Israël : 4e jour – La vie quotidienne sous les missiles

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Dans le Sud d’Israël

Malheureusement, je dois écrire une nouvelle page de mon « journal de guerre ». A Tel Aviv,  la nuit a été calme ce qui n’a pas été le cas à Haïfa ni bien sûr dans le Sud du pays. Mon amie Stéphanie Courouble Share d’Ashdod a écrit sur Facebook : Good morning Israel ! Un réveil avec trois alertes, cela devient notre routine. On s’arrête dans notre petit déjeuner, on va à l’abri sans courir (on s’habitue), On revient après 10 mn à avoir fait rire les enfants dans l’abri et on continue notre repas. Forte explosion avec de la fumée noire ! Pourvu que personne ne soit blessé.

Et deux heures plus tard :

Ami(e)s ashdodien(ne)s, comment allez vous ? 
Moi, je deviens claustrophobe, j’ai une boule à l’estomac en permanence.
Mais je pense qu’en 2009, on n’avait pas le dôme de fer et on est resté un mois enfermé ! Alors patience et force !

Elle est un exemple pour moi parce que la fréquence des attaques sur Tel Aviv n’a rien à voir avec celles sur le Sud d’Israël.

Et je pense aussi aussi aux civils de Gaza. Cela doit être l’enfer.

Décisions quotidiennes

Hier et avant-hier, on a eu une alarme autour de 8 heures du matin alors je m’attendais qu’on en ait une à la même heure. Je prends donc très rapidement ma douche. En effet, que faire si la sirène a lieu pendant la douche ? Aurais-je le temps de me sécher et de m’habiller avant de descendre dans la cage d’escaliers. Bonne surprise : pas d’alarme. Je vais donc faire mon marché au Shouk HaCarmel. Je veux d’abord aller chez mon fromager mais là un nouveau dilemme : vais-je traverser le parking en diagonale où il n’y a pas d’endroit pour se protéger ou faire un détour en prenant des ruelles ? J’opte finalement pour le parking et je me sens trés courageuse. Achat de très bons fromages: Les fromages d’Avi, c’est une excellente adresse. Malheureusement Yogev est triste non pas à cause de la situation mais parce qu’il vient de perdre son père.

Changement d’humeur chez mon légumier qui lui-aussi a décidé de résister. Il chante.

L’inquiètude

A peine rentrée à la maison, nouvelle alerte. Comme on s’habitue, je suis plus décontractée mais l’intensité du boum m’effraie. Et pas de nouvelles d’Anaël. Elle me racontera plus tard qu’elle a eu le temps de voir arriver les débris du missile éparpillés par le Dôme de Fer avant de se mettre à l’abri. Très vite, Dan nous envoie une photo et c’était vraiment près.

débris

On continue à résister

Je rejoins Sarah qui avait organisé une conversation avec l’artiste Irit Tamari à l’hôtel Brown mais la plupart des gens se décommandent. C’est dommage. On décide de continuer la résistance en prenant un excellent cocktail au nom évocateur Orient Express. Il est midi, c’est un peu tôt pour ce genre de boisson , je l’avoue.

Sarah cocktail

Sur le chemin du retour, je passe par le quartier yéménite et le vendeur de café est en train de donner un concert. Décidément, les Israéliens n’arrêteront pas de chanter :

Shabbat Shalom, Shabbat paisible

Je souhaite un Shabbat Shalom à tous. Qu’il soit vraiment paisible. Un Shabbat Shalom à tous les héros et les héroïnes d’Israël, aux parents qui amènent leurs enfants à la crèche, aux enfants qui ne devraient pas connaître cette réalité là, aux personnes âgées qui doivent faire attention de ne pas tomber en courant vers l’abri, à tous les civils d’Israël et aux soldates et aux soldats d’Israël qui sont les enfants, les mères, les pères, les épouses, les maris, les soeurs et les frères des civils d’Israël avec une pensée toute particulière pour mon héros personnel, mon neveu Idan.

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