That lovely girl, un film de Keren Yedaya

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Nous retrouvons avec grand plaisir notre chroniqueuse cinéma israélien Brigitte C.

that lovelygirl

That lovely girl  – un film de Keren Yedaya  2014

Nom hébreu :  Harchek miheadro – Away from his absence

D’après le livre de Shez

Acteurs principaux :  Tsachi  Grad  et Mayan Turjeman

Second rôle : Yael Abecassis

Tami a tout juste une vingtaine d’années, Moshe en a plus du double. Ils vivent ensemble, dans un appartement sombre, négligé, étouffant. On dirait, depuis toujours. Le matin il part et ne dit pas où, ni s’il reviendra ce soir ou demain. Il revient toujours. Elle attend qu’il revienne, ou peut-être qu’il ne revienne jamais.  Quand iI sort de la maison, elle reste dedans, enfermée en elle-même dans cet appartement dont elle a la clé (parfois elle sort acheter des cigarettes et des sucreries qu’elle engloutit)  et où elle est captive.  Dans la vie de Tami ni travail, amie ou mère.  Moshe y a veillé. Tami et Moshe sont un couple qui partagent la table et le lit.  Ils sont, aussi, père et fille.  C’est inconcevable et ça existe pourtant. Dans le film aucune scène de nu. Mais l’abus est là, tout le temps présent. Après les vingt premières minutes d’une routine qui piège le spectateur, le film suit Tami qui se débat et oscille entre sa prison et recouvrer une liberté. Il se termine sur une lueur d’espoir.
C’est un film très dur malgré sa pudeur et on a envie, surtout au début, de se voiler la face. Mais qui fera l’effort de le voir sera récompensé.  Parce que ce film est un chef d’œuvre pour qui aura la patience et le courage de s’y livrer.  Le scénario est impeccable.  Chaque prise de vue, chaque plan a été soigneusement choisi, limpide dans ses moyens et chargé d’intensité. La générosité des acteurs dans ce film bouleversant est une performance et Tsachi Grad qui joue le rôle du père est tout simplement époustouflant.
Le film a été projeté au dernier festival de Cannes dans le cadre d’ « Un certain regard ». Là-bas comme ici il a engagé des passions critiques pour ou  contre.  Et vous, vous en penserez quoi ?

Cannes 2014 — Keren Yedaya, le voir pour le croire by Universcine