Quand Dan, mon fils, m’a annoncé que son ami Dotan venait d’être papa, j’ai fondu en larmes. Je les revoyais tous les deux, jouant comme deux petits garçons curieux. Le fils de Dotan s’appelle Abir, אביר un nom biblique, qui viendrait d’un mot qui veut dire aile.
Une semaine après, quand à Bruxelles, je suis allée voir l’exposition de Julie Schamisso, j’ai de nouveau fondu en larmes. Comment cette petite fille que j’avais tenue dans mes bras, dont j’aimais les joues rouges, avait peint ces peintures-là? J’en avais déjà vu quelques-unes mais ses oeuvres exposées ensemble dans un cadre officiel révèlent la force de son talent. Et elle a seulement 24 ans.
C’est vrai, je vous l’avoue, j’ai la larme facile; mes proches se moquent volontiers de moi à ce sujet. C’est vrai, ce billet n’a rien à voir avec Israël mais il a beaucoup à voir, avec cette notion de kef, de plaisir de vivre, le plaisir de voir nos enfants et ceux de nos amis déployer leurs ailes, prendre leur envol et réaliser leurs rêves.
Merci Julie!
L’exposition se déroule jusqu’au 20 décembre à la galerie Les Arts, rue du Bailli 43, 1050 Bruxelles
du mardi au samedi de 10h à 18h30 Tel: 02 6465459 lesarts@gmail.com
Je suis pour la semaine de Hanoucca en vacances à Bruxelles et l’un de mes plaisirs, c’est d’acheter des magazines en français dont le ELLE BELGIQUE, page 198. Et dans le ELLE du mois de décembre, miracle de Hanoucca, il y a un article intitulé:
Pourquoi pas les fêtes à Tel Aviv?
Et dans cet article, il y a un encart intitulé:
LES PLANS SORTIE DE SARAH, BLOGGEUSE ARTY
Bravo Sarah!
Voici donc quelques bonnes adresses où sortir la nuit à Tel Aviv:
Apartement 98, musique du moment dans un immeuble à appartements. Un des meilleurs endroits pour danser
Dizengoff 98
Breakfast Club, musique électro et beaux gosses de Tel Aviv
Sderot Rotshild 6
Je m’arrête là, j’attends un billet plus détaillé sur OHSOARTY que je traduirai.
Lazard Perez est le père de mon amie Joëlle. Je le respecte et je l’aime énormément. Il a écrit ce texte qui m’a beaucoup touchée. J’avais envie de le partager avec vous.
Il est étrange que ceux-là même qui critiquent des visites occasionnelles de jeunes juifs arborant le drapeau israélien à Auschwitz ne disent mot de la présence, par contre permanente depuis juillet 1988, c’est-à-dire depuis plus de vingt ans, d’une croix monumentale sur le site d’Auschwitz.
Il est étrange que ceux-là même qui, avec superbe, déclarent qu’il s’agit en l’occurrence « d’un élan de nationalisme qui porte atteinte à la signification même de ce site » ignorent la réalité de ce qui se passe en ce moment à la direction du musée d’Auschwitz.
Monsieur CYWINSKI, qui a succédé à Monsieur WROBLESKI, atteint par la limite d’âge, est un catholique intégriste convaincu, doublé d’une orientation nationaliste polonaise bien définie. Auschwitz est en Pologne, et la Pologne se doit d’honorer en priorité ses martyrs polonais.
Les tenants d’une orientation dissolvante connaissent-ils la réalité d’aujourd’hui à Auschwitz ? Et celle de l’histoire d’Israël ?
En 1948, j’ai rejoint l’armée d’Israël lors de la Guerre d’Indépendance. Versé dans une unité de jeunes « Sabras » issus du Palmach, je fus accueilli avec une certaine sympathie à laquelle était assortie, d’une manière inattendue pour moi, une méfiance certaine. Parce que je représentais pour eux un membre du Judaïsme de la Galouth qu’ils rejetaient avec force :celui qui, selon leurs dires, s’était laissé conduire à l’abattoir sans réagir …
J’étais trop jeune, à seize ans et demi, pour argumenter sur ce sujet. D’autant plus que j’appréciais mes nouveaux camarades. Dans les conditions extrêmement précaires dans lesquelles nous nous trouvions, j’estimais qu’il valait mieux en effet, pour conserver le moral indispensable, se croire être des supermen pour qui tout est possible.
Oui, n’en déplaise à certains, nous avons fait preuve à cette époque de nationalisme. Nous le revendiquons. Tout comme Moïse en son temps. Et ce n’est pas sans raison que nous, les combattants de 1948, croyons avoir été quelque peu les Moïse de notre époque pour avoir eu l’incroyable privilège de sortir notre peuple de deux mille ans de servitude.
