été écrit sur du papyrus en grec, il y a près de 2000 ans. Le livre a été traduit en hébreu en 1923 en Pologne par Yaakov Naftali Simhoni. Une nouvelle traduction en hébreu vient de sortir en Israël, aux éditions Carmel, dans une langue littéraire moderne.
Flavius Joseph, alias Yosef ben Matatiyahou יוסף בן מתתיהו הכהן raconte, de son point de vue pragmatique, (il était en faveur d’un compromis avec les Romains), la Guerre des Juifs contre les Romains à l’époque du Second Temple jusqu’à la chute de Massada.
Petit détail, la traductrice de ce monument de l’historiographie juive, Lisa Olman a commencé son projet il y a 10 ans, elle avait alors 77 ans. Un rapide calcul. Vous avez raison, elle a aujourd’hui 87 ans.
La chose la plus saine à faire, à mon âge, c’est de se lever le matin et de savoir que tu as une tâche à accomplir et que tu dois travailler. Je m’installe à mon bureau et je travaille. C’est tout. Je ne fais rien de spécial, a-t-elle déclaré à la journaliste de Haaretz (une passionnante interview de la traductrice dans le supplément du journal Haaretz, מוסף הארץ de cette semaine).
Lisa Olman est née à Vienne en 1922. Elle est arrivée en Palestine en 1939 in extremis. Elle a d’abord été infirmière et en 1962, alors qu’elle avait 40 ans, elle a décidé de changer l’orientation de sa vie et de réaliser un rêve: étudier à l’Université Hébraïque de Jérusalem où elle se consacre au latin et au grec.
Lazard Perez, 78 ans, avec qui j’ai fait la semaine dernière une magnifique et exigeante randonnée dans les environs de Massada, dit la même chose à propos de sa capacité à marcher dans le désert: Rien de spécial.
Cette semaine, Mimi, 87 ans et demi, a déclaré qu’elle aimerait bien se faire des trous dans les oreilles, elle en a toujours eu envie mais ne l’a jamais fait.
J’admire toutes ces personnes qui ne se laissent pas enfermer leur âge et qui ont encore et toujours des projets.
Cliquez sur ce lien tourweaver_mezada.html ou sur la photo et vous vaincrez non seulement le temps mais aussi l’espace! Vous vous retrouverez à Massada.
Puisque nous sommes dans les projets, pourquoi ne pas prévoir un week-end hors du commun, du 3 au 5 juin 2010, avec Nabucco à Masada par l’Orchestre symphonique d’Israël et le choeur de l’Opéra israélien, et un concert avec Jessye Norman.
Dans la rubrique Le billet de l’invité, je suis heureuse d’accueillir Nathalie Hamou-Harel, journaliste en free lance pour la presse magazine française dont L’Arche, Valeurs Actuelles, Première, L’Expansion et Challenges… Elle participe à mon projet: Mes 10….israéliens de la décennie 2000-2009. Après les 10 coups de coeurs , les 10 musiciens, les 10 livres et les 10 films de la décennie, voici, grâce à Nathalie, le théâtre.
Au pays de Hanoch Levin : mes dix coups de cœur théâtraux de la décennie, par Nathalie Hamou-Harel
Pour compléter la très belle collection de listes établies par Rachel, voici mes dix préférences théâtrales de ces six dernières années. En parisienne avide de sorties, je me suis lancé un pari quelques mois après mon installation à Tel-Aviv: découvrir la scène théâtrale israélienne avant même de maîtriser l’hébreu !!! Avis aux amateurs, aller au théâtre est un excellent outil d’intégration… D’autant qu’il est parfois possible d’assister à des représentations sous-titrées en anglais, notamment au Cameri de Tel-Aviv.
Doda Frida, de Naomie Yoéli. Primée « meilleure pièce de l’année » au festival du théâtre alternatif de Saint-Jean-D’acre en 2006, cette œuvre interactive est véritable bijou de créativité. Je l’ai découverte au théâtre Tmouna. A ne pas manquer si elle revient à l’affiche. Bonne nouvelle : en Israël, les pièces se jouent parfois plusieurs années !
2 – Mikvé, de Hadar Galron. Cette dramaturge issue de la communauté ultra-orthodoxe, a signé une œuvre critique, qui illustre entre autres le fossé entre religieux et laïques en Israël.
3- « Icha, Baal, Beit » (Femme, Mari, Maison), de Shmuel Hasfari. Produite par le Cameri, une pièce tel-avivienne par excellence, où le style Bauhaus fait partie prenante de la distribution….
4- « Makom aher, be ir zara » (« Autre lieu, autre ville »), une comédie musicale adaptée d’un roman en vers de Maya Arad. Et interprétée, entre autres, par la chanteuse arabe-israélienne Mira Awad. Un pur moment de bonheur.
5- La Banalité de l’amour, d’après un roman de Savyon Liebrecht. La pièce narre l’improbable relation entre la philosophe Hannah Arendt et son mentor, l’intellectuel Martin Heidegger. Un « biopic » théâtral touchant et bien documenté.
