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Yoram Kaniuk, écrivain juif d’Israël

Yoram Kaniuk a reçu le prix littéraire 2010 de la Fondation France-Israël pour son livre Le dernier Juif qui vient de sortir en français dans une traduction de Laurence Sendrowicz aux éditions Fayard. Le prix lui a été remis mardi 9 mars 2010 à Paris par le ministre de la Culture, Frédéric Mitterand, en présence de la ministre de la Culture et des Sports israélienne, Limor Livnat, de Nicole Guedj, présidente de la Fondation France-Israël, de Serge Moati, président du Prix. Ce Prix est remis soit à un auteur israélien traduit en français, soit à un auteur français traduit en hébreu. Il a été attribué l’année dernière à Alain Mabanckou pour son roman Verre Cassé traduit en hébreu par Haguit bat Ada et publié aux Ed. Matar.

J’avais interviewé Yoram Kaniuk pour le mensuel L’Arche en janvier 2010.

Kaniuk_L'Arche Cult.

« Le Dernier Juif » de Yoram Kaniuk est un livre exigeant et foisonnant. La mystique juive, la Shoah, les relations avec l’Allemagne, les guerres d’Israël, le deuil, l’Amérique, la mémoire.  Il est construit sous la forme d’une suite de documents, d’enregistrements, de lettres comme si le tri n’avait pas été fait, comme un témoignage brut où s’entrelacent le trivial et le sacré, l’inutile et l’essentiel. Un livre dont on n’est pas sûr de bien comprendre le sens et qui fait douter. Un livre, qu’une fois terminé, on a envie de recommencer. Comme un rouleau, comme un livre juif.

Yoram Kaniuk, l’écrivain juif d’Israël

Yoram Kaniuk me reçoit dans son petit appartement au rez-de-chaussée d’un bâtiment Bauhaus de Tel-Aviv.

Votre livre, « Le Dernier Juif » vient d’être réédité en hébreu après 28 ans, vous l’avez écrit entre 1964 et 1981, et il sort en français chez Fayard, début 2010.

C’est un livre qui m’a suivi une grande partie de ma vie. En 1951, je suis parti à New York, dans le Lower East Side, c’était comme vivre dans un shtetel en Pologne, les librairies, les restaurants, les journaux comme le Forward, tout était en yiddish. Je devais partir, quitter Israël car je faisais encore des cauchemars de la guerre de 1948. C’est là-bas que je me suis intéressé à la Kabbale. J’avais une obsession pour la mystique juive. J’allais dans les bibliothèques, c’était avant l’internet. J’y ai découvert les messies, Aboulafia, Molkho qui, au XIIème siècle, demande au Pape de se convertir et surtout Joseph della Reina qui allait jouer un si grand rôle dans mon livre.

Je n’écrivais pas à l’époque, j’étais peintre. A l’âge de 28 ans, j’ai quitté la peinture et je suis revenu en Israël. J’ai tout fait dans ma vie, j’ai été barman, j’ai eu une usine de falafels congelés, j’ai été directeur de théâtre, j’ai été journaliste pendant 10 ans. Le Dernier Juif, c’était comme un cancer qui grandissait en moi. On est allé vivre à Morasha, une ma’abara de rescapés de la Shoah.  J’ai fait connaissance de mon voisin Gelbert et de sa femme. Il avait perdu ses deux enfants et sa première femme et sa femme avait perdu son mari et ses deux enfants. Il disait qu’il était le Juif qui avait vécu le plus longtemps à Auschwitz. Il réalisait de magnifiques objets en bois. Il a eu une grande influence sur moi. Pendant des années, il a vu des Juifs se transformaient en fumée. Il avait peur d’être le Dernier juif. C’est lui qui m’a inspiré la trame du livre.

La Shoah est très présente dans votre œuvre.

On a pris la famille de mon père et on les a fusillé devant une fosse, j’aurai pu être parmi eux. Mon père a réussi à persuader quelques membres de sa famille de le rejoindre. Mon grand-père est arrivé en 1938, il faisait des halot, des pains nattés du Shabbat, les meilleures que je n’ai jamais mangées.

