Israël : 10e jour – La vie sous les missiles

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En ce 10e jour, le lever de soleil sur Tel Aviv était magnifique :

leverguerre

 

Mon amie d’Ashdod a résumé sur son statut Facebook ces 10 jours sous les missiles :

Les bonnes nouvelles de 10 jours à la maison 
– E. (11 ans, dans quelques jours) sait maintenant contrôler mon ordinateur avec sa tablette. Le summum du pouvoir !
– M. (10 ans bientôt) a monté un site de bracelets en élastique. On le peaufine avant de vous montrer.
– Y. (7 ans) sait coudre avec la machine de maman.
– N. ( 5 ans) a trouvé la combine pour télécharger les nouveaux Angry Birds sur ma tablette.
– E (1 an) a fait ses premiers pas et saute à pieds joints au son des booms, faisant rire tout le monde.
– Moi, je connais mieux la géographie d’Israel et mon histoire sans fin trouve une fin : je n’ai plus de lessive.

La 10e journée avait donc commencé sous le signe de la trêve. Une trêve humanitaire pour que les habitants de Gaza puissent aller se ravitailler. Elle prenait effet à 10 heures. Une heure avant, nous entendons de nombreuses explosions, Herzliya, Raanana, Bnei Brak mais pas chez nous.

Avec Mimi, nous décidons d’aller faire nos courses au Souk HaCarmel. Voilà plusieurs jours que Mimi n’est pas sortie parce qu’elle craint qu’une alerte la surprenne et avec sa canne, c’est pas facile de courir. Mon amie Diana E. nous accompagne. L’un des bénéfices secondaires de la situation, c’est l’amabilité des Israéliens comme si les marchands nous remerciaient d’être venus malgré tout.

Deux heures après, pendant la trêve, quelques missiles tirés sur le Sud. Toute la journée, des rumeurs d’un cessez-le-feu. 15 heures, fin de la trêve. De nouveaux, des détonations tout autour de nous mais pas de sirène. Une journée calme en quelque sorte.

Continuant notre politique de résistance, Charles et moi allons à l’Ozen Bar écouter la chanteuse Claudia Meyer.

Vers la fin du concert, mon fils Dan nous avertit par WhatsApp qu’il y a une alerte. Nous n’avions rien entendu, nous restons sur place.

A la maison, nous apprenons que l’offensive terrestre a commencé. J’ai le coeur si lourd. Je pense à tout ce qui nous attend encore.

Et en ce matin du 11e jour, je sais que je n’avais pas tort d’être anxieuse.

Le soldat tué cette nuit lors de l’offensive terrestre avait 20 ans. Il habitait Herzliya. Il s’appelait Eitan Barak. Que son souvenir soit béni.

Je viens d’apprendre que c’était le neveu d’un ami de Belgique :

Chers amis. Mon neveu, le fils de ma sœur, Eitan Barak est tombé au front cette nuit. Il avait 20 ans, nous sommes dévastés.

Eitan Barak, 20 ans.

Eitan Barak, 20 ans.

 

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