Ça colle pour Etgar Keret

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Le dernier livre d’Egar Keret  « תקלה בקצה הגלקסיה » que je traduirais par « Faux pas au bord de la galaxie » vient d’être couronné par le prix Sapir.  Esther Orner se souvient…

Etgar Keret vient de recevoir le prestigieux prix Sapir de littérature pour son sixième livre. C’est un premier prix qu’il reçoit en Israël alors qu’il est déjà traduit dans de multiples langues. Et en moi s’agitent des souvenirs qui remontent à la fin des années 90 quand je l’ai rencontré pour la première fois. Il me semble que c’était dans le journal Maariv ou alors Yediot dans un supplément pour la fête de Souccot, du temps où les journaux rivalisaient par leurs publications de poèmes et de textes nouveaux et pas seulement par leurs critiques littéraires, elles aussi plus rares. Je lis et relis son texte intitulé Une colle folle (Devek mechouga) qui attira mon attention par son originalité et sa tendresse plein d’humour

J’enseignais la traduction au département de français à Bar Ilan. Ce devait être à la fin des années quatre-vingt ou au début des années quatre-vingt-dix. Je décidai de faire traduire par mes étudiants le texte en entier et non pas un paragraphe. A la fin d’un de mes cours une élève qui habitait Ramat Gan ou Givataïm vint me voir et me demanda si je pouvais lui donner la traduction du texte qu’elle transmettrait à son frère qui dit-elle est un ami de Keret. Quelques jours plus tard je reçois un coup de fil. C’est Etgar. Il me remercie. Il pourra ainsi envoyer à ses amis de Suisse qui ne savent pas l’hébreu comme lui qui ne sait pas le français. Entre temps il l’a peut-être appris. Il faisait ses études ou il enseignait déjà à l’université de Tel Aviv.

En 1992 son premier recueil de textes Tsinorot (Pipelines) chez Am Oved est publié et a tout de suite été apprécié par sa nouveauté. La colle folle est le dernier texte du recueil. Pipelines a été publié en 2008 en français chez Actes-Sud.

J’aimerais retrouver cette traduction et les devoirs de mes élèves dans mon fouillis pour ne pas dire mon balagan, mot que je laisse à Marceline Loridan-Ivens, mais que je préfère. Aucune chance de m’y retrouver. Et pourtant ça me permettrait d’être plus précise dans les dates et les lieux. Oh mémoire.

©Esther Orner

La page en français du site d’Etgar Keret

En 2018,  un documentaire réalisé par deux Hollandais sur Etgar Keret Based on a true story a remporté un prix aux Emmy Awards.

Par ailleurs, Etgar Keret vient de terminer avec sa femme Shira Geffen pour Arte le tournage de L’agent immobilier : « Agent immobilier fauché et sans talent, père et ex-mari défaillant, Olivier (Mathieu Amalric) hérite à la mort de sa mère d’un immeuble à l’abandon en plein Paris. Accaparé par son père (Eddy Mitchell) qui gère mal le décès de son épouse, Olivier tente de prendre possession de son héritage mais c’est sans compter la présence d’une locataire qui n’a aucune intention de quitter les lieux. Le point de départ d’une plongée en apnée dans l’univers décalé et rocambolesque du romancier Etgar Keret. »

L’année 2019 s’annonce bien. Ça colle pour Etgar Keret.