Inébranlable, je serai

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Israel : 15e jour – La vie sous les missiles

Les mauvaises nouvelles

Réveil, premier réflexe, prendre mon iPhone et lire les mauvaises nouvelles du jour. Le nombre de soldats tués depuis le début de l’opération terrestre est de 27. Déprime.

Trouver la force de faire, malgré tout, les gestes quotidiens. Mon amie Agnès est venue me rendre visite. Nous allons à la plage.

Alerte et explosions

Alerte à la plage. C’est la deuxième fois que je suis à Banana Beach pendant une alerte donc j’ai l’habitude. Le Dôme de Fer fait une nouvelle fois son travail. On rassure une touriste française apeurée pour qui c’est le baptême du feu et on la remercie d’être venue, malgré tout.

Après l’alerte, un délicieux bain de mer. Puis, un petit express au café de la plage. Tout d’un coup, une énorme explosion, la plus grosse que j’ai entendu jusqu’ici, puis une autre, et une troisième. Pas d’alerte. C’est le mur du son, me dit le groupe d’amis installés à la table d’à-côté. Pas convaincues et tremblantes, nous décidons Agnès et moi, de rentrer à la maison. Par la suite, nous apprendrons qu’une roquette est tombée dans la mer. Nous apprenons aussi qu’une roquette a touché une maison à Yehud, une ville située non loin de l’aéroport Ben Gourion.

Oron Shaul, c’est son nom

Et puis, ce que j’ai à tout prix voulu prendre pour des rumeurs il y a deux jours, se confirme. Il y a bien un soldat manquant : Oron Shaul.

צילום: מתוך פייסבוק

Je suis ravagée, entre deuil, tristesse, impuissance, anxiété, dégout et démoralisation.

Réaction

Et là je décide que ça suffit. Il faut que je me reprenne. Rien n’entamera ma détermination. Oui, je le répète, juste vivre ma vie ici sans me laisser dévaster, c’est ma façon de résister. Je poste sur ma page FaceBook mes 66 bonnes nouvelles d’Israël. Je fais toutes mes lessives en retard et j’organise le pot de départ de deux de nos employés ce soir.

El Al, je t’aime

Vers 18 heures, on annonce que les compagnies américaines ne voleront plus vers Israël pour au moins 24 heures. Les compagnies européennes leur emboitent le pas mais pas la British Airways. Je suppose que c’est le syndrome Malaysian Airlines.

Le sentiment d’isolement ne fait que s’accentuer. La compagnie israélienne, elle, continue ses vols. El Al, je t’aime. Pourtant, au lieu d’entamer ma détermination, ces nouvelles atterrantes me renforcent. Il vaut mieux compter que sur soi-même. Et à noter, parmi les rares compagnies aériennes qui continuent à desservir Lod, la Royal Jordanian Airlines.

Inébranlable, je serai

Nous retrouvons l’équipe du Palais des thés au café XOHO, 17 rue Gordon, nous buvons une excellente bière locale, la Dancing Camel. Un barrage de roquettes,  que nous signale l’application de notre téléphone puis les détonations que nous entendons,  n’entame pas notre volonté de passer une bonne soirée et de se séparer comme il se doit de deux excellents membres de notre équipe, Slieman et Asta.

C’est vraiment décidé. Pour moi, cette quinzième journée est un tournant.
Je vacillerai sans doute encore beaucoup mais inébranlable, je serai.

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