Le destin des Juifs m’intéresse. Les nations nous admiraient et nous haïssaient de nous admirer. Elles n’ont pas voulu sauver les Juifs. Après la Grande révolte arabe, il y a eu le Livre Blanc, et les Britanniques ont fermé les portes de la Palestine. Aucun autre pays ne voulait des Juifs. Les Etats-Unis ont accueilli 500 réfugiés juifs pendant la durée de la guerre, c’est le nombre de Juifs qui a survécu à Berlin.

En Israël, on a fait de la révolte du Ghetto de Varsovie un emblème. Pour moi, les vrais héros, ce sont tous les Juifs qui ont survécu à la Shoah. Vivre cet enfer et survivre. Je suis tombé amoureux de ces Juifs. Je suis un sabra mais je racontais à mes amis que j’étais né en Allemagne.

L’un des sujets de votre livre est le lien, la dualité entre Israélien et Juif.

En 1949, j’accueillais les nouveaux immigrants. Pour eux, j’étais l’idéal de l’israélien. A l’époque, les Israéliens ne se sentaient pas juifs. Moshe Shamir, un grand écrivain a écrit un livre devenu culte : Elik est né de la mer. Moshé Dayan dans son autobiographie remonte au roi David, entre David et lui, il n’y a rien. Le sabra n’a aucune racine juive, il est sans passé.

Moi, je suis le sabra suprême. Ma mère est arrivée à Tel Aviv en 1910. Mes parents parlaient l’hébreu. Je suis né en 1930 et Bialik était mon parrain. Mon père a été le premier directeur du Musée de Tel Aviv. J’ai quitté le lycée à 16 ans pour combattre dans le Palmah. J’ai fait la guerre de 1948 où j’ai été blessé. On voulait tous être des héros. Pourtant, bien que né sabra, j’ai toujours voulu être juif.

Quand le livre est sorti la première fois, en 1982, on en a parlé mais peu. Aujourd’hui, les lecteurs sont enthousiastes, parce que les Israéliens veulent être juifs, comprendre pourquoi ils vivent ici.

Moi, je suis une minorité juive dans ma maison. Mes filles ont fait l’armée mais elles ne sont pas juives. Miranda, ma femme est américaine, mais elle est plus israélienne que la plupart des Israéliens. Elle parle un hébreu magnifique.

Un Juif pour moi, c’est quelqu’un qui veut partager le destin de ce peuple.

Vous avez dans « Le Dernier Juif » un rapport au temps très particulier.

En hébreu biblique, le présent n’existe pas. Dans « Le Dernier Juif », il n’y a pas de présent, seulement un passé et un futur. C’est une chronique juive où le temps est chamboulé. Evenezer, le personnage principal, est le premier bébé à naître dans un village d’Eretz-Israel, le premier sabra et il fait le voyage vers Auschwitz. Il va contre le sens du temps. C’est un retournement de situation, il va d’ici vers là-bas et pas le contraire et il devient le dernier juif dans un camp de concentration. Evenezer efface sa propre mémoire pour laisser de la place à la mémoire de tous les Juifs. Il emmagasine ainsi tout le savoir juif. Les Juifs, ce sont des gens dont la vie est mémoire. Sans les Juifs, le monde n’a pas d’histoire.

La mort est dans votre livre. Vous écrivez : Accoucher, c’est aussi creuser une tombe.

Je suis un pessimiste. On nait pour mourir, ce qui se passe entre les deux… Malheureusement, en Israël, il y a une culture de la mort. C’est un pays où les parents enterrent leurs enfants. J’ai donné mon corps à la science. Je sais de quoi je parle, je suis déjà mort (YK s’est retrouvé dans le coma, il y a 5 ans)

Plusieurs de vos livres ont été portés au cinéma et au théâtre. « Adam ressuscité » a été adapté par Paul Shrader au cinéma avec Jeff Goldblum.