Appelé par le Gouvernement belge à attribuer les subsides qu’il avait accordé au Musée d’Auschwitz, à l’instar d’autres pays européens, le comité « Sauvegarde d’Auschwitz » m’avait chargé de contrôler sur place les chantiers de rénovation de bâtiments et baraquements entrepris avec les fonds mis à la disposition du Musée.. A raison de quatre fois par an, conformément aux clauses de l’Arrêté Royal régissant notre a.s.b.l. Et ce, pendant une douzaine d’années. Je pense être de ceux qui, parmi les représentants de notre communauté, se sont rendus le plus souvent à Auschwitz et en connaître bien tous les arcanes. Mais quel que soit le nombre de présences à Auschwitz, le même sentiment de désespérance, de dépression est toujours ressenti. Il n’a pu être contrebalancé pour moi que par la rencontre occasionnelle, au détour d’une allée, d’un groupe de jeunes israéliens arborant le Maguen David.
Quel bonheur ! Quelle merveilleuse réponse à l’entreprise d’extermination nazie ! Au-delà des discours, au-delà des écrits, au-delà des reportages, c’est la seule, je dis bien la seule réponse réellement significative. Surtout qu’elle se double du revirement total de la jeunesse israélienne dans sa perception de la Shoah par rapport avec celle que j’avais connue en 1948.
Aussi, marquant un temps d’arrêt dans mes préoccupations « professionnelles » sur le terrain, à Auschwitz, je m’isole à l’écart dans l’allée, je regarde passer le groupe de jeunes et leurs drapeaux. Je savoure ce moment précieux et, je l’avoue, les larmes me montent aux yeux …
Oui aux drapeaux qui claquent à Auschwitz. Et que Dieu fasse que cela puisse perdurer éternellement.
Aprés 15 ans d’interruption, le Marathon de Tel Aviv a repris la route en grandes pompes (!) pour fêter le centenaire de Tel Aviv-Jaffa. Le départ a été donné ce matin près du parc Charles Clore. J’ai été réveillé ce matin, tout d’abord par le silence inhabituel, les voitures ne pouvaient arriver puis par les hauts-parleurs. Donc, sur le chemin de l’école, nous avons assisté au départ des différentes courses, les 42 kilomètres, les 10 kilomètres puis les cinq. 1100 personnes participaient au marathon proprement et près de 10 000 coureurs pour les autres parcours.
Une ambiance de fête et de sport, avec la Méditerranée en arrière-plan.
Le Marathon de Tel Aviv s’est couru de 1981 à 1994. Espèrons qu’avec cette édition du centenaire, la ville renouera avec cette bonne habitude.
C’est Richard Gomez du Kenya qui a gagné. Kol Hakavod à tous les participants!!!
Mes remerciements à mon cameraman préféré Charles Peguine
Donc, ce matin, c’était la fête à TLV mais hier soir aussi! Il y avait sur la place Rabin, un grand concert avec notamment les Balkan Beat Box pour célébrer Earth Day. L’électricité a été coupée pendant une heure et ce sont des douzaines de cyclistes qui ont pédalé pour créer de l’electricité, couplant leurs efforts à un générateur fonctionnant au biodiesel créé par de l’huile de friture de….falafels!!!
Sarah y était et a fait un magnifique reportage sur OH-SO-ARTY,
L’histoire de cette exposition n’est pas anodine. Bien que certaines personnes malintentionnées aient tout fait pour l’annuler, elle a finalement lieu et ce n’est pas un poisson d’avril, malgré la date de l’ouverture!
De plus, c’est vraiment une date festive car c’est le 1er avril 1919 que fut fondée officiellement à Weimar l’école du Bauhaus, avec à sa tête Walter Gropius, et dont la devise était L’art et la technique, une nouvelle unité.
Plus qu’une école, le Bauhaus était un mouvement révolutionnaire, une nouvelle façon d’envisager non seulement l’art et l’architecture mais aussi le quotidien.
Donc chers amis de Belgique, vous pouvez fêter le 90ième anniversaire du Bauhaus, le 1er avril et le centenaire de Tel Aviv (les festivités à Tel Aviv commencent le 3 avril) en allant à cette expo! Tout en affirmant que les censeurs ont toujours tort!
Pour suivre toutes les péripéties autour de l’exposition:
Telavivdeclick est un blog sur Tel Aviv animé par Emma Mrejen. Quand j’habitais encore à Bruxelles, je lui rendais visite régulièrement pour ressentir de loin l’ambiance de Tel Aviv. Emma Mrejen est photographe, elle a le regard incisif et sait par un détail incongru recréer tout un vécu. C’est le Tel Aviv côté cour, ce Tel Aviv un peu délabré et pas fini où tout est en mouvement perpétuel.
Je reviens tout juste de la Foire du Livre de Bruxelles où Tel Aviv était à l’honneur sur le stand 237 et où avec Agnès Bensimon, nous avons été en immersion totale! Bon courage Agnès jusqu’à ce soir!
Tel Aviv se livre, Foire du livre de Bruxelles 2009
La photo de la piscine Gordon prise en 1957 par Rudi Weissentein de la Tsalmania Pri-Or a eu un grand succès. Un visiteur a trouvé qu’elle ressemblait presque aux planches du livre Où est Charlie!