6 – Plonter. Cette œuvre de Yael Ronen, dont le titre signifie en hébreu « embrouillamini », a pour toile de fond le conflit israélo-palestinien. Elle a le mérite d’émouvoir sans tomber dans les gros clichés.
7- « Shlomo ha Melech ve Shalmai Ha Sandlar » (Le roi Salomon et le coordonnier Shalmaï) . Certes le comédien en vogue, Avi Kushnir, ne vaut pas l’acteur mythique Yossi Banaï. Il n’empêche que ce grand classique (traduit et mis en chansons par l’immense poète Nathan Alterman !), repris au théâtre Gesher, vaut largement le détour. J’ai découvert la pièce un soir de Hannuka. Avec un allumage de bougies sur scène orchestré par le roi Salomon… Un must !
8 – « Ha-lahaka » (La troupe) Encore une comédie musicale. Adapté d’un film à succès, écrit en 1979 par Avi Nesher, ce spectacle restitue l’âge d’or des troupes musicales enrôlées pour divertir l’armée israélienne… Du très bon divertissement !
9- « Tzvaim ba Hol » (Des couleurs sur le sable). Cette pièce destinée au jeune public (à partir de sept ans) figure au répertoire du théâtre Orna Porat. Elle nous transporte dans le Tel-Aviv du début du siècle avec pour guide : le peintre-illustrateur Nahum Gutman.
10 – « La lumière peut s’entendre en zigzag », l’incroyable performance de Na Lagaat (« Veuillez toucher » en VF), la seule troupe théâtrale au monde à rassembler des acteurs sourds, muets et aveugles. Leur dernier spectacle se donne à voir dans le centre de l’association, sise à Jaffa.
Après la musique et la littérature, voici le cinéma: Mes 10 films israéliens préférés de la décennie. Je me répète mais encore une fois, j’ai eu beaucoup de difficultés à dresser cette liste, la production israélienne de cette décennie étant exceptionnelle. Mes choix sont totalement subjectifs. Le classement est chronologique du plus récent de la décennie 2000-2009 au plus ancien et ne comprend que les films de fiction.
Une mention spéciale pour l’année 2007 où, à part les deux films cités plus bas, le film Meduses de Shira Gefen et Etgar Keret a obtenu la Caméra d’Or au festival de Cannes.
8. Free Zone, Amos Gitaï, 2005 qui a valu à l’actrice israélienne Hanna Lazlo, son prix d’interprétation au Festival de Cannes et avec, en bande-son, l’inoubliable Had gadia de Hava Alberstein
Dernier mardi de l’année 2010! Dans mon projet Mes 10 …israéliens préférés de la décennie, voici les livres. Je n’ai pris en compte que les livres qui avaient été traduits lors de cette première décennie du XXIème siècle. Je dois dire que j’ai eu un mal fou à faire cette liste. En effet, grâce au Salon du livre 2008 à Paris où la littérature israélienne était à l’honneur, de nombreux livres israéliens ont été traduits, tant des classiques comme Agnon, le prix Nobel de littérature israélien ou des nouveaux venus comme Ron Leshem et j’en ai lu beaucoup.
1. Agnon, A la fleur de l’âge, trad. par Laurent Shuman, Gallimard, 2003
2. Aharon Appelfeld, Histoire d’une vie, roman, trad. par Valérie Zenatti, L’Olivier, 2004 ; Points poche, 2008
3. Gabriela Avigur-Rotem, Canicule et oiseaux fous, roman, trad. par Ziva Avran et Arlette Pierrot, Actes Sud, 2006
4. Yehoshua Kenaz, Infiltration, trad. par Rosie Pinhas-Delpuech, 10/18, 2006
6. Ron Leshem, Beaufort, trad. par Jean-Luc Allouche, éd. du Seuil, 2008
7. Esther Orner, Une année si ordinaire, Metropolis, 2004
8. Amos Oz, Une histoire d’amour et de ténèbres, trad. par Sylvie Cohen, Gallimard, 2004 ; Folio n°4265, 2005
9. Zeruya Shalev, Mari et femme, trad. par Laurence Sendrowicz, Gallimard, 2001
10. A.B. Yehoshua, La Mariée libérée, trad. par Francine Lévy & Clarisse Cohen, Calmann-Levy, 2003 ; Le livre de poche n° 30396, 2005
Je ne suis pas satisfaite. Je vais donc tricher un peu, il y a trop de livres que j’ai aimé, voilà encore une liste de 10 livres israéliens:
1. Meir Shalev, Le Pigeon voyageur, trad. par Katherine Werchowski, Editions des Deux Terres, 2009
2. Yoram Kaniuk, Le dernier Berlinois, Fayard, 2003
3. Benny Barbash, My first Sony, Zulma, 2008
4. Alona Kimhi, Suzanne la pleureuse, trad. par Rosie Pinhas-Delpuech, Gallimard, 2003
5.Orly Castel-Blum, Textile, trad. par Rosie Pinhas-Delpuech, Actes sud, 2008
6. Eshkol Nevo, Quatre maisons et un exil, trad. par Raïa Del Vecchio, Gallimard, 2008
7. Amir Gutfreund, Les gens indispensables ne meurent jamais, trad. par Katherine Werchowski, Gallimard, 2007
8. Boris Zaidman, Hemingway et la pluie des oiseaux morts, trad. par Katherine Werchowski, Gallimard, 2008
9. Sayed Kashua, Et il y eut un matin, trad. par Sylvie Cohen et Edna Degon, L’Olivier, 2006
10. David Grossman, L‘enfant zigzag, trad. par Sylvie Cohen, Seuil, 2004, Points poche n°1184, 2008
C’est incroyable mais j’ai beaucoup aimé aussi:
Savyon Liebrecht, Un toit pour la nuit, nouvelles, trad. par Joëlle Marelli, Fabienne Bergmann et Arlette Pierrot et Ziva Avran, éd. Buchet Chastel / Caractères, 2008
Bon, c’est pas sérieux, je ne vais tout de même pas recommencer une troisième liste!
