Josy Eisenberg, source de vie

WhatsAppEmailPrintPartagez

 

כִּי-עִמְּךָ, מְקוֹר חַיִּים; בְּאוֹרְךָ, נִרְאֶה-אוֹר Car auprès de toi est la source de la vie ; Par ta lumière nous voyons la lumière.

Le rabbin Josy Eisenberg est mort le 8 décembre 2017. Le 12 décembre, il aurait eu 84 ans et ce sera le  jour de son enterrement à Jérusalem. Son émission « La Source de vie » existe depuis 1962 et a été créé à son initiative. Plus de 55 ans de télévision, plus de 2500 émissions hebdomadaires. Mais il avait aussi d’autres facettes, il écrivait des livres et il a collaboré au film devenu culte : Les Aventures de Rabbi Jacob. Sa mission, diffuser la Torah au plus grand nombre.

En 1962, mes parents ne regardaient pas encore l’émission puisqu’ils travaillaient le dimanche. Mais depuis les années 80, tous les dimanches, ils étaient fidèles au poste. Tous les deux s’installaient dans leur fauteuil et savouraient leur émission. Quand je leur rendais visite en France, c’était l’un de mes moments favoris, m’asseoir à côté d’eux et regarder l’émission  de Josy Eisenberg. Un moment de paix. Je crois que c’était un rituel dominical que respectaient beaucoup de familles juives. Avec fidélité. Et le départ du Grand Rabbin Josy Eisenberg a ravivé ma peine après la mort de ma mère et de mon père cet été, encore une part de leur vie qui disparait.

Je pense aussi à ma tante Simone Cohen et je me souviens de son coup de téléphone enthousiaste après qu’il y ait eu une mention de mon livre Bouquet de Coriandre dans l’émission. Pour elle, c’était mieux que si j’avais reçu le Goncourt !

Dans un communiqué officiel, le Président Emmanuel Macron a écrit : « J’apprends avec tristesse la mort d’une grande âme du judaïsme français: Josy Eisenberg. Pendant un demi-siècle, il n’a cessé de puiser à la source de vie d’une spiritualité à mesure humaine, et de transmettre avec bienveillance et simplicité toutes les facettes de la pensée juive. Lui qui avait connu la guerre et les persécutions fut un homme d’ouverture, de réconciliation et de tolérance. Il présentait chaque dimanche le visage souriant d’un judaïsme tourné vers le dialogue des sagesses. »

J’aimais beaucoup la voix de Josy Eisenberg, elle avait quelque chose de calme et de posé. Et comme le dit si bien mon ami Lucien Noullez : « avec Josy Eisenberg, il y avait aussi quelque chose de débonnaire dans le sacré. »

Je me souviens avoir rencontré Josy Eisenberg à un beau mariage à Jérusalem, il y a bien longtemps. Je me souviens de sa fille Muriel. Que leur souvenir soit source de bénédiction et source de vie.

Voilà une émission  du 7 décembre 1980 dont le thème est Hanoucca

La dernière interview du Grand Rabbin Josy Eisenberg, par son fils Nathanaël en novembre 2017