48e et 49e jours – Pour que ce soit pire ?

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48e jour – 24 août 2014 – Roquettes sur le Nord d’Israël

Hier soir, Anaël m’a demandé alors qu’elle partait camper avec des amies au bord du Lac de Tibériade s’il y avait des risques de sirènes. Je lui ait dit que non, et, sur le ton de la plaisanterie, seulement si le Hezbollah décide d’envoyer des missiles.  Au réveil, j’apprends que cette nuit des roquettes ont été tirées sur le Nord d’Israël du Liban et de Syrie.

Journée de deuil

A neuf heures, c’est l’enterrement du petit Daniel. J’ai du mal à commencer ma journée, ma semaine. Je me plonge donc, la seule chose que je sois capable de faire, dans la lecture des journaux sur Internet. Ce qui ne va pas améliorer mon état d’esprit. Je lis l’histoire de Yehouda Haisraeli, un soldat blessé et dans le coma depuis trois semaines, dont la femme vient d’accoucher d’un petit garçon.

A la radio, j’entends la mère de Daniel qui prononce son oraison funèbre. Elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas qu’elle est dans un cimetière pour se séparer de son fils. Le soir, aux informations, je vois l’enterrement. J’ai la larme facile. C’est une caractéristique familiale. Quand, Dan et Sarah allaient à l’école maternelle en Israël et que je venais assister aux fêtes de fin d’année, ils s’énervaient parce que je ne chantais pas vraiment les chansons pour deux raisons, je chante terriblement faux et je ne connaissais pas les paroles. J’ai appris au fur et à mesure qu’ils grandissaient. Et ils s’étonnaient de me voir pleurer. J’ai un drôle de réflexe, je pleure à chaque fois que je vois des enfants chanter en hébreu. Parce que je ne peux pas m’empêcher de voir, à travers eux, le million et demi d’enfants massacrés pendant la Shoah. On va m’accuser de tout mélanger, de me servir de ces enfants pour faire de la propagande sioniste. Mais, c’est ainsi que je me sens et mes pleurs pour Daniel ne veulent pas dire que je ne pleure pas pour les enfants de Gaza et que je n’ai pas d’empathie pour la douleur de leurs familles. Je me souviens d’une citation de Charlie Chaplin que j’ai vu passer sur Facebook : J’aime marcher sous la pluie car personne ne peut voir mes larmes. Seulement, il ne pleut presque jamais l’été en Israël.

Pour que ce soit pire ?

Une détonation vers midi sans alarme. Je ne réagis même pas.
Dans l’après-midi, le Hamas tire un obus de mortier sur le passage d’Erez, le point de passage ouvert entre Israël et la bande de Gaza alors que l’une des revendications du Hamas est la levée du blocus. Trois chauffeurs de taxi israéliens arabes et druzes venus chercher un groupe d’habitants de Gaza pour qu’ils soient soignés en Israël sont blessés dont l’un grièvement. Le Hamas revendique l’attaque et dit avoir tiré quinze obus sur le passage. Pour que ce soit pire ? Suite à l’attaque, le passage est fermé.

Toute la journée, attaques de mortiers contre les localités proches de la frontière. Le soir, la sirène retentit à Jérusalem. Interception par le Dôme de Fer. Merci le Dôme de Fer.

Thérapie maritime

Cette journée a été dure. En ces temps troublés, ma thérapie, c’est la mer et le coucher de soleiL

 

Des réfugiés en Israël

Suite à la mort du petit Daniel, la plupart des familles quittent de nouveau les localités du Sud. Des kibboutzim les accueillent dans le Nord ou ils logent chez de la famille ou des amis ou ils vont à l’hôtel. Des réfugiés en Israël. Les parents de Daniel ont annoncé qu’ils ne reviendront jamais dans leur kibboutz, dans leur maison.

Trente jours depuis la mort du soldat Oron Shaul. Une cérémonie en son honneur, un stade de football prend son nom. Oron Shaul n’a pas de sépulture. Son corps est aux mains du Hamas.

Cet été, le monde du cinéma est en deuil. C’est au tour de l’acteur et réalisateur Richard Attenborough de nous quitter, l’inoubliable docteur de Jurassic Park et le réalisateur de Gandhi. Comme on est loin de la non-violence.

Plus de 126 roquettes et d’obus de mortier ont été tirés ce 48e jour sur Israël.

49e jour – 25 août 2014 – Sirène de bon matin

A peu près 8 heures du matin, bonjour Tel Aviv ! Sirène et boum pour commencer la journée. On annonce que c’était une fausse alarme. En tous cas, j’ai entendu un boum mais j’ai peut-être rêvé. 

Le quotidien

J’essaye de vivre ma vie. Nous sommes invités, Charles et moi, à un petit déjeuner à l’hôtel The Norman qui va ouvrir bientôt et qui va servir notre thé. C’est délicieux. De là, nous marchons vers le travail. J’essaie de me déconnecter, de me consacrer à la préparation de la boutique pour Rosh HaChana, dans un mois exactement.

Les attaques se succèdent sur les localités frontalières et surtout des tirs d’obus de mortier contre lesquels il n’y a pas encore de parade. Le Dôme de Fer ne peut rien. C’est l’enfer.

Dans l’après-midi, une roquette sur Ashdod. Des débris tombent sur un centre commercial. Par miracle, pas de victimes. Vers 8 heures, une attaque sur le Centre d’Israël. Pas de sirène sur Tel Aviv. Mais j’entends les déflagrations.

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