Archive for the ‘Poème en partage’ Category
Haya Ester, des poèmes et des tableaux
Dimanche, février 7th, 2010
Coquillages, coques et guerre, un poème de Pnina Amit
Vendredi, novembre 6th, 2009
La semaine dernière, dans mon billet Blogueuse en Israel, le temps qui passe, la main qui écrit, je vous parlais d’une soirée de poésie pour le lancement du recueil de la poétesse Pnina Amit צדפים קונכיות ומלחמה , Coquillages, coques et guerre. Le livre est illustré par le peintre Moshe Kadishman. Esther Orner a traduit l’un des poèmes en français. Pnima Amit est elle-même traductrice, elle traduit de l’anglais des poèmes indiens.
J’avais envie de partager ce poème de langue hébraïque traduit en français avec vous.
Pnina Amit et Esther Orner m’ont donné l’autorisation de le publier sur Kef Israel en avant-première. Je les en remercie.
Coquillages, coques et guerre /Poème 25
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Matière à réflexion, un poème de Nathan Alterman
Vendredi, janvier 16th, 2009

Photo Rachel Samoul
Vendredi dernier, dans le עכבר העיר, le « Pariscope de Tel Aviv » et en traduction littérale, la « souris de la ville », proposait un poème de Nathan Alterman (Varsovie 1910,Tel Aviv 1970) l’un des plus grands poètes d’Israël. Ce poème a été publié dans הטור השביעי, la septième colonne, une chronique hebdomadaire qu’a tenu Nathan Alterman dans le journal דבר, Davar de 1943 à 1967. Il m’a semblé à ce point pertinent que j’ai entrepris avec mon amie Esther Orner, de le traduire.
Matière à réflexion
Supposons qu’un seul canon arabe,
un petit canon, sans valeur, tire à moitié éveillé
un seul coup de feu, un seul par semaine
sur la salle de rédaction des journaux.
Supposons que des rédacteurs se retrouvent
par hasard, en réunion, à leur retour le soir
et demandent : Quoi de neuf chez vous ?
et un interlocuteur répond : Rien de très grave…
La routine. Tout est calme.
Seul de temps en temps, en plein travail,
un tir de mortier sur le secrétariat de la rédaction.
A part ça, presque rien. Un avion, à basse altitude,
et à l’aube, quelques salves sur l’imprimerie.
Et un deuxième interlocuteur de dire: ici aussi,
aucune raison de se plaindre. Toutes les deux semaines à peine,
on tire d’un pauvre bazooka sur nous
directement dans nos fenêtres et nos portes.
Parfois, un obusier nous surprend.
On n’en fait pas toute une histoire.
Et le troisième de dire: oui, frères, ce serait mauvais
de réagir à des cas pareils.
Hier, chez nous, le plafond s’est presque effondré
mais bon.
Ainsi parlaient les rédacteurs, et mon cœur (dont
l’activisme n’est évidemment pas le fondement)
me murmure : vois, je suis presque convaincu
par leur réaction stoïque.
Seul le bruissement d’un léger doute me déconcertait:
la ligne d’argumentation resterait-elle la même
si notre journal se trouvait vraiment là-bas
et ne recevait seulement qu’un obus par semaine…
Un obus par semaine, – n’est-ce pas ? – et chaque jour
des salves isolées sur la salle de réunion
Il se peut qu’ils exigeraient alors, haut et fort,
d’en finir à tout prix avec chaque tir…
Il se peut qu’ils l’exigeraient sans aucune
réserve, qui connaît le cheminement de la pensée…
L’essentiel, quelquefois (on le sait déjà)
n’est pas l’activisme-oui ou l’activisme-non…
L’essentiel, c’est que loin des villes frontalières,
débattre en écrivant des ismes, c’est facile…
Ca a de l’influence. De l’influence sur la formation
des opinions. Mieux vaut une analyse claire et détaillée,
pourtant le point de vue du commentateur dépend sans doute
également de son poste d’observation.
Traduit de l’hébreu par Esther Orner et Rachel Samoul
Pour lire en français et en hébreu le poème le plus connu d’Alterman, Le Plateau d’argent
Shabbat Shalom
Kef Israel