Hollywood, c’est le fantasme des Juifs d’Europe de l’Est. Savez-vous que le légendaire producteur Sam Spiegel était venu s’installer en Palestine avant de devenir le producteur de African Queen et Laurence d’Arabie ? « Adam ressuscité » est un bon film, c’est un film fort. Je regrette seulement que le metteur en scène n’ait pas assez mis en évidence l’humour du livre. Les Juifs ont survécu grâce à leur sens de l’humour. D’ailleurs, aujourd’hui, les Arabes ont l’humour juif.

Vous avez écrit deux livres, « Le Dernier Berlinois » et « le Dernier Juif » mais vous avez intitulé l’un de vos articles,  « Le Premier de Tel Aviv ».

Je vais avoir 80 ans et je suis le plus vieux des écrivains de langue hébraïque qui soit né à Tel Aviv et qui y habite encore. Haïm Guri est plus âgé que moi mais il nous a trahi et il habite Jérusalem.

Je suis né à l’angle de la rue Balfour et de l’avenue Rothschild. Je suis un inconditionnel de Tel Aviv. La ville me rappelle le New York des années 50. C’est encore une ville où on peut marcher. Enfin, moi je ne marche plus. Une ville près de la mer, une ville laïque. Les orthodoxes de Tel Aviv savent se comporter pas comme ceux de Jérusalem.

Vous avez écrit plus de 20 livres, traduits dans plus de 25 langues, dont l’arabe et le chinois ; votre parrain a été Bialik, et pourtant vous n’avez pas, en Israël, la reconnaissance que vous méritez et vous n’avez jamais obtenu le Prix d’Israël.

Je ne suis pas un écrivain convenable. Les critiques n’ont pas su comment réagir devant mes livres, mon écriture. Maintenant, une nouvelle génération apprécie mes livres. Il me considère comme un écrivain-voyou, un écrivain-rocker. Pourtant, je ne supporte pas le rock. J’ai grandi avec de la musique classique. La neuvième de Beethoven. Pour mon père, les symphonies, c’était de la musique pour enfants. Quand j’ai écrit ce livre, j’entendais la neuvième. La symphonie m’a inspiré la composition du livre. Sauf que moi, j’écris sur les Juifs et lui était plutôt antisémite. Mais l’Ode à la Joie, c’est magnifique.

Propos recueillis par Rachel Samoul

Le dernier Juif, Yoram Kaniuk

Le dernier Juif de l’écrivain israélien Yoram Kaniuk a été écrit entre 1964 et 1981, l’année de sa première publication. L’année dernière, il a été réédité en hébreu. Le dernier Juif vient de sortir en français dans une traduction de Laurence Sendrowicz aux éditions Fayard.

Grâce à mon amie Marion, j’ai eu l’honneur de rencontrer Yoram Kaniuk et de l’interviewer pour l’Arche. Un homme fascinant.

Le Dernier Juif

Le dernier Juif est un livre foisonnant et exigeant, comme le sont les chefs d’oeuvre:

Une grande œuvre, c’est toucher aux fibres les plus douloureuses, une tentative de créer, de défier, de changer le monde et on venait lui dire: bravo, c’était très beau. Comme je le comprenais.

La dualité entre Juif et Israélien, la guerre,  la mémoire, le deuil, la mort des fils:

Aujourd’hui, je sais que ce qui s’écrit doit être écrit malgré la grammaire et non grâce à elle. Menahem est mort à tous les temps et à tous les modes, la douleur ne se mesure pas avec des virgules…

la Shoah, le judaïsme, le sionisme, la Kabbale, l’Amérique, les rapports entre Juifs et Allemands (c’est Gunher Grass qui a inspiré le personnage de l’écrivallemand), la Mort:

La mort ne défait pas le Juif. La vie, peut-être, le défera.

Une chronique juive où le Temps est malmené, chamboulé.

Une épopée de 620 pages qui vous laisse pantelant.