Je vous souhaite donc pour cette année 2010 de lire beaucoup de bons livres. Bonne année!
J-4 et on est en 2010. Je continue mon projet des 10 … israéliens de la décennie 2000-2009. Cette fois-ci la musique. Un choix très personnel, complètement subjectif et j’ai eu beaucoup de mal à me restreindre à 10. Les musiciens sont classés par ordre alphabétique.
Je me suis amusée à dresser une liste (j’aime beaucoup les listes, je passe mon temps à en écrire) sur mes 10 coups de coeur israéliens de la première décennie du XXIème siècle. Cette liste est complètement subjective et ne repose sur aucun sondage. J’ai eu du mal à faire des choix et donc il se pourrait que je vous livre une liste de mes 10 livres israéliens préférés de la décennie, des 10 musiciens israéliens que j’aime, des 10 films que je vous conseille etc.. Enfin, si j’ai le temps parce que demain je pars à Ein Gedi, sûrement l’un de mes 10 endroits préférés en Israël!
La galerie Dvir est l’une des galeries d’art contemporain les plus dynamiques et les plus pointues de Tel Aviv. Dvir représente des artistes israéliens comme Nelly Agassi, Eli Petel ou le photographe Pavel Wolberg mais aussi des artistes internationaux: Douglas Gordon, Lawrence Weiner ou Claire Fontaine. C’est à Claire Fontaine, l’artiste collective basée à Paris, que la Galerie Dvir a laissé carte blanche pour une exposition de groupe: Foreigners Everywhere, Etrangers partout que j’aiparticulièrement appréciée.
Celle-ci a fait appel aux artistes britanniques Damian Le Bas et Delaine Le Bas d’origine tzigane et au Suédois Karl Holmqvist qui vit à Berlin.
L’exposition explore les notions d’identité et d’appartenance. De la vidéo, de la sculpture, une installation, de la peinture.
Delaine Le Bas a installé une tente, un abri précaire habituellement aux marges de la société et de la ville qui se retrouve ici au centre de la salle d’exposition.
Damian Le Bas surimpose les symboles associés aux tziganes, comme la roulotte et le drapeau Rom, sur des cartes d’Israël et du Moyen-Orient
Damian Le Bas, The Crusade Kingdom of Romanys of Jerusalem, 2009, Le Royaume Croisé des Roms de Jérusalem (gauche)
Damian Le Bas, Travellers’ Holyland, 2009, La Terre promise des voyageurs (centre)
Damian Le Bas, Israel Gypsy Physical part 2, 2009, (droite)
Karl Holmqvist présente une vidéo I’LL MAKE THE WORLD EXPLODE, JE FERAI EXPLOSER LE MONDE
Claire Fontaine a réalisé avec Karl Holmsqvist une inscription en néon, THE WEEPING WALL INSIDE US ALL,
Le clip de l’Israélien Oren Lavie a été nominé pour le Grammy du meilleur clip musical. Les Grammy Awards sont les Oscars de la musique.
Ce clip intitulé « Her Morning Elegance » a été réalisé en Israël et a été vu au moment où j’écris
8 988 493 fois! Donc, presque 9 millions de fois.
« Oren Lavie est un compositeur, un chanteur et l’auteur de drôles de livres pour enfants tristes. Il a des cheveux bouclés, des yeux verts et des pieds particulièrement froids. Il est né en 1976, deux minutes en retard et il essaie de se rattraper depuis. » Je traduis en français sa présentation sur Myspace.
C’est drôle et intelligent. J’adore.
Une belle façon de commencer en musique la deuxième année de mon blog.
Je lui souhaite de tout coeur de gagner le 30 janvier 2010.
Commentaires les plus recents