26e jour – Espoir et désespoir

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Alerte rouge matinale

Shabbat, 6 heures du matin, Tel Aviv et moi dormons profondément. La sirène de l’alerte rouge nous tire difficilement de notre sommeil. Et nous voilà dans la cage d’escaliers. J’échange quelques phrases incohérentes avec des voisins déprimés. Après ce réveil en fanfare, j’ai du mal à retrouver le sommeil mais finalement je me rendors et je fais même une grasse matinée sabbatique.

1276785_10152602543709421_5057547272825621280_oL’artiste Merav Shinn Ben-Alon a fait un dessin d’après une photo de moi que Sarah avait prise dans notre cage d’escaliers lors d’une alerte. Elle a tout à fait capté mon état d’esprit à ce moment-là.

La mer, quoiqu’il arrive

Nous allons nager jusqu’aux rochers. Mer calme, eau limpide, température de l’eau parfaite. Cela pourrait être le paradis mais nous nous demandons si, en cas d’alerte, nous aurions le temps de regagner un abri. Sûrement pas.

Vers la fin ?

On apprend que le cabinet de sécurité israélien n’essaiera plus de négocier un cessez-le-feu avec le Hamas mais que l’armée israélienne se retirera unilatéralement quand elle aura détruit tous les tunnels, mais réagira à chaque attaque.

Espoir et désespoir

Esther a organisé pour marquer les 30 ans de la mort de son mari, Jonathan Merzer, une étude chez elle. Elle marque ce temps dans la période des neuf jours de Ticha Be Av, dans la période des catastrophes, avant que ne vienne la consolation. Elle lit des versets de la Vision d’Isaïe. Elle parle de ces deniers jours où l’espoir succède au désespoir, le désespoir à l’espoir et où, souvent, on ressent, dans le même temps, de l’espoir et du désespoir. L’une des citations préférées d’Esther Orner est une citation de Yoram Kaniuk qui disait qu’en Israël, « on vit toujours entre le massacre et le pique-nique. » Je n’ai jamais rencontré Jonathan, le mari d’Esther, mais elle a su rendre son souvenir présent, et j’ai l’impression de l’avoir connu, un peu. Elle évoque le bleu de ses yeux. Ses amis font le portrait d’un homme de théâtre, vif, énergique et joyeux. Un saltimbanque heureux.

Nous parlons de la guerre. Comment faire autrement ? Nous pensons au sort de Hadar Goldin. Ses parents, sa soeur, son frère jumeau, sa fiancée prennent la parole aux informations pour demander au gouvernement de ne pas l’abandonner. C’est poignant.

Et ce matin, j’apprends qu’il a été déclaré mort cette nuit, qu’il y a assez d’éléments pour le déclarer mort, j’écris cette phrase et je ne comprends pas ce que j’écris, que la famille demande à tous ceux qui peuvent de venir à l’enterrement qui aura lieu ce soir à 17 heures 30 au cimetière militaire de Kfar Saba.

La douleur ne se mesure pas avec des virgules

Je pense de nouveau à Yoram Kaniuk dans son livre, Le Dernier Juif :

Aujourd’hui, je sais que ce qui s’écrit doit être écrit malgré la grammaire et non grâce à elle. Menahem est mort à tous les temps et à tous les modes, la douleur ne se mesure pas avec des virgules…

 

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