Où vont les livres…?

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J’ai vu sur Facebook que le Petit Prince, une boutique de livres de seconde main mythique proposait ces deux prochains jours trois milles livres en français jusqu’à la fin de la semaine. Une façon de marquer le changement de lieu de cette institution de Tel Aviv.  De la Simtat Almonit, l’impasse anonyme et de fêter son déménagement au 19 rue King George. Quelle aubaine, me suis-je dit. Et bravant la chaleur et l’humidité, je me suis rendue à la rue anonyme.

livres

Dans des cageots en carton, des livres étalés à même le sol. Plus un cimetière qu’une bibliothèque. Il faut se baisser pour essayer de distinguer le titre des livres. Ils ne sont pas rangé par sujets mais le jeune homme m’a dit qu’il s’agissait surtout de livres de philosophie, de littérature et de mystique. Il s’est rendu compte de mon désarroi. Je ne dois pas être la seule à être effarée par ces témoignages des lectures d’un homme à même le sol. Comme dans une shiva où la famille en deuil s’asseoit à même le sol. J’ai demandé des précisions sur l’identité de ce collectionneur, de ce lecteur, veux-je dire mais c’est peut être la même chose. Un monsieur de 90 ans. Personne pour récupérer ces livres. Pas de descendance ou pas en Israël ou des enfants et des petits-enfants qui ne lisent plus le français ou qui ne lisent plus du tout. Et bien sûr j’ai pensé à ma propre bibliothèque. Et à tous les livres abandonnés,  en polonais, en russe, en yiddish, en allemand, en néerlandais que je retrouve au détour de mes promenades dans Tel Aviv. Où vont les livres quand leurs lecteurs disparaissent? Je suis repartie avec cinq livres mais si j’en prenais encore un, le prix serait plus avantageux me dit le vendeur. Je refais un tour entre les cageots de livres  et je tombe sur un titre qui m’attendait: Mal d’archive de Jacques Derrida.

Le livre : 20 shekels , les 3 : 50 shekels
Du vendredi 26/07 au 02/08, Simtat Almonit à Tel Aviv Pour en savoir plus: https://www.facebook.com/events/419432178172197/