De douces paroles, HaMilim HaTovot, The Kind words de Shemi Zarhin

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Nous retrouvons avec plaisir notre chroniqueuse cinéma israélien  Brigitte C. pour le nouveau film de Shimi Zarhin, De douces paroles – The Kind Words – HaMilim HaTovot  118 min. mai 2015

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J’avais adoré le film précédent de Shimi Zarhin ‘Le monde est drôle‘, j’ai donc couru voir ‘De douces paroles’, par un samedi après-midi, alors que le temps, délicieux, est une invite à la plage, et je n’étais pas la seule, car la salle était pleine.

A la mort de leur mère, trois frères et sœur partent en quête de leurs origines, après que leur père leur dévoile un détail colossal qui remet en question toute ce qu’ils ont toujours tenu pour vrai sur leur histoire familiale.

De Jérusalem à Paris, de Paris à Marseille, et de Marseille en Algérie à travers des bribes d’information, Dorona, Nathanel et Shay – trois prénoms qui en hébreu veulent dire ‘cadeau/don/offrande ‘– essaient de démêler le vrai du faux et de trouver des preuves qui leur dévoileront le mystère de leur origine et quel est ce secret que détenait leur mère et qui aujourd’hui rejaillit sur eux et bouleverse leur vie de fond en comble.

Le film parle de tout, pêle-mêle : des origines, de la filiation, de l’identité sexuelle et religieuse, du poids du secret et en contrepartie de la liberté,  de l’amour, du couple, de l’importance, ou pas, de l’appartenance ethnique, et surtout de la parenté  :  Dorona n’arrive pas à être enceinte, Shay a un enfant qui vit loin avec sa mère, Nathanel, devenu religieux par amour pour sa femme, a trois petits enfants, et Shimi Zarhin bourre le film de tous les sujets représentatifs des lignes de faille de la société israélienne. Mais qui trop embrasse mal étreint ; même si on ne s’ennuie pas car Zarkhin est un conteur-né, drôle et tendre, et même si les acteurs sont bons, le film déborde de son trop plein d’intentions et ne tient pas ses promesses. Le cœur du film c’est la relation de ces deux frères et de leur sœur, unis et complices au-delà de toutes leurs différences et on a l’impression que c’est de ça que Zarhin voulait en fait parler, de la fratrie, de ses enjeux et de ses engagements, et qu’il s’est égaré à travers trop de couches folkloriques.

Shimi Zarhin avait réalisé en 2012 l’excellent Le Monde est drôle et en 2004, Bonjour Monsieur Shlomi.