J’étais rue Dizengoff le 1er janvier 2016

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Coups de feu et affolement

 

 

Hier matin, le 1er janvier 2016, j’ai envoyé la newsletter de Kef Israël avec mes meilleurs voeux pour l’année 2016. L’un des billets Attaque au couteau à Raanana : un jeune père témoigne n’était pas particulièrement réjouissant et j’écrivais : Malheureusement, la réalité en Israël et ailleurs fait que nous pouvons être confrontés à ce genre de situation. Je souhaite que ce ne soit pas le cas.

Puis je me suis rendue à pied au travail au Palais des Thés, 131 rue Dizengoff, au coin de la rue Gordon où se trouvait déjà ma fille. Une cliente cherchait un cadeau, je la conseillais quand j’ai entendu une rafale de coups de feu et j’ai vu les gens qui couraient dans la rue. Sarah, ma fille, a crié : Vite, vite, mettons-nous à l’abri et nous nous sommes retrouvées avec Karina, l’une des vendeuses et trois clientes dans la remise. Puis, quand on a vu qu’on ne pouvait pas la fermer à clé, dans les toilettes (heureusement elles sont spacieuses).  L’une des clientes, Shira, a téléphoné à la police qui nous a dit de rester où nous étions. Sarah était bouleversée, elle imaginait un scénario Bataclan avec plusieurs terroristes. Elle était inquiète aussi de l’inquiétude des autres membres de la famille.

Dix minutes après, Dan qui habite très près, rue Reines nous a rejoint. Il avait entendu les coups de feu de chez lui, croyant d’abord à des pétards de la nouvelle année civile mais comprenant qu’il s’agissait de coups de feu quand les sirènes de la police et des ambulances ont commencé à retentir. Il nous a alors appelés sur nos portables et sur le fixe du magasin. N’ayant pas de réponse, il s’est affolé, imaginant les pires scénarios et est venu à la boutique, comme Hadass qui travaille avec nous et qui habite un peu plus loin.

Nous avons décidé de sortir des toilettes mais de rester dans la remise. J’ai écrit sur Facebook : Attentat à Tel Aviv, j’y suis et je tremble.

Danit, l’amie de Dan, restée rue Reines, lui a téléphoné en lui disant qu’il y avait énormément de policiers qui fouillaient une à une les maisons de la rue.

Je suis restée pendant tout l’événement relativement calme. C’est aujourd’hui en comprenant le scénario de l’attaque que je réalise que nous étions vraiment très près. Le terroriste est entré dans le magasin Anise, 124 rue Dizengoff, a sorti un fusil mitrailleur de son sac à dos, est sorti du magasin, s’est tourné vers la gauche, vers le Sud, a tiré sur les personnes attablées au bar Simta puis a commencé à courir en tirant puis a tourné dans la rue Gordon vers Reines où on a perdu ses traces.

Deux morts et sept blessés.

Alon Bakal, 27 ans qui s’était installé à Tel Aviv au mois d’octobre.

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Shimon Ruimi, 30 ans

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Shimon Ruimi, 30 ans

Que leur souvenir soit béni.

La vie doit continuer. Anaël fête en ce moment l’anniversaire de 18 ans de l’une de ses amies dans un bar sur Dizengoff. Demain, j’ouvrirai la boutique, je me promènerai dans les rues de cette Tel Aviv que j’aime tant. Aujourd’hui, c’est vrai, je ne suis pas sortie mais j’ai pu voir de ma terrasse la beauté de la ville et j’ai même eu droit à un bel arc-en-ciel. J’espère qu’on va arrêter le plus vite possible le terroriste qui est toujours en fuite. Où que vous soyez, prenez-bien soin de vous. Et surtout ne me dites pas que la terreur ailleurs n’est pas la même que celle à Jérusalem ou à Tel Aviv.

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Arc-en-ciel sur Tel Aviv le lendemain de l’attentat à Dizengoff

 

Photos extraites des vidéos du magasin :

Sarah entend les coups de feu

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Nous courons nous mettre à l’abri

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Tel Aviv, même le coeur brisé, je t’aime

 

Lire aussi : La terreur au quotidien

     

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