Design Space – Israël

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Emmy Shahar et Salome Fakiel sont des entrepreneurs dans le domaine de l’art d’origine belge et française. Elles sont les créatrices de Design Space, un projet innovant qu’elles ont mis en place il y a trois ans à Tel Aviv où elles présentent le travail de jeunes designers israéliens aussi bien en Israël qu’à l’étranger. Cette année, elles sont les co-curatrices de la première édition de Fresh Design qui se déroule aux côtés de la sixième édition de la foire d’art contemporain israélien “Fresh Paint” à Tel Aviv du 21 au 25 mai 2013.

Sarah Peguine du blog Oh-So-Arty a eu la chance d’interviewer Salomé et Emmy pendant l’installation de la foire et de comprendre mieux leur vision.

Je vous livre ici la traduction de l’interview qui s’est déroulé en anglais.

– Quel est votre background? Comment êtes-vous devenues familières de l’art et du design et comment vous êtes-vous rencontrer?

Emmy Shahar (ES): J’ai étudié la mode au London College of Fashion, j’ai travaillé et étudié à Christie’s et dans une galerie à New York. A mon arrivée en Israël, j’ai travaillé avec Sotheby’s. Voilà quatre ans, j’ai ouvert ma galerie Design Space.

Pendant la première année, j’ai exposé principalement des designers internationaux. Puis, j’ai commencé de montrer aussi des designers israéliens et la galerie est devenue interdisciplinaire. Salome a commencé à travailler à la galerie deux ans après l’ouverture de l’espace. Il y a un an, nous avons fermé la galerie pour devenir partenaires. Nous continuons à être une galerie et nous sommes les curatrices de différents types de projets, travaillant avec des designers que nous suivons depuis les débuts de Design Space.

Salome Fakiel (SF): J’ai étudié l’architecture à Paris puis je suis venue en Israël où j’ai obtenu un diplôme du programme de design intérieur du HIT à Holon. J’ai montré mon travail en tant qu’architecte/artiste dans quelques expositions et j’ai créé un blog  « Tel Aviv Art and Design ». Je suis allée à la galerie d’Emmy pour prendre des photos pour le blog, on a commencé à travailler ensemble puis nous sommes devenu partenaires.

– Je suis curieuse de savoir comment vous travaillez ensemble et quelles sont les qualités de chacune d’entre vous?

ES: Nous connaissons nos qualités et nos points forts et nous séparons le travail suivant ce facteur. Mais, vraiment, nous apprécions de travailler ensemble parce que nous avons les mêmes goûts et la même vision des choses. Donc, notre force, c’est d’être partenaires, cela nous permet de faire tellement plus.

– Votre galerie n’existe pas dans un espace concret, dites-nous plus sur le format original que vous avez mis au point et la mission de Design Space.

SF: Quand nous avons quitté l’espace, nous nous sommes posé la question: Comment être présent dans un espace concret qui soit différent d’une galerie?

L’idée principale derrière Design Space est d’abord de créer des expositions sur des plateformes différentes. L’exposition sera toujours en rapport avec l’espace choisi. A chaque fois, nous trouvons un autre lieu, nous lui donnons une nouvelle vie. C’est le premier aspect de notre travail, ce dialogue avec la ville et l’espace.

Notre second objectif est de faire connaître les designers israliens sur la scène internationale, ce qui n’est pas très facile.

ES: On veut aussi accompagner les designers dans le développement de leurs produits et faire connaître le design israélien en organisant des expositions.

SF: Il faut se rappeler qu’en Israël, il n’y a pas tellement d’espaces destinés au design et qu’il y a un fossé entre l’endroit où les designers créent leurs objets et les endroits où on peut acheter leurs oeuvres. Nous aspirons à combler ce fossé, être aux côtés des designers, à les accompagner. C’est vraiment passionnant, développer une collection, mettre en valeur les choses qui ont le plus de potentiel, être là pour aider les designers à montrer leurs produits au public.

ES:  Nous avons deux missions: accompagner les designers et mettre sur pieds des grands projets.

SF: Mais nous devons être plus organisées (rires);  à chaque fin de projet, nous nous attaquons au suivant et alors quelque chose d’autre nous ‘tombe” dessus.

ES: Oui, cette année, après la foire, on a décidé de faire un business plan (rires)

– Quels sont les designers qui vous ont influencées?

ES: Konstantin Grcic est l’un de mes designers favoris

SF: Peter Zonthor pour son architecture et pour ses écrits sur le sujet. En ce moment, Bethan Laura Wood dont nous parlons sur notre blog.

ES: Oui et à part être une grande designer, c’est aussi une personnalité trés spéciale. Et Rossana Orlandi, une galériste sans galerie. Elle a un espace « Rossana Orlandi Gallery » où elle fait connaître des designers du monde entier tout en organisant de nombreuses expositions dans d’autre lieux. Elle est très active et elle choisit souvent des designers avec qui nous travaillons aussi.