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J’avais beaucoup aimé aussi Le dernier Berlinois et je suis plongée dans la lecture de Ma vie en Amérique. Je vous en parle dés que j’ai fini de le lire.
Yoram Kaniuk sera à Paris au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, le 26 janvier 2010
Le  film de son livre Adam ressuscité, réalisé par Paul Shrader, produit par Ehud Bleiberg, avec Jeff Goldblum, William Dafoe, Derek Jacobi, Jenya Dodina, devrait sortir prochainement en France.

Mes 10 livres israéliens préférés de la décennie

Dernier mardi de l’année 2010! Dans mon projet Mes 10 …israéliens préférés de la décennie, voici les livres. Je n’ai pris en compte que les livres qui avaient été traduits lors de cette première décennie du XXIème siècle. Je dois dire que j’ai eu un mal fou à faire cette liste.  En effet, grâce au Salon du livre 2008 à Paris où la littérature israélienne était à l’honneur, de nombreux livres israéliens ont été traduits, tant des classiques comme Agnon, le prix Nobel de littérature israélien ou des nouveaux venus comme Ron Leshem et j’en ai lu beaucoup.

1. Agnon, A la fleur de l’âge, trad. par Laurent Shuman, Gallimard, 2003

2. Aharon Appelfeld, Histoire d’une vie, roman, trad. par Valérie Zenatti, L’Olivier, 2004 ; Points poche, 2008

3. Gabriela Avigur-Rotem, Canicule et oiseaux fous, roman, trad. par Ziva Avran et Arlette Pierrot,  Actes Sud, 2006

Détails sur le produit

4. Yehoshua Kenaz, Infiltration, trad. par Rosie Pinhas-Delpuech, 10/18, 2006

5. Etgar Keret, Crise d’asthme,  trad. par Rosie Pinhas-Delpuech, Actes Sud, 2002, Babel n°703

6. Ron Leshem, Beaufort,  trad. par Jean-Luc Allouche, éd. du Seuil, 2008

7. Esther Orner, Une année si ordinaire, Metropolis, 2004

8. Amos Oz, Une histoire d’amour et de ténèbres, trad. par Sylvie Cohen, Gallimard, 2004 ; Folio n°4265, 2005

9. Zeruya Shalev, Mari et femme, trad. par Laurence Sendrowicz, Gallimard, 2001

10. A.B. Yehoshua, La Mariée libérée,  trad. par Francine Lévy & Clarisse Cohen, Calmann-Levy, 2003 ; Le livre de poche n° 30396, 2005

Je ne suis pas satisfaite. Je vais donc tricher un peu, il y a trop de livres que j’ai aimé, voilà encore une liste de 10 livres israéliens:

1. Meir Shalev, Le Pigeon voyageur, trad. par Katherine Werchowski, Editions des Deux Terres, 2009

2. Yoram Kaniuk, Le dernier Berlinois, Fayard, 2003

3.  Benny Barbash, My first Sony, Zulma, 2008

4. Alona Kimhi, Suzanne la pleureuse, trad. par Rosie Pinhas-Delpuech, Gallimard, 2003

5. Orly Castel-Blum, Textile, trad. par Rosie Pinhas-Delpuech, Actes sud, 2008

6. Eshkol Nevo,  Quatre maisons et un exil,  trad. par Raïa Del Vecchio,  Gallimard, 2008

7. Amir Gutfreund, Les gens indispensables ne meurent jamais,  trad. par Katherine Werchowski, Gallimard, 2007

8. Boris Zaidman, Hemingway et la pluie des oiseaux morts, trad. par Katherine Werchowski, Gallimard, 2008

9. Sayed Kashua, Et il y eut un matin,  trad. par Sylvie Cohen et Edna Degon,  L’Olivier, 2006

10. David Grossman, L‘enfant zigzag, trad. par Sylvie Cohen, Seuil, 2004, Points poche n°1184, 2008

C’est incroyable mais j’ai beaucoup aimé aussi:

Savyon Liebrecht, Un toit pour la nuit, nouvelles, trad. par Joëlle Marelli, Fabienne Bergmann et Arlette Pierrot et Ziva Avran, éd. Buchet Chastel / Caractères, 2008

Bon, c’est pas sérieux, je ne vais tout de même pas recommencer une troisième liste!

