Le cri du coeur de la judokate israélienne Yarden Gerbi

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J’ai traduit le statut publié par la judokate israélienne Yarden Gerbi sur sa page Facebook. Elle a été championne du monde de Judo pour les moins de 63 kg. Elle vient de remporter une médaille de bronze à Abou Dhabi dans des conditions difficiles. Sagi Muki, judoka israélien dans la catégorie des moins de 73 kilos a aussi obtenu une médaille de bronze.

Shalom à vous tous,

j’en ai gros sur le coeur, c’est pourquoi ce statut sera un peu long.

Aujourd’hui, j’ai participé à une compétition de judo du Grand Slam, à Abu Dhabi, un pays arabe. Depuis six ans, j’ai essayé de participer à cette compétition dans ce pays mais pour des raisons diverses, cela n’est pas arrivé.

Il ya quelques jours, quand nous avons reçu les visas et nous nous sommes envolés pour Abu Dhabi, j’étais tellement heureuse qu’enfin cela se produise. Quand nous sommes arrivés, on nous a fait savoir que nous pouvions participer à la compétition seulement sous les couleurs de l’Organisation Internationale du Judo et cela pour des raisons de sécurité (quand nous avons participé à une compétition au Maroc, nous avons été sifflés et insultés par le public). Quand j’ai su que je ne combattrai pas sous les couleurs d’Israël, j’ai eu beaucoup de mal, en tant qu’Israélienne, en tant que patriote. C’était très dur mais en y réfléchissant, le plus important c’était de participer. Tout le monde sait d’où je viens, où j’ai grandi. Gagner à Abou Dhabi, c’est plus important que de ne pas participer. Pourtant, pendant deux jours, voir les autres membres de la délégation israélienne combattre sous le drapeau de l’Organisation Internationale de judo m’a énervé au plus haut point, m’a attristé.

Mais, quand je me suis retrouvée sur le tatami, j’ai senti autre chose, quelque chose qui brûlait à l’intérieur. Quand j’ai gagné le combat pour la médaille de bronze, j’ai éclaté en sanglots. Seule sans le drapeau de mon pays. Mais je sais qu’aujourd’hui encore plus que d’habitude que c’est important de ne pas renoncer. Pouvoir participer à cette compétition c’est la plus grande des victoires. Ceux qui disent que c’est une honte devraient avoir honte, je représente mon pays, toujours, avec ou sans drapeau

Photo credit : Reuters