Who’s gonna love me now ? de Tomer et Barak Heyman

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Retrouvons la chronique Cinéma israélien de Brigitte C.

Mi Yohav oti  akhchav ? Documentaire  tourné en Angleterre et en Israël – 2016
86 minutes – de Tomer et Barak Heymann

Prix du public au Festival de Berlin, février 2016

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Saar Maoz a quarante ans. Il vit depuis dix-sept ans à Londres où il s’est exilé peu après son service militaire dans les parachutistes. Car il ne pouvait plus vivre près de sa famille. Il est gay, il travaille pour la compagnie Apple, il vit seul, il chante dans une chorale de gays qui représente pour lui une vraie famille, il a des amis, il est séropositif du sida.

Il est né à Sde Eliahou, un kibboutz religieux près de Beit Shéan, l’aîné de sept enfants. Mais sa vie ne se déroule pas comme ses parents l’avaient tracée, imaginée et souhaitée. Parce qu’il est gay, ce que sa famille n’est pas arrivée  à comprendre ni à accepter.  Et ce qu’il est, son mode de vie, le choix de ne pas se cacher, ont été pour son milieu d’origine un affront et une blessure. Et pour lui le sentiment d’être poussé dehors. Alors il a choisi de partir loin. A Londres, il a aimé, très fort, et quand ça s’est terminé, il s’est retrouvé seul. Par auto-destruction, il s’est mis en danger en menant sans protection, des relations multiples jusqu’à ce ça finisse par lui tomber dessus.  

Vingt-trois plus tard il se pose la question de son retour en Israël ; est-ce que ses frères, ses parents souhaitent son retour ?  A travers le rapport à sa séroposivité, les sentiments parfois contradictoires de sa famille s’articulent. Finalement reviendra-t-il vivre en Israël ? Quittera-t-il Londres et sa famille d’adoption ?

 A travers cette question du retour possible ou non, le film nous raconte et nous fait ressentir les sentiments de tous.

Avec une grande franchise et  beaucoup de tristesse de part et d’autre, de la colère aussi, les cinéastes filment leurs rencontres qui évoquent un passé douloureux, sans que jamais les liens aient été coupés, et le rapprochement  entre un fils et sa famille.

C’est un film qui nous parle d’un amour difficile, du deuil de ce qui n’a pas été et de la reconstruction. C’est un film sans sentimentalisme, qu’on voit les yeux mouillés de larmes, comme ceux de Saar. C’est un  film sincère et poignant sur la différence,  sur les conséquences de ses engagements, sur la responsabilité. C’est un grand film, à mettre devant tous les yeux.

 

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