Je vous souhaite donc pour cette année 2010 de lire beaucoup de bons livres. Bonne année!

Lire aussi Mes 10 coups de coeur israéliens de la décennie

et Mes 10 musiciens israéliens de la décennie

Tel-Aviv et Paul Celan dans la revue Continuum

Le sixième numéro de Continuum, la revue des Ecrivains Israéliens de Langue Française vient de sortir.

J’ai eu le plaisir de faire partie du comité de rédaction, avec Marlena Braester et Esther Orner.

couverture Continuum

Pour fêter le centenaire de Tel Aviv, des textes en prose sur la ville dans  Regards sur Tel Aviv et des poèmes traduits de l’hébreu ainsi que des poèmes écrits directement en français dans la rubrique  Tel-Aviv en poèmes.

La revue propose aussi un Hommage à Paul Celan.

Paul Celan (23 novembre 1920, 20 avril 1970) le poète a prononcé un discours lors de son unique passage en Israël le 15 octobre 1969, le Discours de Tel-Aviv. On trouve le magnifique texte, traduit de l’allemand en français, dans la revue.

Dans le cadre du Salon de la Revue à Paris, la revue CONTINUUM propose:

le dimanche 18 octobre, de 12 h à 13h un entretien AUTOUR DE PAUL CELAN: avec la participation de Marlena Braester, John E. Jackson, Esther Orner, Philippe Païni, Jose Luis Reina Palazon, Jean Portante, Simone Wiener-Bentata.

Espace des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du Temple Site du Salon: www.entrevues.org

Continuum Année de création : 2002

Prix de vente: Europe, 15 euros  Israël 50 NIS

Pour commander la revue: braester@bezeqint.net

La revue est publiée avec le soutien de l’ambassade de France en Israël -Institut français de Tel-Aviv- Programme Eliezer ben-Yéhouda

Lire aussi

Hommage à Henri Meschonnic et Israël vue sur mer textes parus dans la revue Continuum, numéro 5, pour l’année 2007/2008.

Le pigeon voyageur de Meïr Shalev

Mon amie Nathalie, actuellement dans l’avion pour rentrer à la maison, m’a prêté  Le pigeon voyageur de Meïr Shalev, publié aux Editions des deux terres, en avril 2009 et traduit par Katherine Werchowski. Il était sorti en Israël en 2006 sous le titre יונה ונער, Le pigeon et l’adolescent

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C’est une réflexion sur la notion de foyer, sur ce qu’est une maison.

יונת דואר, yonat hadoar, le pigeon de la poste en hébreu, le pigeon voyageur en français, homing pigeon en anglais. Trois langues et pour chacune, l’accent est mis sur des notions différentes, l’hébreu privilégie la fonction, le pigeon fait office de facteur;  le français, la notion de déplacement et l’anglais le fait que ce pigeon ne sait faire qu’une chose, retrouver sa maison, en l’occurrence son pigeonnier.

Le livre a été un véritable best-seller en Israël, il s’est vendu à 100 000 exemplaires.

Deux histoires distinctes au début se rejoignent à la fin. Une histoire d’amour entre deux jeunes adolescents, tous les deux colombophiles en 1948, elle au zoo de Tel Aviv, lui dans un kibbutz qui se font des déclarations par pigeon interposé, se mêle à l’histoire du narrateur, elle-même construite sur plusieurs plans, son présent de guide spécialisé dans l’accompagnement d’ornithologues et des réminiscences d’un passé lointain, ses souvenirs d’enfance, son passage de Tel Aviv à Jérusalem, et d’un passé plus proche,  la perte de sa mère qui lui a enjoint avant sa mort de se trouver une maison.

Il semble que Meir Shalev explore, avec talent, le symbole du pigeon voyageur dans les trois langues.

Un petit extrait:

Parfois, avec mes yeux sombres et rapprochés, mon désir d’errance et ma peur des voyages, mon recours à la prière et ma crainte en même temps qu’elle ne soit exaucée, j’ai le sentiment d’être le seul Juif de la famille.

