Yves Duteil chante Dreyfus

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Dreyfus chanté par son petit-neveu Yves Duteil. Merci à Agnès Bensimon qui m’a signalé cette magnifique chanson que je ne connaissais pas ! Une chanson écrite en 1997 et qui fait partie de l’album Touché.

Je rajoute ici une précision d’une fidèle lectrice de Kef Israël, Edith Ochs qui me signale :  »Yves Duteil n’est pas lié à Dreyfus, mais à sa femme, Lucie Hadamard (dont il est le petit-neveu) – merci à mon amie Michele Kahn pour cette précision.
Ecrite il y a 20 ans, elle rappelle les enjeux dans le contexte de la polémique assourdissante qui entoure la sortie du film J’accuse. »

Je suis un peu ton fils
Et je retrouve en moi
Ta foi dans la justice
Et ta force au combat.

Dans ton honneur déchu,
Malgré ta peine immense,
Tu n’as jamais perdu
Ton amour pour la France.

Et s’il ne reste qu’un murmure
Pour te défendre,
Par-delà tous les murs,
Il faut l’entendre.

Je suis un peu ce frère
Qui remue les montagnes
Lorsque tu désespères
Dans ton île, en Guyane.

Et je souffre avec toi
Des fers que l’on t’a mis
Pour écraser ton âme
Et pour briser ta vie.

Mais pourquoi fallait-il
Pour t’envoyer au Diable
Te prendre dans les fils
De ce piège effroyable?

J’ai vu souvent mon père
S’assombrir tout à coup
Quand j’évoquais « L’Affaire »,
Comme on disait chez nous

Et j’ai vécu longtemps
Sans rompre ce silence,
Comme un secret pesant,
Parfois, sur la conscience.

J’imaginais comment
Des hommes étaient capables
D’arrêter l’innocent
Pour en faire un coupable.

Il était Alsacien,
Français, juif, capitaine,
Vivant parmi les siens
À Paris, dix-septième

Quand, un matin d’octobre,
On l’accuse, on l’emmène
Vers douze ans de méprise
Et d’opprobe et de haine.

Traité plus bas qu’un chien,
Laissé dans l’ignorance
De tous ceux qui, sans fin,

C’était il y a cent ans.
Dreyfus est mort depuis
Mais je porte en chantant
Tout l’espoir de sa vie

Pour la mémoire des jours,
Puisqu’en son paradis
On sait depuis toujours
Qu’il n’a jamais trahi.

Il n’a jamais trahi
Son cœur, ni son pays.

Le capitaine Alfred Dreyfus