En marchant, en écrivant : le Gan Méir

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A propos du projet Tel Aviv, en marchant, en écrivant

A l’approche du 70e anniversaire de Méir Dizengoff, la municipalité de Tel Aviv avait affecté le terrain, entre la rue Tchernichovsky et la rue King George, à l’établissement d’un parc. Planter des arbres et des fleurs dans la ville était l’une des obsessions de son premier maire. Le projet s’éternisera et le Gan Méir, d’après le prénom de Dizengoff, fut finalement inauguré le 10 mars 1944, huit ans après sa mort.

Réaménagé il y a quelques années, très ombragé avec des palmiers, des oliviers, des eucalyptus, des cyprès, on y trouve bien sûr une aire de jeux pour les enfants mais aussi un parc pour chiens qui jouxte la rue King George où tous les vendredis se tient le marché aux chiens.

Une allée de ficus traverse le parc.  Au centre, un bassin écologique, des papyrus et des nénuphars, des carpes koï, symboles d’amour et de virilité dans la culture japonaise. Prenez le temps d’observer, il y a aussi des tortues aquatiques.

Un bâtiment Bauhaus où flotte le drapeau arc-en-ciel abrite, depuis 2008, le Centre municipal pour la communauté gay de Tel Aviv. Un café avec une belle terrasse où il fait bon s’attabler (seulement pour boire, n’y mangez rien !). Près du café, une sculpture d’Yigal Tumarkin en hommage à la poétesse israélienne Dahlia Ravikovitch disparue en 2005.

Un peu plus loin, un mémorial en souvenir des homosexuels assassinés par les Nazis vient d’être inauguré.  Trois bancs qui forment un triangle, un triangle rose. Au milieu du triangle, un arbre. Sur chaque banc, la phrase: En mémoire des victimes du régime nazi persécutés à cause de leur orientation et de leur identité sexuelles est écrite en hébreu, en anglais, en allemand. A la pointe du triangle, sur un trièdre de pierre blanche, est gravé un texte qui rappelle la situation des homosexuels en Allemagne. Depuis 1871, le paragraphe 175 du Code pénal allemand réprimait l’homosexualité masculine, il fut encore aggravé sous le régime nazi. 100 000 personnes appréhendés, 15 000 déportés dont plus de la moitié ne reviendra pas.  Et ce qui est incroyable, c’est qu’ils continueront à être poursuivis après 1945 jusque dans les années 1970, en vertu du même paragraphe. Le paragraphe sera révoqué en 1994 et il faudra attendre l’année 2002 pour que finalement, l’Allemagne réunifiée réhabilite les condamnés de la période nazie. Sur la stèle, une mention de Magnus Hirshfeld, juif et gay, l’un des pères du mouvement homosexuel. Triangle rose et étoile jaune.

Je me souviens avoir été très touchée par un documentaire sur les artistes Michel Elmgreen et Ingar Dragset qui ont conçu le mémorial de Berlin. Un simple parallélépipède en béton. Une lucarne où en s’approchant, on peut voir une vidéo de deux hommes qui s’embrassent avec amour, avec passion.

Au fond du parc, une pergola, une tribune en pierre blanche et un arc de cercle où est gravé le nom de Méir Dizengoff.

Je repars avec l’image d’un homme au blouson rouge assis sur un banc, son ordinateur sur les genoux, dans la lumière diffuse des rayons de soleil dans le feuillage des arbres.

 

L’allée centrale du Gan Méir à Tel Aviv

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Le mémorial du Gan Méir

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Piscine écologique du Gan Méir

Voir l’emplacement sur une carte de Tel Aviv 

Lire la marche précédente: La Jetée de la Marina

Lire la marche suivante: D’Ajami à Cassis

Tel Aviv, En marchant, en écrivant: Marche n°16

Distance parcourue:  non mesurée

Avec Magda

Avec Diana, Sarah et Charles

Date: Semaine du 9 Adar Alef/ Semaine du 9 février 2014

Semaine du 16 Adar Alef/ Semaine du 16 février 2014

Pour lire toutes les marches du projet Tel Aviv, en marchant, en écrivant