Nostalgie oranaise à Tel Aviv

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Il y a une quinzaine de jours, je me disposais à aller me coucher avec un livre, épuisée par la chaleur qui n’en finissait pas quand mon ami Dan Dray, surnommé Dan HaGadol, me téléphone et me dit: J’ai pensé à toi, Maurice El Medioni passe au Café Bialik. Cinq minutes plus tard, me voilà dehors. Madonna a tout à fait raison, Israël est le centre d’énergie du monde!

En écoutant Maurice El Medioni, le temps et l’espace se sont contractés. J’ai eu l’impression d’être en même temps moi et ma grand-mère, d’être autant à Tel Aviv qu’à Oran.

Raï, rumba, musique andalouse, variétés et des mots tout simples pour dire la vie.

Dans mon livre, Bouquet de coriandre, j’ai écrit: J’avais le souvenir de leurs souvenirs. Je peux ajouter: J‘ai la nostalgie de leur nostalgie. Je n’ai jamais vécu en Algérie où s’est joué le destin de ma famille pendant des générations et des générations. Je suis née à Aix-en-Provence. Je n’ai jamais assisté à un concert de Lili Boniche, ni de Reinette l’Oranaise, ni de Line Monti, ni de Blond Blond. Et pourtant, en écoutant Maurice El Medioni au Café Bialik, je me suis sentie nostalgique d’un monde que je n’ai jamais connu. C’était encore plus poignant ici à Tel Aviv dans la rue Bialik. Dans le public, des jeunes de Tel Aviv connaissaient certaines paroles par coeur. Encore un moment de grâce.