Poivrons rouges séchés pour Pessah

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En ce moment, les poivrons rouges au marché sont superbes. Dans mon premier livre (inédit) Sous le sein gauche, je donne la recette des poivrons grillés pour Pessah.  Bien entendu, cet article est dédié à ma Maman.

Poivrons du Souk HaCarmel

Poivrons du Souk HaCarmel

Le grand nettoyage s’imposait de toute façon, c’était le printemps.

Il était temps de faire griller les poivrons rouges, qu’elle choisissait bien fermes et charnus.

Il fallait veiller à ne pas les racornir tout en les grillant suffisamment pour faciliter l’épluchage.  Quand ils avaient été bien grillés de tous les côtés, de longs lambeaux de peau carbonisée se détachaient facilement sans rester collés sur la chair du poivron; l’opération lui rappelait les coups de soleil de son enfance, avant les peurs et les crèmes protectrices à indice de haute protection quand elle s’amusait à éplucher les épaules et le dos de son père endormi sur la rabane au lieu de surveiller ses sœurs.

Elle les enroulait dans du papier journal pendant qu’ils refroidissaient, elle les débarrassait de leurs peaux noircies, qui venaient se glisser sous ses ongles, sous le robinet d’eau froide, elle les disposait sur des planches et elle les exposait à l’endroit le plus ensoleillé de la terrasse pour qu’ils sèchent harmonieusement.

Matin et soir, elle examinerait leur consistance et elle les retournerait.

Bientôt, ils seraient à point, ni trop mous, ni trop desséchés et elle les immergerait dans des bocaux remplis d’huile d’olive et de graines de poivre.

L’huile prendrait une teinte rougeoyante comme un coucher de soleil fulgurant. Poivrons grillés au soleil, ses chewing-gums de soleil. Le soir de la fête, quand elle les découperait dans son assiette, les porterait à sa bouche et les mastiquerait avec application, elle aurait l’impression de brunir de l’intérieur, de s’approprier quelques rayons du soleil.

©Rachel Samoul