Vous êtes les co-curatrices de Fresh Design. Comment cette idée de coupler les deux foires est-elle née?

ES: J’ai travaillé avec Fresh Paint pendant cinq ans. Depuis un an, nous sommes en contact, réfléchissant comment amener le design à la foire. Nous avons finalement décidé de travailler ensemble avec YIfat Gurion (la directrice artistique de la Foire).

– Combien de designers seront exposés?

SF: Environ 80 designers, y compris ceux qui présentent leurs travaux dans la “Green House” et dans d’autres projets particuliers. Il n’y aura que des designers israéliens mais parmi eux certains vivent à l’étranger comme Guy Königstein à Amsterdam,  Itay Ohaly à Eindhoven, Pazit Offner-Dines qui a amené trois designers de Londres: David Amar , Adi Toch et Zemer Peled.

Guy Königstein

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Peled Zemer

La foire fait une distinction entre Design et Art, quelle est la différence entre les deux? Est-ce vraiment différent?

EF: La production du design, sa philosophie sont très différents et la façon de montrer et d’exposer l’Art et le Design.

SF: Oui, ce sont deux mondes trés différents. Mais on peut dire que nous travaillons de la même façon dans le monde de l’art et celui du design dans le sens que nous essayons de créer des objets collectionnables, qui sont des pièces uniques ou des éditions limitées

– Quels aspects, tendances ou artistes mettent vous en valeur dans Fresh Design et de quelle manière?

SF: Nous avons beaucoup de produits qui explorent la notion de processus. Nous en sommes trés fières parce que c’est vraiment intéressant de montrer l’histoire de chaque pièce. Beaucoup de designers produisent les materiaux afin de pouvoir créer l’objet lui-même. Il y a toutes sortes de procédés: cuisiner, mélanger des matériaux auxquels vous n’auriez jamais pensé, du maïs, du sucre, de la farine, du sable…

Nous avons mis l’accent sur le design écologique. Je pense que c’est trés important de commencer en Israël par de l’éco-design

– Je voudrais vous poser deux questions plus générales sur le design en Israël. Comment définirez-vous le design israélien? Quelles sont ses caractéristiques?

SF: Nous évoluons dans un marché global, on le voit dans tous les domaines et il devient difficile de faire la différence.  Vous pouvez avoir l’intuition de ce qui est Israélien ou Hollandais etc… On ressent une différence mais on n’arrive pas à définir cette différence.

ES: Le fait qu’en Israël, il n’y a pas d’industrie du design et que produire seulement quelques pièces coûtent chers, oblige les designers à produire aussi, de manière artisanale, les matériaux qu’ils vont utiliser pour leurs objets.

– Quelle est la place du design israéien dans le monde? Est-il reconnu? Vous avez apporté du design israélien à des foires internationales comme Design Miami en 2012? Comment ces projets ont-ils été reçus?

ES: Au Design Miami, nous avons vu un intérêt grandissant pour les designers israéliens. De plus en plus de designers exposent en dehors d’Israël. On commence même à parler d’Israël comme un centre de design (il y a Milan, Eindhoven et aussi Israël).

SF: En définitive, les designers israéliens sont plus connus à l’étranger qu’en Israël.

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– Vous êtes bloggeuses vous-mêmes avec le Design Space blog accueilli par la plateforme Tel Avivian. Racontez-nous cette expérience. Est-ce comme un journal qui accompagne vos projets? Je suis une fan des médias sociaux et je me demandais comment vous utilisez ces différents channels dans votre travail quotidien?  

ES: Comme nous n’avons pas d’espace physique permanent, le blog est une plateforme importante pour montrer ce que nous faisons, ce que nous avons, qui nous sommes. C’est un moyen facile de nous rendre visite. On aime bien montrer les coulisses. On essaie de faire un magazine en ligne. On veut montrer ce qui nous inspire, les studios, parler de foires à l’étranger etc…

– Et  Instagram(@designspace_tlv), Facebook?

ES: Instagram nous permet de partager ce qui nous entoure, même une route qui nous emmène vers une réunion de travail, ou une personne que nous aimons, c’est plus un journal. Facebook est un mix du blog et d’Instagram et nous montrons tous les articles où nous sommes mentionnées, les liens qui nous intéressent etc…, des photos.

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– Sur Instagram, découvrez-vous de nouveaux talents? Est-ce que c’est aussi un instrument de travail?

SF: Absolument – pour cette Foire, nous avons utilisé Instagram pour choisir de nouveaux designers et aussi pour commenter le déroulement du travail des designers qui participent à Fresh Design. C’est donc un moyen de communiquer avec les artistes et les designers et d’avoir un dialogue avant ou pendant les projets.

Plus de détails sur Fresh Paint & Fresh Design  21 au 25 mai, 48 rue Tel Giborim  Tel Aviv Sud. Plus de détails ici 

Plus sur Design Space ici.

Pour lire ll’interview en anglais