Cinq interprétations d’Ounetane Tokef

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On a longtemps cru que ce piyout, cette prière avait été composée par le rabbin Amnon de Mayence, mort au Xe siècle dans la ville de Mayence dans d’affreuses tortures après avoir refusé de se convertir au christianisme. ll semblerait que ce rabbin soit un personnage fictif et que ce texte serait encore plus ancien et aurait été écrit en Galilée au VIe siècle alors sous domination byzantine. Il n’en reste pas moins que cette prière fait partie de la liturgie de Roch HaChana et de Yom Kippour surtout dans les communautés ashkénases. C’est de cette prière que s’inspirera Leonard Cohen pour écrire Who by fire ?

  1. Sur la musique écrite par Yaïr Rosenblum dédié aux 11 jeunes du kibboutz Beth HaShita tombés lors de la Guerre de Kippour, chanté par le Givatron

2. Umane Tokef interprété par les choeurs de Tsahal dans la grande synagogue de Tel Aviv avec des images de la Guerre de Kippour

3. Par Avraham Fried

4. Par l’orchestre de chambre Les Illuminations.

5. Par Yonina

La traduction de la prière en français :

Proclamons la puissante sainteté de ce jour, qui inspire la crainte et l’effroi.
En lui, Ta royauté est exaltée,
Ton trône est établi avec bienveillance et Tu y prendras place en vérité.
Il est vrai que Tu es le Juge, que Tu présentes l’évidence, que Tu es Celui Qui sait et le Témoin,
Celui Qui inscrit et Qui scelle, Celui Qui compte et dénombre.
Tu te souviens de tout ce qui a été oublié.
Tu ouvres le Livre des souvenirs et il se lit de lui-même.
La signature de chaque homme s’y trouve.
Le grand Choffar sera sonné et l’on entendra une voix silencieuse et fine.
Les anges trembleront, seront saisis par la peur et l’effroi et ils s’exclameront:
« Voici le jour du jugement »,
car les armées célestes se présenteront au Jugement et elles-mêmes ne seront pas méritantes à Tes yeux, dans ce jugement.
Tous les êtres créés passeront devant Toi, un par un, comme un troupeau de moutons.

Comme un berger examine son troupeau,
faisant passer ses moutons sous sa férule,
Tu feras Toi-même passer devant Toi toutes les âmes vivantes, Tu les compteras, Tu les dénombreras
et Tu Te souviendras d’elles.
Tu attribueras à chacune de toutes Tes créatures ses besoins,
et Tu inscriras le verdict de leur jugement

C’est à Roch Hachana que seront inscrits et pendant le jeûne de Yom Kippour que seront scellés.
Combien disparaîtront et combien naîtront ?
Qui vivra et qui mourra ?
Qui vivra le temps qui lui a été imparti et qui disparaîtra avant la fin de ce temps ?
Qui périra dans l’eau et qui par le feu ?
Qui mourra par le glaive et qui par une bête sauvage ?
Qui sera emporté par la faim et qui par la soif ?
Qui finira dans un tremblement de terre et qui dans une épidémie ?
Qui sera étranglé et qui sera lapidé ?
Qui connaîtra le repos et qui errera ?
Qui vivra dans la tranquillité et qui sera attaqué ?
Qui aura une vie agréable et qui souffrira ?
Qui s’appauvrira et qui s’enrichira ?
Qui subira la déchéance et qui s’élèvera ?

Car Ta louange est à la mesure de Ton Nom. Tu retardes la colère et Tu l’apaises aisément, car Tu ne désires pas la mort de celui qui la mérite. Tu souhaites qu’il regrette sa voie et qu’il vive. Jusqu’au jour de sa mort, Tu l’attends. S’il se repent, Tu l’acceptes aussitôt.

Il est vrai que Tu es leur Créateur et Tu as conscience de leur mauvais penchant, car ils ne sont que chair et sang.
L’homme vient de la poussière et il finit dans la poussière.
Il gagne son pain au péril de sa vie.
Il est tel une poterie brisée, une herbe séchée, une fleur fanée, une ombre qui passe, un nuage qui disparaît, un vent qui souffle, une poussière qui se répand et un rêve qui s’envole.

Mais, Toi, Tu es le Roi, le D.ieu vivant et éternel.

