Un poème d’Israël Eliraz

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Un poème d’Israël Eliraz (1936-1976) traduit par Esther Orner. C’est le dernier poème du recueil Promenade, le premier livre du poète traduit en français et publié en 1990 au Nouveau Commerce.

C’était le soir, et il revient en moi

C’était le soir, et il revient en moi et je veux
plus que jamais, ce que je voulais toujours et encore
raconter sans rien inventer.

Cet été tout sera différent. On pourra
y parvenir. Oui, à ce point là.

Je me lève (tu dis,
« déjà »). Et, dans la rue, j’emporte avec moi
avec beaucoup de précaution tout ce qui est arrivé

ici. Difficile d’expliquer aujourd’hui
l’atmosphère d’une mélodie dont on ne peut dire : c’est ceci ou c’est cela.

Nous étions ici. Jour après jour. Nous faisions
Ce que l’on fit ensemble, des choses connues.

Sur le seuil de la maison, la terre, à ce niveau,
a bougé, il semble, un peu, presque bougé.

Il y avait une chose, elle revient en moi et je
veux, plus que jamais, ce que je voulais encore
et toujours raconter sans rien inventer

Israël Eliraz
traduit par Esther Orner

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