On a été ravies que grâce à Alexia, les jeunes étaient au rendez-vous.
On a été heureuses de conseiller nos coups de coeur, A la fleur de l’âge d’Agnon, Voir ci-dessous amour de David Grosman, Textile d’Orly Castel-Blum, les livres d’Esther Orner, les nouvelles de Savyon Liebrecht, la poésie de Yehouda Amihaï et bien d’autres.
On a bien ri quand un lecteur a découvert que l’Imagerie Français-Hébreu chez Fleurus, par ailleurs très bien faite, avait une page intitulée Chez le boucher où on pouvait apprendre à dire en hébreu jambon, saucisson et autres cochonailles.
On a presque pleuré quand l’auteur Karine Tuil est venue nous prévenir qu’elle avait été verbalement agressée en tant que juive par un antisémite à l’anorak rouge.
On a apprécié de faire la connaissance d’Irène Cohen-Janca qui a écrit un magnifique album intitulé Les arbres pleurent aussiaux éditions Rouergue (j’y reviendrai dans un prochain billet)
On s’est réjouies de tenir salon avec tous les amis qui sont venus nous soutenir.
Et surtout, on a été soulagées, car malgré les prévisions pessimistes,
la plupart des visiteurs nous ont fait part du plaisir qu’ils ont eu à lire Histoire d’amour et de ténèbres d’Amos Oz,
de leur indignation quand il a été question d’annuler l’exposition sur la Ville Blanche, (qui aura lieu du 1er avril – ce n’est pas un poisson d’avril -, au 31 mai au CIVA hors les murs à L’Espace-Architecture La Cambre, plage Flagey)
de leur emballement pour le film Valse avec Bachir,
Actuellement à Bruxelles, en face du Palais Royal, sur les grilles du Parc Royal, sont étendus trois larges bâches quadrillées avec des photos d’identités de visages d’inconnus. Le calicot est long et si on se donne la peine, on découvre, une photo du Musée Bellevue, qui se trouve en face avec les mots
TRANSPORT XX, Malines- Bootmeerbeek -Auschwitz
Aucune explication. Rien. Un papier plastifié accroché à l’un des barreaux des grilles indique qu’il faut se rendre au Musée Bellevue pour une feuille explicative.
J’y suis allée avec des amis et avec Anaël et Emilie respectivement 10 ans et 10 ans et demi.
Joëlle qui était allée chercher la fameuse feuille explicative, est revenue 20 minutes après parce qu’il n’en restait plus et qu’il fallait en photocopier des nouvelles.
Nous avons pris le temps de regarder, de dévisager. Et c’est ce regard qui a essayé d’isoler chaque visage, qui leur a redonné une identité. Pas un regard en passant, mais un long regard qui permet d’isoler chacun de son voisin. Alors, au lieu de la masse informe de visages qu’on voit au premier coup d’oeil, comme donnée en pâture au promeneur non informé, on distingue quelqu’un, une personne.
La présence des enfants a encore accentué la qualité du regard.
Elles ont cherché des enfants de leur âge et il y en avait.
Elles ont cherché des bébés et il y en avait. Une fois Joëlle revenue avec la feuille explicative, nous avons lu que le bébé le plus jeune de l’histoire de la déportation des Juifs de Belgique se trouvait dans ce convoi, il avait trois semaines.
Elles ont demandé, qui a pu sauter du train, qui a été mis au travail, qui dans les douches?
Pour cette femme dont le regard nous a ému, nous n’avons pas su répondre.
Depuis le début de la réaction de l’armée israélienne aux tirs incessants du Hamas sur la population civile du sud d’Israël, j’ai un dilemme. Dois-je continuer à écrire sur mon blog, comme si de rien n’était, sur les bons restaurants de Tel Aviv, les expositions et la vie culturelle en Israël et rester fidèle à mon projet ou rendre compte des événements ici, compter le nombre de Qassam sur Sdérot et maintenant de roquettes de type Grad à portée beaucoup plus longue qui tuent et blessent des civils à Ashkelon ?
Ce n’est pas seulement mon dilemme mais le dilemme de tous les Israéliens en temps de guerre.
Faut-il arrêter de vivre parce qu’il y a la guerre dans le nord, le sud ou des attentats à Jérusalem et Tel Aviv?
Le choix des Israéliens est le choix de la vie parce qu’il faut travailler, rire et distraire les enfants pendant les vacances. C’est une impression bizarre, continuer à vivre normalement alors que rien n’est normal.
Et c’est ce que je continuerai à faire tout en vous donnant de temps en temps mes impressions sur la situation, vue de Tel Aviv, à 64 km d’Ashkelon.
Je vous conseillerai cependant un blog fait par des adolescents du Sud d’Israël sur leur vie quotidienne sous les roquettes, en hébreu. http://joinmylife.co.il/ Rendez-leur visite si ce n’est que pour les encourager.
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