וּנְתַנֶּה תֹּקֶף קְדֻשַּׁת הַיּוֹם כִּי הוּא נוֹרָא וְאָיֹם
וּבוֹ תִּנָּשֵׂא מַלְכוּתֶךָ וְיִכּוֹן בְּחֶסֶד כִּסְאֶךָ
וְתֵשֵׁב עָלָיו בְּאֱמֶת
אֱמֶת כִּי אַתָּה הוּא דַּיָּן וּמוֹכִיחַ וְיוֹדֵעַ וָעֵד
וְכוֹתֵב וְחוֹתֵם וְסוֹפֵר וּמוֹנֶה
וְתִזְכֹּר כָּל הַנִּשְׁכָּחוֹת וְתִפְתַּח אֶת סֵפֶר הַזִּכְרוֹנוֹת
וּמֵאֵלָיו יִקָּרֵא וְחוֹתָם יַד כָּל אָדָם בּוֹ
וּבְשׁוֹפָר גָּדוֹל יִתָּקַע וְקוֹל דְּמָמָה דַקָּה יִשָׁמַע
וּמַלְאָכִים יֵחָפֵזוּן וְחִיל וּרְעָדָה יֹאחֵזוּן
וְיֹאמְרוּ הִנֵּה יוֹם הַדִּין לִפְקֹד עַל צְבָא מָרוֹם בַּדִּין
כִּי לֹא יִזְכּוּ בְּעֵינֶיךָ בַּדִּין
וְכָל בָּאֵי עוֹלָם יַעַבְרוּן לְפָנֶיךָ כִּבְנֵי מָרוֹן
כְּבַקָּרַת רוֹעֶה עֶדְרוֹ מַעֲבִיר צֹאנוֹ תַּחַת שִׁבְטוֹ
כֵּן תַּעֲבִיר וְתִסְפֹּר וְתִמְנֶה וְתִפְקֹד נֶפֶשׁ כָּל חָי
וְתַחְתֹּךְ קִצְבָה לְכָל בְּרִיָּה וְתִכְתֹּב אֶת גְּזַר דִּינָם
בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה יִכָּתֵבוּן וּבְיוֹם צוֹם כִּפּוּר יֵחָתֵמוּן
כַּמָּה יַעַבְרוּן וְכַמָּה יִבָּרֵאוּן
מִי יִחְיֶה וּמִי יָמוּת
מִי בְקִצּוֹ וּמִי לֹא בְּקִצּוֹ
מִי בַמַּיִם וּמִי בָאֵשׁ
מִי בַחֶרֶב וּמִי בַחַיָּה
מִי בָרָעָב וּמִי בַצָּמָא
מִי בָרַעַשׁ וּמִי בַמַּגֵּפָה
מִי בַחֲנִיקָה וּמִי בַסְּקִילָה
מִי יָנוּחַ וּמִי יָנוּעַ
מִי יִשָּׁקֵט וּמִי יְטֹּרֵף
מִי יִשָּׁלֵו וּמִי יִתְיַסָּר
מִי יַעֲנִי וּמִי יַעֲשִׁיר
מִי יֻשְׁפַּל וּמִי יָרוּם
וּתְשׁוּבָה וּתְפִלָּה וּצְדָקָה
מַעֲבִירִין אֶת רֹעַ הַגְּזֵרָה
כִּי כְּשִׁמְךָ כֵּן תְּהִלָּתֶךָ קָשֶׁה לִכְעוֹס וְנוֹחַ לִרְצוֹת
כִּי לֹא תַחְפֹּץ בְּמוֹת הַמֵּת כִּי אִם בְּשׁוּבוֹ מִדַּרְכּוֹ וְחָיָה
וְעַד יוֹם מוֹתוֹ תְּחַכֶּה לוֹ אִם יָשׁוּב מִיַּד תְּקַבְּלוֹ
אֱמֶת כִּי אַתָּה הוּא יוֹצְרָם וְיוֹדֵעַ יִצְרָם
כִּי הֵם בָּשָׂר וָדָם
אָדָם יְסוֹדוֹ מֵעָפָר וְסוֹפוֹ לֶעָפָר
בְּנַפְשׁוֹ יָבִיא לַחְמוֹ מָשׁוּל כְּחֶרֶס הַנִּשְׁבָּר
כְּחָצִיר יָבֵשׁ וּכְצִיץ נוֹבֵל כְּצֵל עוֹבֵר וּכְעָנָן כָּלָה
וּכְרוּחַ נוֹשָׁבֶת וּכְאָבָק פּוֹרֵחַ וְכַחֲלוֹם יָעוּף
וְאַתָּה הוּא מֶלֶךְ אֵל חַי וְקַיָּם
אֵין קִצְבָּה לִשְׁנוֹתֶיךָ וְאֵין קֵץ לְאוֹרֶךְ יָמֶיךָ
וְאֵין לְשַׁעֵר מַרְכְּבוֹת כְּבוֹדֶךָ וְאֵין לְפָרֵשׁ עֵילוֹם שְׁמֶךָ
שִׁמְךָ נָאֶה לְךָ וְאַתָּה נָאֶה לִשְׁמֶךָ
וּשְׁמֵנוּ קָרָאתָ בִּשְׁמֶךָ
עֲשֵׂה לְמַעַן שְׁמֶךָ וְקַדֵּשׁ אֶת שִׁמְךָ עַל מַקְדִּישֵׁי שְמֶךָ
בַּעֲבוּר כְּבוֹד שִׁמְךָ הַנַּעֲרָץ וְהַנִּקְדָּשׁ
כְּסוֹד שִׂיחַ שַׂרְפֵי קֹדֶשׁ הַמַּקְדִּישִׁים שִׁמְךָ בַּקֹּדֶשׁ
דָּרֵי מַעְלָה עִם דָּרֵי מַטָּה קוֹרְאִים וּמְשַׁלְּשִׁים בְּשִׁלּוּשׁ קְדֻשָּׁה בַּקֹּדֶשׁ

Guylain-David Sitbon me signale que dans la maison de Haim Weizmann, le premier Président de l’Etat d’Israël, au makhon Weizmann de Rehovot, sur la table de nuit à côté du lit où il est mort est ouvert un livre de Kippour à  la page du Ounetané Tokef. Weizmann avait demandé qu’on ne lui lise que ce texte lorsqu’il était à l’agonie.