Un excellent livre pour les voyages!

Tel Aviv à la Foire du livre de Bruxelles-Premières impressions

Je reviens tout juste de la Foire du Livre de Bruxelles où Tel Aviv était à l’honneur sur le stand 237 et où avec Agnès Bensimon, nous avons été en immersion totale! Bon courage Agnès jusqu’à ce soir!

Tel Aviv se livre, Foire du livre de Bruxelles 2009

Tel Aviv se livre, Foire du livre de Bruxelles 2009

La photo de la piscine Gordon prise en 1957 par Rudi Weissentein de la Tsalmania Pri-Or a eu un grand succès. Un visiteur a trouvé qu’elle ressemblait presque aux planches du livre Où est Charlie!

On a été ravies que grâce à Alexia, les jeunes étaient au rendez-vous.

On a été heureuses de conseiller nos coups de coeur, A la fleur de l’âge d’Agnon, Voir ci-dessous amour de David Grosman, Textile d’Orly Castel-Blum, les livres d’Esther Orner, les nouvelles de Savyon Liebrecht, la poésie de Yehouda Amihaï et bien d’autres.

On a bien ri quand un lecteur a découvert que l’Imagerie Français-Hébreu chez Fleurus, par ailleurs très bien faite, avait une page intitulée Chez le boucher où on pouvait apprendre à dire en hébreu jambon, saucisson et autres cochonailles.

On a presque pleuré quand l’auteur Karine Tuil est venue nous prévenir qu’elle avait été verbalement agressée en tant que juive par un antisémite à l’anorak rouge.

On a apprécié de faire la connaissance d’Irène Cohen-Janca qui a écrit un magnifique album intitulé Les arbres pleurent aussi aux éditions Rouergue (j’y reviendrai dans un prochain billet)

On s’est réjouies de tenir salon avec tous les amis qui sont venus nous soutenir.

Et surtout, on a été soulagées, car malgré les prévisions pessimistes,

la plupart des visiteurs nous ont fait part du plaisir qu’ils ont eu à lire Histoire d’amour et de ténèbres d’Amos Oz,

de leur indignation quand il a été question d’annuler l’exposition sur la Ville Blanche, (qui aura lieu du 1er avril – ce n’est pas un poisson d’avril -, au 31 mai au CIVA hors les murs à L’Espace-Architecture La Cambre, plage Flagey)

de leur emballement pour le film Valse avec Bachir,

et tout simplement de leur sympathie.

Portraits d’écrivains à Tel Aviv

L’exposition Portraits: Close up tel-avivien se déroule du 5 février au 31 mars 2009 à Beth-Ariela, la bibliothèque municipale de Tel Aviv dans le cadre des événements du centennaire de Tel Aviv. Aviva Even Zohar a photographié 31 écrivains et poètes qui ont tous un lien particulier avec Tel Aviv, soit qu’ils résident dans la ville, soit qu’ils aient écrit sur elle. On y retrouve Amos Oz, Yehudit Katzir, Roni Somek, Savion Liebrecht, Maya Bejerano, Orly Castel Blum.

Amos Oz à Tel Aviv

La bibliothèque Shaar Sion, a été créé en 1922 à Jaffa et se trouve dans sa résidence actuelle, Beit Ariela, près du musée de Tel Aviv depuis 1977. C’est la bibliothèque centrale de la municipalité de Tel Aviv qui comporte un réseau de 25 bibliothèques.

Si vous n’avez pas l’occasion d’aller à Tel Aviv, retrouvez les livres de ces auteurs sur le stand Tel Aviv se livre à la Foire du livre de Bruxelles du 5 au 9 mars 2009. Je vous y attends aussi (jusqu’au 8 mars) pour vous parler de littérature israélienne et vous livrer ma Tel Aviv.

ספריית « שער ציון » – בית אריאלה Beit Ariela    Sderot Shaul Hamelech 25

Tel : 03-6910141/5