De la force du récit et de l’amour

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Ceci est presque un conte de Noël. « Lorsque le grand Rabbi Baal Shem-Tov voyait qu’un malheur se tramait contre son peuple, il avait pour habitude d’aller se recueillir à un certain endroit dans la forêt, là, il allumait un feu, récitait une certaine prière et le miracle s’accomplissait, révoquant le malheur.

Plus tard, lorsque son disciple, le célèbre Maguid de Mezeritsch devait intervenir auprès du ciel pour les mêmes raisons, il se rendait au même endroit dans la forêt et disait : Maître de l’univers, prête l’oreille. Je ne sais pas comment allumer le feu, mais je suis encore capable de réciter la prière. Et le miracle s’accomplissait.

Plus tard, le Rabbi Moshe-Leib de Sassov, pour sauver son peuple, allait aussi dans la forêt et disait : je ne sais pas comment allumer le feu, je ne connais pas la prière, mais je peux situer l’endroit et cela devrait suffire. Et cela suffisait là encore, le miracle s’accomplissait.

Puis ce fut le tour de Rabbi Israël de Rizsin d’écarter la menace. Assis sur son fauteuil, il prenait sa tête entre ses mains et parlait à Dieu : je suis incapable d’allumer le feu, je ne connais pas la prière, je ne peux même pas trouver l’endroit de la forêt. Tout ce que je sais faire, c’est raconter cette histoire. Cela devrait suffire. Et cela suffisait ». Qu’importe les interprétations, les errances, les aménagements, les insolences. Un peu de récit et beaucoup d’amour suffisent toujours. »

J’ai lu ce récit hassidique, qu’Elie Wiezel retranscrit aussi dans son livre Les Portes de la Forêt, sur le compte Instagram de Marie Robert, une jeune philosophe qui a écrit un livre que j’ai beaucoup aimé « Kant tu ne sais plus quoi faire il reste la philo » :

Allez voir Le Salon de Marie, elle organise aussi différents types « d’ateliers innovants, chaleureux, intimistes et enthousiasmants » à Paris et à Marseille.